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    En route vers Sydney 
  Guyader, la famille planche 

Charlotte KAFROUNY

du 19 août 2000
À Sydney, Alexandre Guyader, le véliplanchiste français, s'entraîne avec son frère aîné Olivier, en attendant papa et maman. Et les autres ?

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Il aurait pu, le temps des Jeux au moins, se contenter de ses excellents partenaires d'entraînement, Nicolas Beudou et Julien Bontemps. Mais non ! Alexandre Guyader, dix-neuf ans, qui représentera la France sur Mistral à Sydney, a tenu à ce qu'Olivier, son frère aîné de treize mois, joue aussi le sparring-partner. Comme si dix ans à se côtoyer sur les plans d'eau, à l'entraînement comme en compétition, et dix-neuf passés sous le même toit, ça ne suffisait pas. Et encore ! Il s'en est fallu de peu que Nicolas, son cadet de treize mois, champion du monde jeunes (ISAF) en 1999 et en 2000, ne fasse, lui aussi, le déplacement aux Antipodes. Mais, comme le dit Jean-Louis Guyader, le disert père de cette tribu de véliplanchistes, «il ne faut pas exagérer». Inséparables, les Guyader ? «Non, Alexandre peut très bien se passer de ses frères. Il est aussi très indépendant. En fait, il prend tout ce qui est bon à prendre ; son frère aîné a quand même terminé quatrième au Championnat d'Europe en mai dernier.»

C'est Jean-Louis, cinquante-deux ans, qui, voilà dix ans, commenca à inoculer le virus de la planche à voile à ses quatre enfants (Arielle, la petite soeur de douze ans, deuxième du Championnat de France minimes, promet beaucoup). Au point qu'un organisateur de régates internationales le surnomma «Monsieur Virus». Il explique l'origine de cette épidémie familiale : «J'ai fait du 470 pendant vingt ans (il a fait partie des cinq meilleurs Français) et ma passion a fini par s'émousser. Et puis, j'avais moins de temps pour m'entraîner au haut niveau car je me suis marié et j'ai commencé à travailler (il est commercial chez Harken France, à La Rochelle, une marque d'accastillage qui équipe, entre autres, les bateaux de la Coupe de l'America). Alors, je me suis mis à la planche, au funboard. Aux vacances, on partait à Gruissan : c'était idéal avec la tramontane. C'est là-bas, sur le lac de Mateille, qu'Alex, qui devait avoir neuf ans, et ses deux frères ont commencé sans que je les force. Ils s'amusaient beaucoup.»

Tellement que tous emprunteront, les uns après les autres, la même filière : la section sport-études ­ créée d'ailleurs pour Olivier ­ du collège Fromentin de La Rochelle (la famille vit dans le coin, à Périgny) avant celle du lycée Jean-Dautet. Là, ils partageront encore le même entraîneur, Olivier Journaux.

«C'est moi qui les ai formés ; Journaux a fait le reste, résume M. Guyader. Dès l'âge de onze ans, les enfants ont commencé à disputer leurs premières régates. Je les accompagnais tout le temps avec mon camping-car et ma remorque. Entre eux, il a toujours régné un très bon esprit. Vous savez, la planche est un sport assez cool... Dans la famille, en plus, il n'y a jamais d'engueulades et rarement de commentaires sur les résultats des uns et des autres. Même pas de félicitations ! Ce n'est pas le genre de la maison... Une fois les régates terminées, tous ne pensent qu'à une chose : aller s'amuser en funboard.»


 «Alex était très en avance»

Cette harmonie familiale n'a jamais été entamée, même quand Alexandre supplanta son aîné vers l'âge de treize ans : «Olivier a certainement eu un peu de mal à l'accepter, car l'aîné se doit d'être le plus fort, estime Jean-Louis. Mais Alex était vraiment un phénomène. C'est un véritable battant. Il ne lâche rien. Et puis il était très en avance. Mais il n'a jamais pensé aux Jeux avant de remporter la Semaine olympique de Hyères, en avril 99 (il fut, quatre mois plus tard, sacré champion d'Europe). Olivier, lui, est plus lent et surtout plus gentil. Peut-être trop... En tout cas, il n'est pas rancunier.» Il aidera donc au mieux son frangin jusqu'au 12 septembre ­ car il devra rentrer en France pour ses études.

Alors, Alexandre seul Guyader à Sydney ? «Ma femme Dominique ­ fervente supportrice ! ­ et moi-même arriverons en Australie le 5 septembre. C'est surtout notre entourage professionnel et la grand-mère des enfants qui nous y ont poussés. Nous, on n'y tenait pas à tout prix. On sait bien que notre présence n'est pas indispensable à la réussite de l'entreprise. Je vous rassure : on a bien coupé le cordon ombilical.»




 
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