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    Jenny Thompson 
  Miss Pas de chance  
Les Américains l'avaient surnommée " Wonder Woman". Mais jamais Jenny Thompson n'a pu avoir les médailles d'or qu'elle désirait tant sur 100 m libre ou 100 m papillon. Avant l'obstacle était chinois. Aujourd'hui il s'appelle De Bruijn. Elle repart de Sydney avec, enfin , une médaille individuelle ( le bronze sur 100 m libre ex aequo avec meilleure ennemie Dara Torres ) et avec deux médailles d'or en relais.


Jenny Thompson, une fois de plus, sans consécration individuelle ( Photo Reuters )


 Un succès trop longtemps désiré

Elle a longtemps attendu le succès, elle l' a eu et l'a immédiatement perdu. C'est dur d'arriver tout au sommet et de se faire doubler par une crevette hollandaise venue de nulle part, Inge de Bruijn. Jenny Thompson a explosé en 1992 : elle a 19 ans aux sélections américaines à Indianopolis et batt le record du monde du 100 m nage libre de Kristin Otto en 54" 48. Quelques mois plus tard, les Américains aux Jeux de Barcelone attendent tout ce celle qu'ils ont surnommée " Wonder Woman ".
Et bien non! C'est une Chinoise, Zhuang Yong, qui lui souffle la médaille d'or.
Deux ans plus tard à Rome, aux Championnats du monde, rebelote : deux chinoises et une allemande lui interdisent l'accès au podium. Pourtant Jenny, qui s'était cassé le bras peu avant, avait tout fait pour être au top à Rome. Dur pour le moral de se faire déposséder de records et de titres par des nageuses à la préparation que beaucoup jugent douteuse.

 La vengeance

Jenny attendra les Championnats du monde de Perth en 1998 pour se venger. Là, c'est la razzia avec l'or sur 100m libre, le 100 m papillon, le 4 fois 100 m libre et le 4 fois 100 m 4 nages; elle peut enfin jouir de son bonheur et rentrer dans l'histoire de la natation américaine au même titre qu'Amy Van Dyken ( 4 titres aux Jeux d'Atlanta ). La médaille dont elle est le plus fière? Celle du 100 m papillon : "c'est le titre qui a le plus de signification, à cause du chrono et parce ce que j'adore le papillon ". Son vrai but est justement le record sur cette distance. Un vieux, un très vieux record qui appartient à Mary T Meagher en 57" 93 depuis le 16 août 1981. Avec ses deux records sur 100 et 200 que beaucoup considéraient comme innacessibles, Meagher était surnommé " Madame Butterfly". En août 1999, à Sydney, Jenny Thompson y arrive enfin : 57" 88. Elle en pleure dans l'eau, le record mythique est tombé. " C'est un record très spécial, celui de Mary T, une nageuse exceptionnelle ...La discipline s'est beaucoup améliorée ces derniers temps. De plus en plus de filles sont capables de nager dans les 58 secondes. Donc je ne pense pas que mon chrono va tenir dix huit ans ...." Effectivement ..


Son palmares

1991 Championnats du monde : médaille d'or au 4 fois 100 m libre

1992 Jeux Olympiques : médaille d'argent sur 100 m libre, médailles d'or au relais 4 fois 100 m libre et 4 fois 100 m 4 nages

1996 Jeux Olympiques : médailles d'or aux relais 4 fois 100 m libre, 4 fois 100 m 4 nages et 4 fois 200 m libre

1998 Championnats du monde : médailles d'or aux 100 m libre, 100 m papillon, 4 fois 100 m libre, 4 fois 100 m 4 nages; médaille d'argent au relais 4 fois 200 m libre

 A l'expérience

Le record a tenu jusqu'en mai 2000. Neuf mois. Neuf mois pour savourer sa suprématie avant qu' Inge de Bruijn ne détruise tout dans un bassin anglais. Pas de chance. Pour ses titres olympiques, après les chinoises, Jenny Thompson a désormais un autre monstre devant elle, la "crevette néerlandaise", aussi bie, sur 100 m libre que sur 100 m papillon. Jenny Thompson devra être encore plus forte pour égaler les 9 titres olympiques de Mark Spitz. Cette fois elle compte sur l'expérience. Elle a 27 ans et sait " comment se déroule ce type d'épreuves, comment gérer son effort, ne pas battre de record en séries éliminatoires, la seule course importante étant la finale. Certains sont tentés de forcer dès le début, poussés par l'intensité de la course, mais ceux qui savent se ménager sont meilleurs à la fin". Un seul probléme : Inge de Bruijn n'est pas une débutante non plus. Quant à Dara Torres, avec ses 33 ans et ses quatre Olympiades, il est probable qu'elle aussi s'économisera en séries. Jenny rêve d'avoir enfin un petit peu de chance.


 
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