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    Handball masculin 
Par Laurent TELO  La relève des Barjots n'est pas encore mûre 


SOMMAIRE

Bruno Martini croit en la nouvelle vague - 0'57", 223Ko -
La retranscription de l'audio

Costantini a t-il changé ? B. Martini répond - 0'58", 228 Ko -
La retranscription de l'audio

Les garants de la légende du handball français (Photo L'Equipe)







Bertrand Gille, la nouvelle star du hand tricolore (Photo L'Equipe)

 Digérer l'échec

On leur promettait un porche australien de belle tenue en bronze massif avec quelques reflets argentés ou dorés... Hélas ! La porte de sortie olympique empruntée par les Bleus s'est révélée toute petite. Ils sont éliminés par la Yougoslavie en quarts de finale 21-26. Ils ne connaîtront pas la joie de se battre pour monter sur un podium comme en 1992 et 1996. C'est bien sûr une élimination prématurée au vu de l'objectif annoncé par l'entraîneur Daniel Costantini : décrocher au moins une médaille de bronze. Ils se classent finalement 6ème. Le premier tour des Bleus aura été quelque peu poussif. Après deux matches moyen contre la Slovénie (24-24) et la Tunisie (20-17), ils réalisent deux grosses performances face à l'Espagne (25-23) et face à la Suède (23-24). Ces deux matches doivent leur servir de références pour l'avenir. Le dénouement du quart de finale contre la Yougoslavie demeure un mystère. Ils nous doivent une revanche.


 Cap sur le Mondial

Daniel Costantini doit déchirer cette page inachevée et piquer les fesses de ses hommes pour qu'ils s'alignent au prochain mondial dans les meilleurs dispositions. Il faut faire vite car le Mondial se déroule dès janvier 2001. Malgré l'élimination, le groupe ne devrait pas être modifié en profondeur. Les frères Gille, Dinart, Burdet, Fernandez, Golic ou Anquetil formeront le noyau dur des Bleus. Jackson Richardson devrait poursuivre sa carrière jusqu'au Mondial. Pour les autres, c'est l'incertitude. Guéric Kervadec, dans le groupe depuis 1994, n'est pas certain de continuer, Patrick Cazal, Marc Wiltberger ou Stéphane Joulin ont peu ou pas joué et leur âge n'est plus un atout.

Il s'agit aussi de se demander si les options tactiques de Costantini seront reconduites : Richardson en leader d'attaque, c'est bien mais peut être pas suffisant pour aller loin dans une compétition internationale. A moins que le Réunionnais n'ait connu qu'un passage à vide très temporaire. Guillaume Gille pourrait le remplacer dans ce rôle de meneur mais il doit encore prendre de la bouteille. Andrej Golic pourrait aussi voir son rôle modifié et élargi. On l'a vu quelquefois quitté le confinement de son aile gauche pour venir mettre son grain de sel en zone centrale. Avec bonheur. En défense, le 5-1 ne devrait pas être remis en cause mais il faudra trouver un remplaçant à Kervadec, leader de défense, s'il venait mettre un terme à sa carrière internationale. Costantini devra reconstruire mais n'a plus le temps de tout détruire auparavant.

 Avec un groupe inchangé

Jackson Richardson et Daniel Costantini campent deux ancêtres. Penchés sur la canne du savoir, ils ont vu défiler bien des générations. Autour d'un bon feu, ils peuvent se raconter des tas de souvenirs : la bande-annonce bronzée de 1992 (médaille d'or aux JO de Barcelone), la parade barjot en 1995 (Champions du monde) et l'autodestruction un an plus tard (4ème aux Jo d'Atlanta). Au sein de l'équipe de hand masculin qui a échoué à Sydney, ils sont les seuls à avoir vécu trois olympiades. Aujourd'hui, on leur demande de réécrire une histoire. Pas celle qui s'ést brusquement interrompue au pied d'un podium olympique mais le triomphe de 1995 quand ils sont devenus Champions du monde.

Après l'échec de 1996, le renouvellement des générations est obligatoire. Mais il n'est pas aisé de remplacer une meute de bêtes médiatiques, à l'égo surdimensionné, par une classe biberon, aussi talentueuse soit-elle. Exit les Volle, Gardent, Munier et Lathoud... Dans les années 96-99, le coach Costantini s'appuie donc sur des joueurs à même d'intégrer les nouveaux-venus : Richardson et Kervadec, qui seront bientôt abandonnés en 1999 par Stéphane Stoecklin, sont désormais les piliers et la caution morale de l'équipe. Il est assez stupéfiant de constater que, depuis 1995, le fil conducteur n'a jamais été rompu. L'équipe de France n'a pas connu les errances qui sont le lot malheureux des équipes en reconstruction. Ce qui ne veut pas forcément dire non plus que la progression est constante. Après une troisième place prometteuse aux mondiaux japonais, les Bleus finissent 6ème en Egypte. C'est pourtant là que l'acte de naissance d'un nouveau groupe est enregistré. Les noms qui suivent doivent faire rêver pour un bon moment encore: Guillaume et Bertrand Gille, Andrej Golic, Cédric Burdet, Jerôme Fernandez, Didier Dinart.








 
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