La règle de trois a connu une exception. Trois coups de tonnerre, cela aurait peut-être été de trop mercredi dans le ciel d'Indian Wells, même si le public américain n'aurait pas forcément boudé une victoire de John Isner. Le géant US a réussi à bouger Rafael Nadal, sans le faire tomber. Son atout principal pour garnir son tableau de chasse à domicile, après avoir battu Tsonga à Washington et Roddick à l'US Open l'an dernier, a de nouveau été le service. Un atout apparu un peu maigre face à l'expérience de Nadal. Loin d'afficher son volume athlétique habituel puisque de retour de blessure, le Majorquin a démontré une parfaite lucidité tactique, notamment en fin de premier set. C'est simple : il s'est créé et a concrétisé la seule balle de break de la manche pour mener 7-5.
En habitué des grands événements, Nadal a repris la main. Imprimant son gros lift, il a forcé Isner à prolonger les échanges de fond de court.
Isner n'a pas abdiqué pour autant. Son poignet a vacillé au début du deuxième set, car contraint de chercher de nouveaux angles pour surprendre la lecture du jeu de Nadal, mais sa capacité à prendre la balle tôt lui a permis d'envoyer plusieurs coups droit foudroyants. Le Majorquin n'a pas eu les jambes pour les contrer, puis a commis une faute directe qui a offert le break à Isner, sur sa seule occasion du set (3-1). Le géant s'est alors relâché, montant plus souvent au filet et maintenant son avance au score (6-3). On pouvait croire la dynamique inversée, mais il est parfois plus facile de jouer dos au mur que lorsque se profile l'hypothèse d'un quart de finale.
En habitué des grands événements, Nadal a repris la main. Imprimant son gros lift, il a forcé Isner à prolonger les échanges de fond de court, et n'a commis que peu d'erreurs sur son service. Le géant américain est en revanche devenu fragile sur ses engagements, ne signant que 4 aces dans le troisème set (contre 10 et 8 dans les précédents), et commettant sa première double-faute du match. Nadal a vu la faille et n'a pas manqué de s'y engouffrer pour atteindre les demi-finales à Indian Wells pour la cinquième année de rang. Pas mal pour un retour. Encore mieux après les sorties de Federer et Djokovic, même s'il reste notamment Andy Murray. Celui qu'il avait battu en finale, l'an dernier. Mais celui qui l'avait empêché de poursuivre la défense de son titre à Melbourne, en janvier. - J. Te.