«Julien Lizeroux, êtes-vous passé par toutes sortes d'émotions ?
Je ne sais pas s'il y a beaucoup de sports qui peuvent apporter ce genre de sensations mais j'étais complètement vidé en bas. Même avant les JO, j'ai eu un bon contrecoup du mois de janvier. Aujourd'hui, quand j'étais au départ de la seconde manche, je me suis dit cela ne sert à rien de le regarder skier (NDLR : Reinfried Herbst). Je l'ai vu lever les bras alors j'en ai déduit qu'il était devant. J'ai juste eu envie de tout donner, de skier le plus vite que je pouvais. Je crois que c'était encore une sacrée manche. Le plus important est que je n'ai absolument aucun regret. J'ai tout donné. On vit des moments assez incroyables où les émotions montent et redescendent.
Quel sentiment domine ?
C'est sûr qu'aujourd'hui il y a un petit peu de déception, mais elle est vite effacée par la fierté de ce que j'ai fait cette saison. J'ai juste envie de dire bravo à Reinfried, car c'était lui le meilleur slalomeur de l'hiver, même si aujourd'hui cela ne s'est pas joué à grand-chose. Je suis un peu émoussé mais après une petite coupure, je reviendrai avec le couteau entre les dents. J'ai hâte vraiment que tous nos blessés reviennent avec nous, qu'on puisse se préparer sereinement. Je crois que nous avons encore de beaux hivers devant nous. Malgré l'épisode des Jeux Olympiques, on s'est construit une vraie équipe depuis deux saisons. Moi, je continue ma progression 6e, 3e et 2e, on verra ce que cela donne l'année prochaine.
Quand vous avez passé la ligne avec plus d'une seconde sur Herbst, avez-vous cru en vos chances de gagner le globe ?
Non, moi je suis très terre à terre. J'ai dit que j'étais tributaire des autres. Moi, j'ai fait mon job, il y en a qui ont fait mieux, je leur dis un grand bravo. Cela ne se joue pas à grand-chose, mais il ne faut pas que cela efface la saison. Mon plus mauvais résultat en Coupe du monde cette saison est une septième place, je ne suis jamais sorti, puis je suis quand même deuxième mondial ! C'est une très belle saison. J'ai encore haussé mon niveau, gagné pas mal de maturité. A moi d'être encore un peu plus intelligent pour savoir gérer les courses d'une saison. Je dois être un peu l'homme des deuxièmes places. Je me suis forgé un caractère dans la difficulté. Rien ne s'obtient facilement, cela doit être ma marque de fabrique. Mais cela me rend plus fort, me donne plus envie de travailler et de me transcender pour grappiller les petites choses qui me séparent de la première place.» (avec AFP)

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