«Si on arrive à se sortir de certains matches difficiles, ensuite, tout est possible». À l'issue de sa victoire sur Caroline Wozniacki en finale d'Indian Wells (6-2, 6-4), Jelena Jankovic n'a pas oublié son troisième tour pénible face à Sara Errani, gagné au forceps (2-6, 7-6[6], 6-4). Elle garde certainement à l'esprit, aussi, les semaines difficiles qui ont précédé son premier trophée de la saison, presque un an après son succès à Marbella. Au sommet du classement WTA en 2008, finaliste cette année-là de l'US Open, la Serbe a depuis connu des hauts, et beaucoup de bas. Son affrontement avec Errani a failli appartenir à la deuxième catégorie, comme son début de saison marqué par seulement trois matches gagnés en quatre tournois, et le licenciement de son coach.
*«J'étais prête dès le début. Je savais comment je voulais jouer, ce que je devais faire. J'ai été agressive, mais en même temps patiente, sans vouloir trop en faire. J'ai saisi les opportunités quand elles se sont présentées» (Jankovic, à propos de la finale)
Sauf que Jankovic a eu «une piqûre de rappel, a-t-elle expliqué à l'AFP. J'ai été à deux points de perdre mais je me suis battue pour rester mentalement dans la partie. Cela m'a servi pour la suite». La suite a donc été triomphale. Et assez cocasse lorsque la Serbe n'est pas parvenue à soulever l'imposant trophée en cristal. «Je ne fais pas du body-building, je suis juste une joueuse de tennis», a-t-elle lâché dans un sourire. «Ces deux semaines ont été géniales pour moi, vraiment incroyables. Je suis tellement heureuse». Pour goûter à nouveau au succès, l'ancienne n°1 mondiale a proposé en finale une recette impeccable*. Au grand dam de Caroline Wozniacki, qui a subi pour la deuxième fois d'affilée le réveil d'une ex-numéro mondiale en finale. Battue par la revenante Kim Clijsters au dernier US Open après une entame accrochée (7-5, 6-3), la Danoise n'a pas réussi à lutter, dimanche.
«Jankovic n'a pas fait beaucoup d'erreurs, a confié la jeune joueuse (19 ans). Je ne suis pas parvenue à faire le jeu que je voulais, j'ai commis un peu trop d'erreurs sur les points importants». Cela n'empêchera pas Wozniacki d'occuper la deuxième place à la WTA à l'issue du tournoi, le meilleur classement de sa carrière. Un rang qui lui était promis dès son accession en finale, et qui récompense une incroyable progression. Si en 2008, Jankovic s'était hissée au rang de n°1 mondiale, la Danoise avait quant à elle commencé à gravir les échelons avec assurance, passant de la 60e place (fin 2007) à la 12e. À 18 ans à peine. Wozniacki aura certainement d'autres occasions de remporter un tournoi majeur. Miami, Rome, ou Wimbledon, par exemple, figurent au calendrier avant la date de son vingtième anniversaire, le 11 juillet prochain. - J. Te.