Pendant quelques secondes, seulement, Jelena Jankovic a laissé paraître des doutes dans son jeu. De rares bribes d'espoir lâchées à Caroline Wozniacki, comme sur une faute directe permettant à la Danoise de débreaker dans le premier set (4-2), ou, dans le deuxième set, une double-faute marquant une pause dans sa route vers le titre. La Serbe a, sinon, maîtrisé d'un bout à l'autre une finale durant laquelle sa jeune adversaire est restée trop timorée pour inverser le cours des événements. Fébrile sur sa mise en jeu, Wozniacki a lâché d'emblée deux engagements (3-0), offrant à Jankovic de solides bases pour la suite, aussi bien au niveau comptable que mental. L'ancienne numéro 1 mondiale a en permanence gardé la direction des échanges dans le premier set, contenant la puissance de la Danoise, qui a souvent relancé sans donner l'impression d'avoir un schéma de jeu, et s'est entêtée à jouer sur le coup droit de Jankovic.
Jankovic remporte son premier titre depuis Cincinnati, en août 2009, déjà sur dur américain. C'est sa première victoire majeure depuis ses quatre succès en 2008 (Rome, Pékin, Stuttgart, Moscou), l'année qu'elle a conclue au sommet de la hiérarchie mondiale.
Pleine de patience, pour trouver le moment parfait pour accélérer ou attendre une faute adverse, Jankovic n'a connu qu'un seul coup d'arrêt, à 3-2 dans le premier set, donc. Surprise par un passing de la Danoise, craignant que cette dernière retrouve ses vertus de battante, la Serbe a haussé le ton. Ce qui lui a valu de commettre des fautes, mais aussi d'effacer tout de suite ce débreak pour conserver son avance (6-2). Une avance accrue dès l'entame de la deuxième manche, avec un nouveau break (1-0). Wozniacki a alors semblé accepter ce constat d'échec.
Elle a continué à envoyer de longs coups droit, mais sans enchaîner ni prendre l'intérieur du court malgré les opportunités laissées par les balles moins travaillées de Jankovic. Les rares incursions, fébriles, de la Danoise se sont soldées par deux passings adverses, hormis une volée de qualité qui lui a permis de ne pas céder une mise en jeu de plus (5-4). Jankovic a alors fini le travail, signant sa quatrième victoire en autant de confrontations face à Wozniacki, après notamment Wimbledon et l'US Open en 2008. Wozniacki, qui va devenir n°2 mondiale au lendemain de cette finale, a grandi depuis. Mais pas encore assez. - J. Te.