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Saison 2002-2003
Mondiaux 2003

    Mondiaux 2003 - Slalom hommes 
Arnaud TILLOUS  « Monsieur frère » en or 


Vingt-quatre heures après sa soeur Janica, Ivica Kostelic est devenu champion du monde de slalom. Le Croate a devancé le Suisse Zurbriggen et l'Italien Rocca. La déroute française des Mondiaux se termine en apothéose : Kevin Page, premier Tricolore, se classe 14e.


> Le classement de l'épreuve
> Les déclarations

Slalom rime avec Kostelic à St-Moritz. Ivica a rejoint Janica au palmarès. (Photo Reuters)

> Slalom hommes

1. Ivica Kostelic (CRO)
2. Silvan Zurbriggen (SUI)
3. Giorgio Rocca (ITA)

> Les Français
14. Kevin Page
17. Pierrick Bourgeat
31. Sébastien Amiez

Silvan Zurbriggen a fait rêver les Suisses jusqu'au passage de Kostelic. (Photo Reuters)

Des Mondiaux à oublier pour Jean-Pierre Vidal et toute l'équipe de France. (Photo AFP)
 Un final emballant

Ultime épreuve de ces Championnats du monde, le slalom masculin a été également la plus belle, la plus incertaine. A l'entame de la deuxième manche, une dizaine de concurrents pouvait encore prétendre au titre suprême en effet.

Parmi les six premiers, Kostelic, Raich, Pranger, Rocca, Buraas et Palander - la crème des slalomeurs -, tous groupés en six dixièmes, seuls manquaient à l'appel Rainer Schoenfelder sorti, Jean-Pierre Vidal, pas dans le coup à deux secondes et, à un degré moindre, Bode Miller, neuvième à 9 dixièmes, mais qui pouvait avancer l'excuse d'avoir terminé avec un seul bâton. Or, avec ce diable d'Américain, allez savoir ce qui pouvait advenir en seconde manche...

Celle-ci s'annonçait splendide. Elle le fut, indécise jusqu'au bout. Silvan Zurbriggen, dossard 25 et 7e du premier tracé, avait dominé tous ses rivaux avant que ne s'élance le dernier concurrent. Toute la Suisse espérait son premier titre de la quinzaine. Mais, en haut de la piste, Ivica Kostelic, tenant du globe de cristal de la spécialité et encore leader au classement cette saison, entendait bien rejoindre sa soeur Janica au palmarès de la discipline technique.

 Ivica, Janica, même combat

Dans le même style souple et délié que celui de sa frangine, le Croate glissait jusqu'en bas de la piste pour s'emparer de l'or. Hyper régulier depuis deux ans avec cinq victoires, dont trois cette année, Kostelic mérite amplement son titre. Il a ainsi terminé tous les slaloms auxquels il a pris part cette saison. Dans cette discipline risquée, cela confine à l'exploit.

Quatorzième de la course d'ouverture à Park City, le Croate n'a jamais fait moins bien depuis que quatrième en cinq courses. En tête des bilans mondiaux depuis deux ans, il ne lui manquait qu'une médaille dans les grands championnats. Kostelic a comblé cette lacune en s'emparant du plus beau des métaux et oublié sa déception des Jeux l'an passé. Quatrième de la première manche, il était sorti lors du second tracé.

Cette fois, le grand frère de la triple championne olympique n'a pas failli. Ce doublé de la famille Kostelic est une première dans l'histoire du ski alpin aux Championnats du monde. Jamais un frère et une soeur n'étaient montés sur la plus haute marche d'un podium la même année.

 St-Moritz + Crans = Lillehammer

Cette belle fête du ski à St-Moritz se sera donc déroulée sans les Français. Comme à Crans-Montana en 1987 ou, plus récemment, aux Jeux de Lillehammer en 1994, les Bleus n'auront pas pu monter une seule fois sur le podium. Cette dernière journée tournant à la catastrophe. La déroute de Jean-Pierre Vidal, 21e de la première manche à une seconde et huit dixièmes de Kostelic, est symptomatique de cette bérézina. Le deuxième passage fut pire encore pour le champion olympique qui sortit au bout de quelques portes.

Un an après des JO particulièrement fastes (deux titres et quatre médailles au total), où se situe le véritable niveau du ski français ? Ces résultats olympiques ainsi que les deux globes de cristal de Frédéric Covili et de Laure Pequegnot, l'an passé, constituaient-ils le sapin qui cache la forêt ? Le nouveau président, Marcel Calvat, a réuni le comité directeur de la fédération jeudi 20 février. Les discussions s'annoncent amères.

 Les déclarations

Ivica Kostelic (Cro, champion du monde)
« C'est un rêve aujourd'hui. Je suis plein d'émotions. C'est l'une des plus grandes journées de ma vie. J'ai beaucoup risqué. J'ai skié à la limite. Avant la première manche, j'avais dit à Silvan (Zurbriggen) qu'il gagnerait devant moi et Silvan m'a répondu que je gagnerais devant lui. Sur la piste aujourd'hui, il a fallu se battre jusqu'au bout. »

Silvan Zurbriggen (Sui, médaille d'argent)
« C'est incroyable et je savoure la médaille. Déjà lors de la première manche, j'ai bien skié. Je suis plus qu'heureux. A Kitzbühel, j'avais réalisé une bonne course, cela m'a motivé. Mais je n'aurais jamais pensé obtenir une médaille. »

Giorgio Rocca (Ita, médaille de bronze)
« C'est formidable. Merci à Saint-Moritz. A Vail, en 1999, j'ai manqué le podium pour 8/100e. Quand j'ai vu que Silvan Zurbriggen avait une avance de 3/100e, j'ai craint que la même mésaventure allait m'arriver. »




 
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