Marion Bartoli ne parvient décidément pas à résoudre l'équation Agnieszka Radwanska. La Française s'est ainsi inclinée face à la Polonaise en huitièmes (6-3, 6-2), pour la cinquième fois en autant d'affrontements. La défaite de lundi est la démonstration quasi parfaite du syndrôme de la bête noire. Car la Française, même quand elle a eu les occasions d'inverser la tendance, n'a pas pu les saisir, déjouant souvent et dans tous les cas ne jouant pas son jeu à fond. Radwanska, elle, a parfaitement exploité non seulement son talent mais aussi un très net avantage psychologique.
Ce revers qui reste dans la bande du filet sur une attaque toute faite à 3-4 a pourri le premier set et peut-être le match de Marion Bartoli. Menée 4-1 et après avoir appelé son père sur le court, la Tricolore était très bien revenue dans le match en adoptant la bonne tactique : prise de balle plus précoce, refus des longs échanges et agression constante. En face, la 8e joueuse mondiale donnait des signes d'agacement. Mais Bartoli a raté le coche. Une série de fautes a fini par donner le jeu puis le set à son adversaire. Derrière, une balle de 3-1 non convertie a sonné la fin des chances de la n°1 française de l'emporter.
Au final, elle a commis trop de fautes et n'a toujours pas trouvé la faille tactique face à Radwanska. Cette dernière, qui joue au tennis comme aux échecs et semble avoir toujours un coup d'avance, a fait forte impression. Son style ? Jouer le coup juste : toujours. Varier les longueurs, les effets, les cadences, défendre comme une muraille : toujours aussi. Un Murray au féminin. Et Bartoli est tombée dans le piège. Une défaite forcément frustrante. - C.B.