Jean-Pierre Amat (son
palmarès), 38 ans, champion olympique à Atlanta,
participe à ses cinquièmes Jeux. Devenu maître dans cette
discipline de haute précision, il espère enrichir un palmarès
déjà très appréciable. Eliminé dès les qualifications aux 10m et
60 balles couché, il lui reste à accomplir une grande
performance au 3X40 (il est tenant du titre) pour ne pas rentrer
bredouille.
Carabine 10 mètres (18ème, éliminé
en qualifications)
- 60 plombs tirés à 10
mètres. Le temps imparti est de 1h45.
- La zone
centrale (le 10) est de 0.5mm de diamètre. - La
finale remet en lice les 8 meilleurs tireurs à
l'issue du match éliminatoire pour une
série de 10 coups supplémentaires.
Carabine 60 balles couché (30ème,
éliminé en qualifications).
- 60 coups tirés à 50 m
en position "couché". Le temps imparti
est de 1h45.
- Le 10
central à la taille d'une pièce de 50
centimes.
Carabine 3X40 (qualifications le
23/09 à 9:00 [00:00], finale à 13:15 [04:15
HF]).
- 120 plombs tirés à 50 mètres dans
les trois positions :
- 40 coups en position
"couché" en 1 h 15
- 40 coups en position
"debout" en 1 h 45
- 40 coups en position
"genou" en 1 h 30
- Le 10 central mesure 12,40 mm.
3 disciplines au programme
Son espace vital
s'exalte ou se réduit, au choix, à un
cercle de 0.5 mm de diamètre. Là où la précision
devient un travail d'orfèvre. Jean-Pierre
Amat, 38 ans, traque l'infiniment petit du
bout de sa carabine à air comprimé. Une activité
qui lui convient parfaitement : il va participer
à ses cinquièmes JO d'affilée. En France,
seule Jeannie Longo peut se targuer d'avoir
emprunté un parcours aussi prolifique.
Point de lassitude ni de
représentation pour simple service rendu à son
sport. Il sera à Sydney pour gagner et demeure
l'une des chances les plus sûres de
médaille française. D'autant plus que
Jean-Pierre Amat est un carabinier multi-cartes
Il concourt dans trois disciplines : 3X40 (il
est Champion olympique en titre), 10 m et 60
balles couché.
Jean-Pierre Amat à l'entraînement
chez lui à Chambéry (Photo
L'Equipe)
Un parcours olympique chaotique
Les Jeux, Amat en connaît les peurs,
les coulisses, les ambiances électriques, la
pression asphyxianteÂ…
En 1984, ce sont les Jeux
de la découverte (7ème au 3X40 et 11ème aux
60balles couchés). Il ne parvient pas à
maîtriser un vent trop violent. Il est privé
d'un podium accessible. En 1988 (13ème au
3X40 et 32ème aux 60 balles couchés), il est
désigné comme l'un des favori. Un statut
qu'il n'a pas encore la maturité pour
assumer. C'est encore une déception mais
Amat est sur la bonne voie. En 1992 (4ème au
10m, 16ème au 3X40 et 26ème aux 60 balles
couché) il est engagé sur trois concours. Il
rate d'un dixième de point (0.33 mm) la
médaille de bronze et beaucoup plus.. Il se
loupe dans les deux autres épreuves. Il lui
faudra deux saisons pour s'en remettre.
En 1996 (1er au 3X40 et 3ème au 10m),
il modère ses ambitions et ne s'aligne que
dans deux compétitions : le choix est le bon. Il
devient le premier tireur français à décrocher
deux médailles lors des mêmes olympiades. A
Sydney, il renoue avec la variété et tentera de
mettre dans le mille dans trois cibles
différentes, comme en 1992.
Une préparation originale
En guise de préparation,
Jean-Pierre Amat expérimente une technique très
particulière : il fait tout, absolument tout
pour rester caché. Pas de reconnaissance du site
de Sydney, peu de compétitions officielles. Ce
n'est que quelques mois avant les JO
qu'il participe aux championnats
d'Europe au 10m et remporte le concours.
Dix ans après son premier titre. C'est sa
première victoire significative depuis quatre
ans et les JO d'Atlanta. Juste histoire
d'enfoncer le clou et de rappeler à ses
adversaires qu'Amat n'est pas un
fantôme. Simplement un sportif qui sait cibler
ses objectifs au millimètre.
On pourrait
croire qu'une telle parcimonie dans ces
choix ne fait que rajouter de la pression. Pas
chez Amat qui sait désormais tout contrôler de A
à Z : les émotions, le vent et la concurrence.
Comme préparation de longue haleine, Jean-Pierre
Amat fait aussi profiter de sa science
l'équipe nationale de biathlon, sa deuxième
famille. Il est l'entraîneur des tireurs.
Un job qui ne marche pas trop mal : avec deux
titres de Champion du monde (Poirée et Niogret)
et trois médailles de bronze (Poirée, Niogret,
Baverel) à l'issue des championnats du
monde d'Oslo.
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