
L'équipe de France a remporté lundi son deuxième match de poule face au Kazakhstan (21-18) à l'issue d'un duel médiocre où les gardiennes tricolores ont néanmoins tiré leur épingle du jeu. Les filles d'Olivier Krumbholz peuvent néanmoins se satisfaire de voir la porte des quarts de finale s'ouvrir un peu plus avant leur premier vrai test face à la Roumanie mercredi (10h45).
Bien sûr, il y a eu du positif. D'abord, le résultat brut, essentiel. Une deuxième victoire d'affilée des Françaises lors de ce tournoi olympique, face aux Kazakhes (21-18) lundi au Gymnase du Centre Sportif Olympique. Un succès permettant d'entrevoir gentiment les quarts de finale. Ensuite, il y a eu la bonne prestation de la gardienne tricolore Valérie Nicolas en première mi-temps (7/15), et -ça devient une excellente habitude - celle toute aussi réussie d'Amandine Leynaud (9/15), rentrée après quelques minutes de jeu en seconde période. Rassurant en vue des prochains matches de poules face à la Roumanie, puis la Norvège. Promue titulaire en raison de la blessure de Camille Ayglon* au match précédent (fracture du nez), Alexandra Lacrabère a également tenu son rang au poste d'arrière droit, et terminé meilleure buteuse de la rencontre (6 buts). Mais si les ailières Paule Boudoin (3/4), Stéphanie Cano (3/3) et Maakan Tounkara (2/3) ont fait le boulot sur leurs ailes, l'inefficacité au tir a été le gros point noir de cette rencontre (21/48).
«On a eu le bras qui tremble»
Trois petits buts français dans le premier quart d'heure et treize échecs au tir dans le même temps, on ne peut pas dire que la statistique fasse rêver. Pas réveillées à 9h00 les Françaises ? Aucun membre de l'équipe n'a avancé l'argument pour justifier un tel déchet. «Nous n'avons pas joué libérées», a simplement expliqué l'entraîneur des Bleues, Olivier Krumbholz. A l'image de Sophie Herbrecht (1/7 au final, sur penalty), systématiquement mise en échec sur ses tentatives de tir dans le jeu. Trop importante dans le dispositif des championnes du monde 2003, l'efficacité de la demi-centre a manqué au groupe, et les Françaises ont peiné. Du haut de son mètre quatre-vingt treize, Mariama Signaté à elle aussi eu du mal à trouver le chemin des filets (2/5), faisant briller un peu plus la gardienne Tatiana Parfenova. «C'est une gardienne atypique, qu'on ne connaît pas bien, avec une technique peu orthodoxe», a expliqué la capitaine Stéphanie Cano. «Mais dans l'ensemble, on a eu le bras qui tremble. C'est significatif de ce genre d'échec». «Ces tirs manqués en première période nous ont empêché de lâcher le bras en deuxième», a complété Krumbholz.
Habituellement orgueilleuses lorsqu'elles sont mal menées, les championnes du monde 2003 n'ont pas montré de véritable réaction en seconde période. Face à des adversaires qu'elles avaient dominées de 11 buts lors du dernier Mondial français (31-20), les Bleues sont restées au coude à coude, et n'ont vraiment pu souffler que dans les ultimes minutes après que Paule Baudoin a donné pour la première fois de la partie un avantage de trois buts (21-18), qui ne bougera plus. «Les deux premiers matches sont remportés, ç'était l'essentiel et ça devrait nous libérer pour la suite», a résumé Valérie Nicolas. Souhaitons-le dès leur premier vrai test face à la Roumanie, mercredi. Une libération qui pourrait leur permettre de ne pas rester prisonnières d'une pression supplémentaire : celle d'éviter la quatrième place de leur groupe, et d'être alors obligées de croiser le chemin des Russes en quarts de finale. - Peggy BERGERE, à Pékin
* Souffrant d'une fracture au nez, Camille Ayglon n'a pas joué, mais figurait néanmoins sur la feuille de match. Son remplacement au sein de l'équipe n'a pas été évoqué. «Je ne ressens plus trop de douleur, même quand je cours. Maintenant, je dois être prête à jouer sans appréhension, tout en sachant que je peux reprendre des coups au visage. Je dois montrer que je suis encore capable d'apporter quelque chose à cette équipe pour faire en sorte de ne pas être remplacée.»

