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«C'est une compétitrice hors pair.» Nicolas Escudé a raison. Avec le maillot de l'équipe de France sur le dos et le soutien de son équipe, Aravane Rezaï réussit à tout oublier pour battre (7-5, 6-7 [4], 6-2 en 2h41') Anabel Medina Garrigues et offrir l'égalisation (1-1) aux Bleues, opposées à l'Espagne en barrages. La 24e mondiale oublie ses soucis personnels, pourtant bien pesants, pour se transcender. Elle oublie son manque d'entraînement pour se concentrer sur son fighting spirit.
Quand le physique ne suit pas, Aravane Rezaï s'appuie sur sa frappe de balle et ses qualités de combattante. Quand la confiance est absente, il reste l'appui du groupe. En début de match, la Tricolore subit, multiplie les fautes directes, cherche son rythme et se retrouve menée 3-1 (0-40). En six mois, elle n'a gagné que deux matches. Battre Anabel Medina Garrigues, 62e mondiale, ne va pas de soi. Lors de son dernier match sur le circuit, elle a encaissé (6-3, 6-0) contre la 250e mondiale... Alors il reste les fondamentaux.
Sur la chaise, son capitaine la rassure. Dans les tribunes, le staff l'encourage et sur le court, elle retrouve les réflexes d'antan avec ses frappes fulgurantes. Malgré une condition physique encore approximative, la Française peut s'exprimer. Sur terre battue et avec le jeu sans coup fort de l'Espagnole, elle a le temps de lancer ses missiles, notamment en retours. Et au fil du match, elle reprend confiance et fait craquer son adversaire. Le curseur fautes directes/points gagnants oscille... Aravane Rezaï fait tout : les points (50 autotal) et les fautes (55 autotal).
Malgré un certain déchet, elle use physiquement et mentalement son adversaire, toujours en défense. Au troisième set, elle récolte les fruits de son audace pour donner le point de l'égalisation à la France. Comme Jérémy Chardy en Coupe Davis, Aravane Rezaï retrouve l'inspiration et l'envie dans l'environnement protecteur des Bleues. Mais tout reste encore fragile comme la situation des Tricolores à Lerida. - S.D.
REZAÏ : «BEAUCOUP D'EMOTIONS »
«Cela fait plaisir, autant personnellement que professionnellement, cela fait du bien de gagner ce match-là. Je suis vraiment très contente d'avoir ramené le premier point à l'équipe de France, ce n'était vraiment pas facile. Il y a eu beaucoup d'émotion pendant ce match, beaucoup de points difficiles, avec un combat acharné. Jouer une Espagnole chez elle, sur terre, ce n'est pas facile, mais j'ai réussi à me battre pendant trois heures. Aujourd'hui, je ne pense pas au futur, je pense à demain. J'essaie de vivre le moment présent et j'espère que cela sera un déclic, comme l'année dernière. Mais pour le moment, je n'y pense pas trop, je vis au jour le jour et on verra. » (FFT)