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Ludovic Mauchien  Laëtitia Tignola 


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Blessée juste avant les Championnats du monde 1995, Laëtitia Tignola a vu sa place de titulaire s'envoler. Elle a dû attendre cinq ans pour reprendre celle de numéro 1 à Marie-Claire Restoux. Cette année, à 27 ans, elle va donc disputer ses premiers Jeux, quatre mois après son premier sacre continental.


 

Laëtitia Tignola nous raconte

son blues des cinq dernières années.
son titre européen.
ses ambitions aux JO.
l'héritage de Marie-Claire Restoux.
ses adversaires.
la pression aux Jeux.
son ascension et la préparation olympique.

Elle a obtenu son premier titre international lors des championnats d'Europe de mai dernier. (Photo L'Equipe)

Ils nous parlent de Laëtitia
Cécile Nowak, entraîneur de l'équipe de France
Fabien Canu, le DTN

Son curriculum vitae
Elle est née le 25 août 1972 aux Sables d'Olonne.
Sa taille : 1,57 m.
Son poids : 52 kg.
Sa catégorie : - 52 kg.
4e dan.
Club : Maisons-Alfort (Val-de-Marne).
Sa profession : BE2 judo, en convention avec le Conseil général du Val-de-Marne.
Son spécial : O Soto Gari.
Elle est gauchère.
Aucune participation au championnats du monde et aux Jeux olympiques.

Son palmarès
Championne d'Europe en 2000.
Championne de France en 1994, 96 et 97.
Championne d'Europe par équipes en 1996 et 97.
Vainqueur du tournoi de Rome en 2000.
3e de la Coupe du monde en 1997.
2e de la Coupe du monde par équipes en 1998.

Laëtitia Tignola en kumikata (en recherche de prise de kimono), prête à bondir. (Photo L'Equipe)



Pour sa première chance olympique, Laëtitia Tignola a bien l'intention de mettre ses adversaires au pas. (Photo L'Equipe)

 Tignola ou la patience récompensée

S'il est une vertu qui sied à Laëtitia Tignola, c'est bien celle de la patience. Il lui en a en effet fallu, à la petite Vendéenne, depuis cinq ans. Depuis qu'une blessure l'a écartée de la sélection pour les Championnats du monde 1995. En pleine préparation des futurs Mondiaux à Chiba, lors du tournoi de La Havane, elle se fracture deux vertèbres cervicales.
A cette époque, Laëtitia Tignola est déjà sous les feux de la rampe. Championne de France en 1994, cinquième des Championnats d'Europe, elle s'affirme comme la leader incontestable de la catégorie des moins de 52 kg alors qu'elle n'a pas encore 23 ans. L'avenir lui appartient.
" C'est une fille qui avait un énorme potentiel, se souvient Cécile Nowak, championne olympique (-48 kg) à Barcelone et, aujourd'hui, entraîneur de l'équipe de France, je l'ai rencontrée à la fin de ma carrière. Déjà, à l'époque, elle était archi forte. " Mais le bonheur de Marie-Claire Restoux, sacrée championne du monde en 1995, fait le malheur de Laëtitia Tignola.
Cette dernière doit ainsi regarder les Jeux d'Atlanta à la télévision. Marie-Claire Restoux gagne de nouveau. Son règne se prolonge. Le chagrin de Laëtitia aussi. " Il y a eu des moments très, très durs, raconte-t-elle, on fait tout, on ne part jamais. Mais j'ai aussi toujours espéré. Je pensais que l'on me donnerait ma chance un jour. "

Au sol comme debout, elle est capable de retourner n'importe quel adversaire. (Photo L'Equipe)

Il lui faut encore attendre. Elle appartient bien à l'équipe de France avec laquelle elle est sacrée championne d'Europe en 1996 et 1997 mais la titulaire chez les moins de 52 kg reste Marie-Claire Restoux. En 1997, une première chance s'offre à elle. Elle est sélectionnée pour la Coupe du monde et finit même troisième.
Malheureusement, cette même année, Marie-Claire Restoux prolonge son bail avec les Championnats du monde qu'elle remporte à nouveau. Il faut encore attendre. Deux ans exactement. Laëtitia Tignola ne manquera en effet pas sa deuxième chance. En début de saison dernière, Marie-Claire Restoux semble en perte de vitesse. La Vendéenne se tient toujours prête et monte même en flèche.
Elle s'illustre dans les tournois de préparation. Deuxième à Munich à la fin février, elle gagne à Rome un mois plus tard en battant nettement toutes les meilleures Européennes et la Cubaine Verdecia. Elle assure ainsi sa sélection pour les Championnats d'Europe de mai, au grand dam de Marie-Claire Restoux.
Fabien Canu, le Directeur technique national (DTN), s'explique en avançant que le staff tricolore voulait voir Laëtitia Tignola dans l'ambiance d'une grande compétition. Elle, de son côté, reste en dehors du tohu-bohu créé par la non sélection de la championne olympique. Elle se prépare, silencieusement, consciencieusement.
Et le 19 mai à Wroclaw (Pologne), elle dispute ses deuxièmes Championnats d'Europe, six ans après les premiers. " Cela faisait cinq ans que j'étais numéro 2 mais je voulais être numéro 1, assure-t-elle, mais c'était un peu long au bout de cinq ans. Alors, le judo, je le faisais par plaisir, comme un jeu. J'ai pris cette sélection comme une chance et j'ai voulu donner le maximum pour me faire plaisir. "
Et elle en a pris un immense, de plaisir. Sacrée championne d'Europe, elle s'assurait une place aux Jeux de Sydney. Une longue histoire commence peut-être pour Laëtitia Tignola qui, à 27 ans, a encore le temps de montrer de bien belles choses.




 
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