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Van Den Hoogenband a
parfaitement maneuvré Thorpe ( Photo Reuters )
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| | Une course tactique |
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| Son record du monde et son titre
olympique sur 200 m libre font désormais de
Pieter Van den Hoogenband la nouvelle terreur de
la natation. Autant par sa puissance que par la
manière dont il a gagné. Car la course du
Néerlandais a d'abord été un modèle
tactique. Qu'il l'ait voulu ou non, il
a montré la seule manière dont on peut battre
l'Australien sur 200 m : en se comportant
comme un sprinteur. Ian Thorpe est en effet
connu pour ses 25 derniers mètres, sur 200 comme
sur 400 mètres : c'est le moment il met le
turbo et produit une deuxième accélération qui
laisse tout le monde sur place.
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| Or le temps de Thorpe en finale est
moins bon qu'en demi finale
(1'45"83 contre 1'45"37) et
moins bon même que celui de son record du monde
lors des sélections australiennes
(1'45"51). C'est une diiférence
très importante; trop importante à ce niveau là.
Et le résultat est d'autant plus étonnant
qu'aux 150 mètres les deux hommes ont viré
exactement dans le même temps :
1'18"21. A ce moment là ils sont
encore dans les temps de passage du record du
monde et on peut croire que c'en est fini
du Néerlandais, tant la pointe de vitesse finale
de l'Australien fait peur.
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| En fait tout s'est joué avant.
Dès le départ. La différence avec toutes les
autres courses est que cette fois, poussé par
Van Den Hoogenband, Thorpe est parti sur un
rythme beaucoup trop rapide pour lui : il a
tourné aux 50 mètres en 50" 90 et Van Den
Hoogenband en 50" 85. Si pour Van Den
Hoogenband spécialiste du 100 m c'est chose
facile, tout est plus dur pour Thorpe. Ce temps
aux 50 mètres, c'est une grosse seconde de
moins que lors des demi finales où il
n'avait pourtant fini qu'à deux
centièmes du record du monde tout frais du
Néerlandais !
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| En fait
"VDH" l' a forcé à ne pas
respecter son rythme de nage habituel, l'
empéchant ainsi de garder suffisamment de forces
pour son accélération finale. C'est
tactiquement remarquablement bien joué. Ian
Thorpe peut-être encore un peu jeune, peut-être
avec trop de poids sur les épaules, a été
déstabilisé. Il ne pouvait pas en effet laisser
partir le Néerlandais trop loin : on a beau
avoir confiance dans son tempérament de
finisseur, il ne faut pas trop abuser. Mais ce
faisant, il s'est sans doute trop éloigné
de son rythme habituel et n'a pu y revenir
lorsqu'il en a eu besoin.
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| Reste à savoir si tout cela était
totalement conscient de la part de Van Den
Hoogenband. "Après avoir battu le record du
monde en demi-finale, j'étais
confiant", a t il déclaré. "Mais
Thorpe n'avait que deux centièmes de
seconde de retard sur moi. Je savais que ce
serait une course très serrée. Maintenant, le
n°1, c'est moi. C'est un vrai rêve :
être champion olympique, avec le record du
monde. Surtout ici en Australie. Les gens
aiment la haute compétition, les performances.
C'est pour ça qu'ils m'ont
encouragé en demi-finale. Mon record, je
l'ai battu en demi-finale. Je ne me suis
donc pas enflammé. Je pensais vraiment
qu'il allait battre mon record du monde. Je
n'avais pas vraiment de tactique
aujourd'hui. Je ne l'ai pas regardé.
C'est seulement après le dernier virage que
je me suis dit: +oui, tu vas la gagner+.
C'était un sentiment incroyable." Des
propos qui semblent accréditer le fait que,
contre tout attente, la course était déjà bel et
bien jouée aux 150 mètres !
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