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    Sydney 2000 - Basket-ball 
Par Stéphane Méjanès  L'argent pour commencer 


Le premier tour
Les quarts-de-finale
La demi-finale
La finale

[ tout le tournoi olympique masculin ]

Tout sur la préparation olympique de l'équipe de France

L'équipe de France 2000

L'album-photos de Jean-Pierre de Vincenzi
L'équipe de France s'est inclinée en finale du tournoi olympique face à la Dream Team III (85-75) mais c'est la tête haute qu'il ont enfilé la médaille d'argent. Comme leurs aînés de 1948, déjà battus par les Etats-Unis (65-21), les joueurs de Jean-Pierre de Vincenzi (qui arrêtera là son aventure en bleu) ont achevé en beauté une extraordinaire campagne olympique. De quoi rendre le moral au basket français, encore marqué par le dépôt de bilan de son club-phare, le CSP Limoges, en fin de saison dernière. Quand la défaite rend heureux...


 

Jean-Pierre de Vincenzi a cédé sa place à Alain Weisz au retour de Sydney (Photo L'Equipe)




A CHAUD APRES LA FINALE

Jean-Pierre de Vincenzi (entraîneur de l'équipe de France aux Jeux): "Nous avons abordé ce match avec une certaine crainte. Je ne sais pas à quoi elle était liée, certainement à notre manque d'expérience. A la mi-temps, nous avons réalisé que nous étions en finale olympique. On avait joué vingt minutes et pendant ces vingt minutes on avait peut-être regardé passer les oiseaux. On a réalisé qu'il fallait entrer un peu plus dans le match, avoir plus d'impact physique, croire plus en nous, être moins timoré. Un ensemble de choses qui fait qu'en seconde période l'équipe a développé un basket beaucoup plus intéressant. Il n'empêche, c'est l'équipe la plus forte qui a gagné. Le manque de puissance de l'équipe de France comparée à celle des Etats-Unis est patent. C'est une grande fête pour nous et je l'espère pour le basket français".



Rudy Tomjanovitch (Entraîneur des Etats-Unis): "Je dois dire que même si l'équipe française n'était pas citée parmi les équipes qui pouvaient aller en finale, nous l'avons respectée. Elle avait pris un mauvais départ dans la compétition et elle a su remonter la pente. Vraiment elle mérite la médaille d'argent. Pour la battre en finale nous avons dû lutter. Tout le monde était persuadé que nous allions écraser toutes les autres équipes. Mais il nous a fallu lutter dans ce tournoi olympique".
"Le basket tient enfin une locomotive. Cela fait cinq ans que je travaille pour l'amener au plus haut niveau mondial, nous y sommes. J'espère maintenant que le développement du basket va être soigné par les élus, les professionnels de la communication et les médias". Jean-Pierre de Vincenzi aime battre le fer quand il est chaud. A peine redescendu de la deuxième marche du podium olympique, l'entraîneur français a coiffé sa casquette de Directeur technique national pour corner le début de la moisson des graines semées depuis 5 ans et qui ont levé d'un coup aux antipodes. Meilleure nation européenne chez les garçons comme chez les filles (5e à Sydney) au cours des derniers Jeux olympiques du siècle, la France est désormais investie de grandes responsabilités sur la planète basket. Les Etats-Unis ont certes glané leur 12e médaille d'or sur 14 possibles, mais les 10 pts de la finale sont le plus petit écart enregistré lors d'une de leurs finales victorieuses et, surtout, depuis la Dream Team I (la seule, la vraie) à Barcelone'92. Pire, alors que l'équipe de Michael Jordan et "Magic" Johnson s'était imposée en Espagne avec plus de 44 pts d'écart en moyenne, la marge est tombée à 15 pts en Australie (elle était déjà descendue à 22 à Atlanta'96). Et hormis l'Australie et le Canada, cinq pays européens figuraient en quarts-de-finale du tournoi olympique. Pour être juste, on notera d'ailleurs que l'équipe de France n'a battu aucune nation du Vieux Continent à Sydney, s'inclinant en Poule face à la Lituanie et l'Italie...

 AJOUTER AU SAVOIR-FAIRE LE FAIRE SAVOIR

Pour que l'épopée des Bleus ne soit pas qu'un feu de paille, il va falloir maintenant rassembler complètement la famille du basket français et ajouter au savoir-faire le faire savoir.

Rassembler, c'est retisser les liens distendus avec les deux seuls joueurs français évoluant en NBA mais cependant absents des Jeux, Tariq Abdul-Wahad et Jérôme Moïso. Pour le premier, qui s'est exclu lui-même du parti en portant avec éclat des accusations de racisme contre certains internationaux, "JPDV" s'en tient à une ligne qui a porté ses fruits, "le choix du groupe", mais n'exclut rien, "cela ne dépend pas de moi". La situation est toute différente pour le second. Drafté fin juin par Boston, le Guadeloupéen a préféré obéir à ses nouveaux dirigeants et préparer la saison NBA 2000-2001 plutôt que de participer aux Jeux. Jean-Pierre de Vincenzi l'a regretté mais en veut davantage à la NBA qui se permet ainsi de peser sur le basket mondial qu'au vice-champion d'Europe juniors 1996.

Rassembler, c'est aussi assainir définitivement le basket hexagonal des dérives qui ont entraîné la saison dernière la perte de son plus beau fleuron, le CSP Limoges. Pour que cesse les coups bas entre certains présidents mais surtout pour que les clubs continuent de faire éclore des joueurs bons pour l'exportation (7 des 12 vice-champions olympiques jouent à l'étranger), pour que le basket hexagonal continue de glaner des titres continentaux, pour que l'équipe de France prépare le Mondial 2002 sans craindre de tomber trop vite de son piédestal. Le défi est passionnant. Jean-Pierre de Vincenzi a décidé de le relever uniquement à son poste de DTN, cédant la direction de l'équipe de France à son assistan Alain Weisz.


 


LA FINALE


 


Dimanche 1er octobre à Sydney

Etats-Unis bat France : 85-75 (46-32)

Etats Unis : 24 paniers (dont 8 sur 18 à trois points) sur 51 tirs - 29 lancers francs sur 38 tentés - 30 fautes personnelles.
Les marqueurs: Smith (4), Payton (7), Carter (13), Abdur-Rahim (5), Allen (13), Baker (11), Garnett (6), Hardaway (2), Houston (8), Kidd (4), Mcdyess (3), Mourning (9).

France: 23 paniers (dont 6 sur 20 à trois points) sur 57 tirs - 23 lancers francs sur 33 tentés - 28 fautes personnelles.
Les marqueurs: Bilba (3), Dioumassi (3), Foirest (3), Julian (11), Palmer (10), Rigaudeau (10), Risacher (15), Sciarra (19), Weis (1).


Cliquez sur l'image pour l'agrandir (Photo AFP)

L'équipe médaillée d'argent en 2000 :
Jim Bilba, Yann Bonato, Makan Dioumassi, Laurent Foirest, Thierry Gadou, Cyril Julian, Crawford Palmer, Antoine Rigaudeau, Stéphane Risacher, Laurent Sciarra, Moustapha Sonko, Frédéric Weis.

[ lire aussi le portrait d'Antoine Rigaudeau ]

L'équipe médaillée d'argent en 1948 :
André Barrais, Michel Bonnevie, André Buffière, René Chocat, René Dérency, Maurice Desaymonnet, André Even, Maurice Girardot, Fernand Guillou, Raymond Offner, Jacques Perrier, Yvan Quénin, Lucien Rebuffic, Pierre Thiolon.

[ l'épopée de 1948 ]

 




 
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