Il a connu sa première
sélection en 1984, ses premiers Jeux Olympiques en 1988, son
premier titre international en 1990. Champion du monde (-95 kg)
en 1991 et encore 5e des derniers Mondiaux, Stéphane Traineau,
âgé aujourd'hui de 34 ans, n'a pu décrocher à Sydney
le dernier grand titre qui lui manquait mais il a rapporté une
deuxième médaille olympique, le bronze comme à Atlanta. Chapeau
le "vieux".
Stéphane Traineau
raconte
Séoul : des Jeux encore
humains.
Barcelone et Atlanta : les dérives de
l'olympisme.
Les secrets de sa longévité.
L'évolution technique du judo
depuis 15 ans.
Quels étaient ses espoirs à Sydney
?
Les pièges des Jeux
olympiques.
René
Rambier, l'entraîneur national,
revient sur le phénomène Traineau.
Après
six ans de disette internationale, Stéphane
Traineau retrouvait la plus haute marche
d'un podium européen l'an dernier
à Bratislava. (Photo L'Equipe)
Son curriculum vitae
Il est né le 16
septembre 1966 à Cholet.
Il est
droitier.
Sa taille : 1,92
m.
Sa catégorie : - 100
kg.
6e dan
Son club : US
Orléans.
Sa profession :
professeur de sport à l'INSEP.
Ses spéciaux : Tsuri
Goshi, Juji Gatam.
Sa famille : marié,
trois enfants.
Stéphane
Traineau est un guerrier qui n'abdique
jamais. (Photo L'Equipe)
Son palmarès
Champion du monde (-
100 kg) en 1991. 3e en 1993 et 95 ; 5e en
1999.
3e des Jeux olympiques
en 1996 et 2000.
3e de la Coupe du monde
par équipes en 1998.
Champion d'Europe
en 1990, 92, 93, 99. 3e en 1986, 91, 95. Absent
en 2000.
Champion d'Europe
par équipes en 1992, 93 (2e en
1997).
Champion de France en
1992, 94, 97.
Battu par le
Japonais Inoue aux derniers Championnats du
monde, Stéphane Traineau ne faisait pas
figure de favori à Sydney.(Photo L'Equipe)
Il est
passé au travers en 1988 et 1992. A Atlanta,
il récoltait une médaille de bronze. A
Sydney, Stéphane Traineau est sortie en
bronze par la grande porte. (Photo L'Equipe)
S'il en reste un...
Sa génération, c'est celle
des Marc Alexandre, champion olympique en 1988,
Laurent Del Colombo ou encore Fabien Canu,
champion du monde en 1987 et 89.
Aujourd'hui, le dernier nommé est le
directeur technique national (DTN) de la
fédération française et les deux autres sont
entraîneurs de l'équipe de France.
Mais, lui,
Stéphane Traineau, n'a pas changé. Il a
certes pris de la bouteille mais reste toujours
fidèle au poste, la peau collée au tatami, les
mains agrippées à celui des autres. A 34 ans (le
16 septembre), l'Orléanais a attaqué sa...
dix-septième saison en sélection et disputé
ses... quatrièmes Jeux olympiques, un record
dans le monde du judo.
" J'ai
toujours fonctionné à l'envie, au plaisir
et au défi, reconnaît-il, ma carrière n'a
pas été calculée. Je suis encore dans le coup
parce que je me remets en question
perpétuellement que ce soit dans le domaine
technique, physique ou stratégique. "
Très fort au sol,
Stéphane Traineau a immobilisé plus
d'un adversaire dans sa carrière (Photo L'Equipe)
Réputé
pour être un sanguin même si, avec l'âge,
il s'est assagi, Stéphane Traineau est un
combattant né qui sait se transcender sur un
tatami. " C'est un guerrier, de la
race des seigneurs ", assure même Fabien
Canu. C'est bien ce caractère qui lui a
permis de rester aussi longtemps en haut de
l'affiche.
Loin d'être rassasié, il prend
toujours autant de plaisir à aller
s'entraîner, à se mesurer à des adversaires
coriaces. Certes, il n'a pas connu que des
beaux jours dans sa carrière mais il n'a
jamais posé les armes depuis son premier podium
international en 1986 (3e des Championnats
d'Europe). Champion du monde (-95 kg) en
1991, Stéphane Traineau passe à côté des Jeux de
Barcelone dont il était le favori.
L'année suivante, il
rebondit et conserve son titre de champion
d'Europe. De 1993 à 1999, il est souvent
placé mais jamais gagnant, accumulant les
podiums européens et mondiaux. Aux JO
d'Atlanta, il parvient à ramener une
médaille de bronze. Beaucoup lui conseillent
alors d'arrêter sa carrière. Lui
persiste.
L'horizon s'assombrit pourtant. Son
règne hexagonal est menacé par Ghislain Lemaire.
Beaucoup l'enterrent. Lui s'entête. En
1998, il n'est pourtant pas sélectionné
pour les Championnats d'Europe. Il
bouillonne mais n'abdique pas.
Et au printemps 1999,
après six années de disette, il fait taire les
mauvaises langues lors des Championnats
d'Europe de Bratislava. Après des combats
très convaincants, il s'empare du titre en
disposant en finale du double champion du monde
et champion olympique de sa catégorie, le
Polonais Nastula. L'histoire repart.
Stéphane
Traineau trouve un second souffle, une deuxième
jeunesse. " Il y a bien eu des podiums
depuis 1993 mais, là, je suis allé au bout de
quelque chose. C'est ma plus belle
victoire, sans aucun doute ",
s'exclamait-il à l'époque.
En octobre
dernier, c'est encore lui, revigoré par son
sacre continental, qui représente la France aux
mondiaux de Birmingham (Grande-Bretagne). Une
compétition en demi-teinte. L'Orléanais est
éliminé en quarts par le Japonais Inoue, le
futur lauréat, et termine cinquième après un
nouveau revers face au Russe Mikhailine en
repêchages.
" Deux garçons qui ont douze
ans de moins de moi, lâchait-il après la
compétition. Je n'avais pas de jus,
contrairement à Bratislava. Ma main droite ne
faisait pas plier les mecs. " Il n'est
pas pour autant qu'il est inquiet en vue de
Sydney.
Volontairement absent lors des
Championnats d'Europe de mai dernier,
préférant se concentrer exclusivement sur les
JO, Stéphane Traineau a suivi une préparation à
son rythme, mêlant récupération et travail
intensif.
Cependant, à l'instar de son
compère David Douillet, il a connu quelques
ennuis physiques qui l'ont un peu handicapé
(douleurs au dos, déchirures abdominales). Mais
sa force de caractère lui a permis de surmonter
la douleur et de glaner une deuxième médaille de
bronze olympique.
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