Ils ne cherchent pas d'excuse. Mais ils devinent que leurs affaires semblent mal engagées. Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, absents du circuit international depuis leur victoire en finale du Grand Prix en décembre 2008, n'ont pris que la 6e place de la danse imposée. Une position qui n'a rien de rédhibitoire dans leur quête olympique. A moins de se pencher plus sérieusement sur le détail des points. Avec 37,99 pts, les champions du monde 2008 sont à 3,48 pts des Américains Davis-White (3e), mais à 6,77 pts des Russes Domnina-Shabalin (1er), champions du monde et d'Europe en titre.
Premiers des ambitieux en lice, Delobel et Schoenfelder ont été timidement applaudis. Jusqu'à cette mise en scène pour leur entrée sur leur glace. «C'était une touche sympathique sur le début de la danse, a expliqué Olivier. Ça permet de prendre la possession de la salle, de capturer un peu le public. Sur le coup, on était assez décontracté.» Mais les mois ont vite pesé sur ce tango romantica. «Ils ont patiné avec des carres profondes, très proches, a souligné Romain Haguenauer, l'un de leurs entraîneurs. Les juges n'ont pas su apprécier la pureté technique.» Certes, il n'y a pas eu d'erreurs majeures lors des deux séries, la seconde était même un peu meilleure que la première. Mais les trentenaires sont apparus crispés. En manque de souplesse, de puissance dans l'attaque, ce qui fait d'habitude leur force.
«On a fait le boulot, a insisté Isabelle. On a patiné au mieux de nos capacités. Il y avait un peu d'appréhension. Forcément après quatorze mois. C'était plus petit, contracté. On est quand même fiers d'avoir fait ce qu'on a fait.» Son partenaire a acquiescé : «On s'est battu, accroché. Mais on est un peu déçu de la performance et de la note.» Ce tango patiné tout en retenue dans l'expression, «ça n'a pas payé», a regretté Haguenauer. Dommage.
Mais il est vrai aussi que le classement ne reflète pas forcément au plus juste la vérité de la glace. Les Russes n'étaient pas éblouissants, mais ils ont largement dominé les Canadiens Virtue-Moir, d'une légèreté ravissante, et les Américains Davis-White, à la vivacité séduisante. Que font les Italiens Faiella-Scali (5e) devant Delobel-Schoenfelder ? «Tout ça est question de politique», a résumé Alexandre Zhulin, l'entraîneur russe du second couple tricolore, Péchalat-Bourzat (9e), qui connaît son affaire pour avoir été champion du monde en 1993 et entraîneur des champions olympiques en titre, Navka-Kostomarov. A croire que la danse, malgré le nouveau système, ne change guère. On notera d'ailleurs que le juge français n'avait pas été tiré au sort pour officier sur cette danse imposée. La compétition continuera dimanche, avec la danse originale.- C.L. à Vancouver

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