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Après le 400 m samedi et le 200
m dimanche, le jeune Australien a battu un
troisième record du monde, hier à Sydney.
Cette fois, il a perché le 200 m à un
impressionnant chrono de
1'45''51. Et pourtant, il
était malade !
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| La scène se passe
quelques instants avant cette finale du 200 m.
Ian Thorpe s'éclipse de sa piscine fétiche
par une porte dérobée. En quête d'air
frais. Le voilà qui essaye de respirer à pleins
poumons malgré sa combinaison intégrale qui
l'opprime. Il est pâle, très pâle, limite
livide. En fait, il souffre d'une sorte de
virus grippal, situation qu'il avait déjà
connue lors des Mondiaux en petit bassin
d'avril 1999 mais qui, en dépit d'une
migraine tenace, ne l'avait pas empêché de
battre alors le record du monde du 200 m. A
situation identique, résultat similaire. Car,
histoire d'en finir au plus vite avec son
200 m, Thorpe va profiter de la finale pour
descendre une nouvelle fois son chrono
planétaire.
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| Dans la
chambre d'appel, les sept autres finalistes
du jour l'attendent avec impatience. Tous
s'encouragent encore une fois à tour de
rôle, symbole d'un nouvel état
d'esprit insufflé par l'entraîneur
russe de Klim, Gennadi Touretski. Son credo : au
lieu de se tirer dans les pattes, pourquoi ne
pas se respecter les uns les autres ? Du coup,
d'adversaires ils sont devenus en
l'espace de quelque temps les meilleurs
amis du monde et s'invitent souvent les uns
chez les autres. Thorpe rejoint justement ses
complices, il les rassure sur son état de santé.
L'heure du record a sonné.
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| Pourtant, cette finale ne va pas
ressembler aux courses précédentes du prodige.
Pas de one-man-show cette fois car Klim a décidé
de prendre les affaires en main. Durant 100 m,
la lutte est âpre entre les deux hommes. A
mi-course, Thorpe passe en tête dans
l'incroyable chrono de 51''03.
Jamais lors de ses records du monde précédents
sur cette distance, il n'était parti aussi
vite. Un peu le genre de base affolante dont
parlait Touretski-le-prophète qui devrait voir
le nageur se rapprocher des...
1'43'' !
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| Une longueur plus tard, Thorpe
possède maintenant une tête d'avance sur
Klim toujours dans le coup, et qui profite à
merveille de l'aspiration. Le chrono est
toujours favorable : 1'18''18
contre 1'18''95 la veille.
Chronique annoncée de record du monde. Malade ou
pas, l'homme pressé de cette compétition
conserve ses petites habitudes. Son accélération
est peut-être moins foudroyante
qu'habituellement mais elle lui permet de
se défaire de la sangsue Klim qui cale
brutalement à 30 m du but. Le chrono
s'arrête sur 1'45''51,
nouveau record du monde. Son troisième en
l'espace de trois jours. N'en jetez
plus ! En moins de neuf mois, Thorpe a vieilli
le record éphémère de son ami Hackett
(1'46''67) de 1''16 !
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| Une série évidemment en
cours qui voit le jeune Australien détenir les
cinq meilleurs chronos de tous les temps sur la
distance *. Et dire que le record du monde de
Lamberti (1'46''69) a tenu
(stagné ?) dix ans entre 1989 et 1999. Il faut
en fait remonter à 1975 pour retrouver une telle
progression au sommet du fait d'un même
nageur lorsque l'Américain Bruce Furniss
avait grignoté en deux mois seulement
1''34 sur la performance de son
compatriote Tim Shaw (de 1'51''66
à 1'50''32).
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| En sortant de l'eau, Ian Thorpe
semble manifestement requinqué. «Mon organisme
devrait vite prendre le dessus sur cette saleté.
Cela fait deux ans que je n'ai pas pris le
moindre antibiotique et mon système immunitaire
réagit d'ordinaire plutôt bien. Dès demain
matin (aujourd'hui), je m'aligne sur
100 m, une distance qui me tient à coeur et où
je vise également une qualification
individuelle. Depuis six mois, j'ai
effectué un gros travail sur ma vitesse de base
justement dans l'optique du 100 m où je
n'ai jamais encore été retenu en équipe
d'Australie. Cette option inédite
représente à long terme une évolution naturelle,
mon avenir se situe sur les courtes
distances.»
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| Et
pendant que les six futurs représentants
(Thorpe, Klim, Hackett, Kirby, Kowalski,
Pearson) de ce futur relais 4 × 200 m australien
qui peut voir raisonnablement la vie en or pour
la grande quinzaine olympique de septembre dans
cette même piscine, se congratulent et
plaisantent, le spectacle continue de plus belle
dans le bassin magique. D'abord, Susie
O'Neill, qui après avoir battu la veille
son record personnel du 100 m papillon
(58''71), récidive de fort belle
manière sur 200 libre cette fois. Ses
1'57''47 en demi-finale
représentent le cinquième chrono de
l'histoire. En finale tout à l'heure,
elle pourrait donc se rapprocher du record du
monde de l'Allemande Van Almsick
(1'56''78). Mention bien
également pour le dossiste Matt Welsh qui
s'est hissé au quatrième rang de
l'histoire sur 100 m dos
(54''14). Et au milieu de ce feu
d'artifice vert et or, la
contre-performance de Samantha Riley, septième
seulement du 100 m brasse, est passée totalement
inaperçue. La star de la natation australienne
n'est définitivement plus la
même...
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* La Sud-Africaine Penny Heyns détient
actuellement les six premiers chronos de
tous les temps sur 100 m brasse ;
l'Australien Michael Klim sur 100 m
papillon et l'Américaine Mary T
Meagher sur 200 m papillon possèdent les
quatre meilleurs.
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