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Saison 2002-2003
Mondiaux 2003

    Ski - Coupe du monde 
Frédéric Dagneau  "Herminator" est ressuscité 

Cette fois, il est bien de retour. Pour sa cinquième course depuis son accident de moto en août 2001, Hermann Maier a de nouveau frappé les esprits. "Herminator" s'est offert sans sourciller le super-G de Kitzbühel,au nez et à la barbe de ses compatriotes Christoph Gruber et Stephan Eberharter. Proprement ahurissant. Grâce à cette victoire, la première depuis deux ans, Maier décroche son billet pour les Championnats du monde de Saint-Moritz qui débutent dimanche.

Le classement de l'épreuve

Hermann Maier a signé un retour fracassant (Photo Reuters).

> Super-G hommes
à Kitzbühel (AUT)

1. Hermann Maier (Aut)
2. Christoph Gruber (Aut)
3. Stephan Eberharter (Aut)

> Les Français
13. Claude Crétier
33. Christophe Saioni
36. Yannick Bertrand

Hermann Maier, des larmes de joie sous les flocons. (Photo Reuters).






Eberharter "bluffé" par "Herminator" (Photo Reuters).
 Le phénix renaît de ses cendres

Avec un tel phénomène, on pouvait s'attendre à tout. Et cela n'a pas raté. Le meilleur est arrivé pour Hermann Maier après avoir enduré le pire. Quinze mois après son terrible accident de moto qui avait failli mettre un terme définitif à sa carrière auréolée de trois globes de cristal, de deux titres de champion du monde et de deux médailles d'or olympiques, "Herminator" a signé avec gain et fracas un retour incroyable sur ses terres. Une victoire, un an et demi après ce qui aurait pu être l'irréparable. La preuve flagrante que Maier est un champion hors-catégorie, capable de réaliser l'impensable.

Les conditions de course étaient pourtant loin d'être optimales puisque les chutes de neige avaient considérablement réduit la visibilité de la fameuse et terrible "Streif". Qu'importe, le monstre avait décidé de braver l'adversité pour ce quatrième super-G de la saison, initialement programmé vendredi, et de frapper un grand coup devant son public. Ses adversaires et rivaux n'avaient qu'à bien se tenir.

 Déjà samedi en descente...

Maier avait placé une première banderille en décrochant la 6e place de la descente de samedi. Cette "perf" audacieuse était pleine de promesses et augurait de quelque chose de grandiose. Avec un aplomb extraordinaire et une confiance inébranlable en des moyens recouvrés, Maier, dossard 22, a bluffé tout le monde. À commencer par Stephan Eberharter, maître incontesté de la saison, qui doit se frotter les yeux devant un tel résultat. Quinze centièmes dans la vue pour l'Autrichien, seulement troisième de l'épreuve, puisque devancé par Christoph Gruber, deuxième à onze centièmes du revenant. Maigre consolation pour Eberharter, il reprend le bâton de leader à l'Américain Bode Miller au classement général de la Coupe du monde.

«Certes, c'est surprenant pour moi . Mais je tiens à le congratuler pour sa victoire», a reconnu Eberharter.

Même Andreas Schifferer, "bronzé" de la spécialité aux Jeux de Salt Lake City, a également ramassé les miettes et raté le podium. Avec Maier en commandeur de génie, l'Autriche a placé huit de ses compatriotes dans les 10 premiers. Seul le Suisse Didier Cuche, vainqueur du super-G de Beaver Creek, a réussi à s'intercaler au beau milieu de la meute (6e).

En décrochant la 42e victoire de sa carrière, la 17e en super-G, la dernière remontant à deux ans, lors des finales disputées à Aare, Hermann Maier, deux semaines seulement après sa première course à Adelboden, a incontestablement signé l'un des retours les plus remarquables de l'histoire du ski. Lui même n'osait croire à cette renaissance au terme d'une course que l'on peut d'ores et déja qualifier d' historique, au regard de son verdict.

« Je suis tellement surpris. Je n'aurais pas cru que ça fonctionne aussi vite. Je suis heureux. Je suis profondément ému. Après une telle blessure, cela semblait tellement grave, et maintenant (une victoire) après aussi peu de temps, je ne peux que remercier tout le monde ».

 Les Français aux abonnés absents

Et les Tricolores dans tout ça ? Pas de quoi avoir le sourire aux lèvres. Seul Claude Crétier a signé une honorable 12e place, ex aequo avec Bode Miller, synonyme de qualification pour les Mondiaux de Saint-Moritz. Sébastien Fournier-Bidoz a abandonné tandis que Christophe Saïoni a terminé à une médiocre 33e place. Yannick Bertrand a, pour sa part, obtenu le 36e rang. Une course à ranger aux oubliettes pour le clan bleu blanc rouge.



 
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