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Saison 2002-2003
Mondiaux 2003

    Mondiaux 2003 - Descente femmes 
Arnaud TILLOUS  Turgeon, reine d'un jour 


La Canadienne Mélanie Turgeon a remprté la descente des Championnats du monde devant l'Autrichienne Alexandra Meissnitzer et la Suissesse Corinne Rey-Bellet, deuxièmes ex aequo à onze centièmes. Carole Montillet, septième, a raté ses Mondiaux.



> Le classement de l'épreuve

> Les déclarations

Meissnitzer vient de se classer 2e ex aequo avec Rey-Bellet (à droite), Mélanie Turgeon (à gauche) est championne du monde. (Photo Reuters)


> Descente femmes
à St-Moritz (SUI)

1. Mélanie Turgeon (CAN)
2. Corinne Rey-Bellet (SUI)
    Alexandra Meissnitzer (AUT)

> Les Françaises
7. Carole Montillet
14. Mélanie Suchet
29. Ingrid Jacquemod

Après une mauvaise semaine, Montillet a mieux skié sur cette descente. mais cela n'a pas suffi. (Photo AFP)



 Mélanie comme Kate

Les surprises continuent dans les épreuves de vitesse chez les femmes. Après le super-G, c'est au tour de la descente de délivrer un verdict inattendu, même si cette fois, l'épreuve s'est déroulée dans des conditions régulières. Les entraînements avaient modifié la hiérarchie de la saison, la course a confirmé ce bouleversement. Des médaillées, seule Corinne Rey-Bellet, cinquième, est dans les dix premières au classement de la Coupe du monde de descente, Alexandra Meissnitzer n'étant que douzième et Mélanie Turgeon, treizième.

Comme sa compatriote Kate Pace, championne du monde à Morioka en 1993, la Canadienne a choisi la bonne journée pour signer sa première victoire en descente. Plutôt cataloguée comme spécialiste du super-G, la Québécoise avait remporté sa seule course en Coupe du monde en février 2000 à Innsbrück dans cette discipline, année où elle termina deuxième au classement de la spécialité.

Dans l'épreuve reine, Turgeon ne comptait que deux podiums jusque-là, le dernier remontant à janvier 2001 à Haus im Ennstal en Autriche. C'était juste avant les Championnats du monde de Sankt Anton et la Québécoise montait en puissance à l'époque. Rebelote cette année, avec des places de sixième, troisième et dixième dans les dernières épreuves de vitesse à Cortina en janvier.

 Montillet passe à côté

Cette junior prodige a eu du mal à confirmer chez les grandes, mais sait arriver en forme dans les grands rendez-vous. De plus, elle apprécie cette piste de St-Moritz où elle a pris la sixième place du super-G lundi et s'est également classée troisième des deux derniers entraînements. La victoire de cette Francophone, toujours de bonne humeur, va remonter le moral du clan français et de Carole Montillet. Même s'il lui reste le géant à disputer jeudi, la skieuse de Villard-de-Lans a en effet raté ses Championnats du monde.

En tête des deux Coupes du monde de vitesse, une médaille semblait le strict minimum au vu de son remarquable début de saison. Malchanceuse en super-G, « Montiti » n'a pas su effacer sa frustration pour se reconcentrer immédiatement sur la descente. Dans de meilleures dispositions ce dimanche que durant la semaine, il était trop tard pour signer un podium. A l'image d'Antoine Dénériaz, c'est lors des entraînements que Carole a laissé échapper la médaille puisque sur sa course, elle n'a pas grand chose à se reprocher.

L'échec de Montillet n'arrange pas les affaires de l'équipe de France, toujours sans médaille après cinq épreuves. Le combiné et le géant femmes étant les plus gros points faibles de la délégation bleue, la pression augmente sur les épaules des techniciens. Seize ans après Crans-Montana, le zéro pointé aux Mondiaux commence à hanter les esprits français.

 Les déclarations

Mélanie Turgeon (Can, championne du monde) : « J'ai vu que les médailles des Mondiaux sont plus grandes que chez les juniors (où elle a gagné cinq médailles, NDLR). Alors je me suis dit que j'en voulais une aussi. Pourquoi pas moi? J'ai donc décidé de tout donner. J'ai fait quelques erreurs. Mais je me suis défoncée tout au long de la course. J'ai travaillé très dur. Plusieurs fois déjà, j'étais près du métal précieux. C'est ma toute première médaille. Notre équipe me motive. La cohésion est bonne . »

Alexandra Meissnitzer (Aut, deuxième ex aequo) : « C'est en descente que je m'attendais le moins à faire une médaille. Un grand merci à mon préparateur de skis. Nous avons beaucoup risqué et procédé à de nombreuses modifications entre le dernier entraînement (vendredi) et aujourd'hui (dimanche). Je suis très heureuse avec cette médaille d'argent. Normalement, je ne suis pas parmi les premières avec une course sans fautes. Aujourd'hui, j'étais devant après une course avec des erreurs. Il y a quelque chose qui ne va pas. »

Corinne Rey-Bellet (Sui, deuxième ex aequo) : « J'ai tout simplement skié. J'ai pris une porte après l'autre. J'ai attaqué et tout donné. Ma trajectoire n'était pas idéale partout. J'ai essayé de négocier les virages tout en gardant la vitesse. Après les entraînements médiocres cette semaine, le soulagement est d'autant plus grand. Je suis heureuse d'avoir remporté une médaille devant notre public. J'ai eu du mal à supporter la sévère critique (après sa 7e place en Super-G, NDLR). J'étais nerveuse au départ. J'ai pu skier sans douleur au genou. »

Carole Montillet (Fra, 7e) : « Je n'ai pas de regret. J'ai été agressive. Je suis passée là où je voulais. Mais il y a une courbe où je n'ai pas été bonne en essayant de tendre la trajectoire. Cette piste a l'air facile et on a envie de mettre des appuis forts. Comme il n'y a pas de difficultés majeures, il faut au contraire des appuis doux. Par rapport au dernier entraînement, on a mis deux secondes en moins et ça change. J'avais mes skis des jeux Olympiques, après trois jours en tests. Après le Super-G (lundi dernier), j'étais frustrée. Là, j'ai pu donner, même s'il y a des filles qui s'adaptent mieux à ce type de neige. »

Mélanie Suchet (Fra, 14e) : « Je me suis fait plaisir après les deux dernières journées où je n'avais pu skier (NDLR: à cause de la fièvre). »

Ingrid Jacquemod (Fra, 29e) : « J'ai raté ma course. En bas, je n'avais plus de jambes. J'ai déjà eu du mal à sortir du portillon. Il fallait skier léger et je suis restée figée. C'est dommage car j'étais restée sur les impressions d'un bon dernier entraînement, vendredi. Comme beaucoup, j'ai été grippée, avec un accès de fièvre. Mais je ne pense pas que c'est la raison de ma mauvaise course. »

Lionel Finance (directeur de l'équipe dames) : « Les conditions étaient régulières. Aujourd'hui, le matériel a eu une grande importance. Deux marques françaises sont sur le podium. Carole a fait une bonne partie intermédiaire. Elle a bien réagi, en étant plus douce qu'à l'entraînement. »

Gérard Rougier (directeur technique national) : « Aujourd'hui, les filles ont bien skié. Il fallait un petit plus pour réussir. Il y avait peu d'endroits pour faire la différence. Il faut que, avec notre matériel, on arrive à être plus rapides et meilleurs sur ces pistes faciles où les valeurs sont nivelées. »



 
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