Il a longtemps été le fils préféré. Christophe Dominici a toujours été un homme à part au Stade Français. Joueur de talent, sa relation privilégiée avec le président Max Guazzini lui a cependant assuré une reconversion dans le staff parisien. Guazzini confiait ainsi à L'Equipe Mag, « J'ai imposé Domi alors que, en fin de carrière, il n'était plus trop présent. Si j'avais écouté les conseils qu'on me donnait, j'aurais dû prendre Stéphane Glas. J'ai opté pour Christophe par pur affect ». Finalement, cette décision ne peut surprendre que les observateurs étrangers de la vie du Stade Français, tant la main mise de Guazzini sur son club est totale et basée sur l'affectif.
«Au club, les entraîneurs participent très peu au recrutement»
Mais après une saison catastrophique, le Stade Français est en train de faire sa mue. Et les amitiés risquent bien de ne plus être au centre des débats. Christophe Dominici en a fait l'expérience. Le 6 septembre 2009, il était débarqué avec Ewen McKenzie. Un an plus tard, ses liens avec le club qui lui a tout offert sont pour le moins distendus. « Au Stade Français, je n'ai plus aucune fonction. Je reste actionnaire à 2 %, mais on ne me convoque même pas au conseil d'administration » a-t-il confié au Parisien. Jeune entraîneur des lignes arrière, Dominici avait certes beaucoup à prouver. Mais le Stade Français lui en a-t-il donné les moyens ? Selon l'intéressé, il n'a jamais été écouté en ce qui concerne le recrutement. « Les dernières saisons, j'ai proposé des joueurs comme Andreu et Huget, on ne m'a même pas prêté l'oreille. J'avais convaincu Hernandez de rester trois ans. On a préféré préféré aller chercher un troisième-ligne supplémentaire et se séparer d'un joueur qui touche 80% des ballons par match ».
La page du Stade Français semble bien tournée pour un Christophe Dominici qui n'est « plus en accord avec le mode de fonctionnement » du club. Et s'il s'est longtemps interdit d'aller voir ailleurs, la possibilité de revenir au rugby dans un autre club se fait de plus en plus présente dans son esprit. « Quand je rencontre d'autres dirigeants, je m'aperçois que de jolies choses se font ailleurs ». Et de conclure, « Un jour, je reviendrai comme entraîneur ou manager. Le rugby, c'est ma vie ». - B.L.

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