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DE CHAMONIX
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    Entretien 
De notre envoyé spécial à Salt Lake City, Xavier AUDEBERT  Frédéric Covili : « Le titre de Carole nous a libérés »  

C'est l'esprit « libéré », grâce au succès de Carole Montillet, que Frédéric Covili était arrivé à Salt Lake City. L'actuel leader de la Coupe du monde de slalom géant abordait les Jeux en toute décontraction, concentré sur l'essentiel : son ski. Bouleversé par l'hospitalisation de son jeune frère, il a skié comme un fantôme, terminant 15e. Avant ce sombre jeudi, il s'était confié.


Frédéric Covili : «Le titre de Carole Montillet nous a libérés» (Photo L'Equipe.fr)

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« Frédéric Covili, la victoire de Carole Montillet la semaine dernière en descente, c'est un bel événement et beaucoup de pression en moins sur vos épaules. Et ça vous donne sûrement envie, non ?
Oui, c'est un plus parce que les médias ne nous disent pas : " Toujours pas de médaille pour le ski ? " C'est vrai, c'est un plus énorme. Elle nous a libérés. Et comme vous dites, ça donne envie et ça peut ouvrir des portes.

Pas de pression particulière donc...
Non, justement. C'est un poids en moins qui est important. Ça me renforce encore plus car Carole n'était pas trop attendue et elle est devenue championne olympique de descente. Un titre féminin que la France n'avait jamais accroché. Carole a réussi quelque chose d'énorme. Qui nous fait dire que c'est possible. Même si tout cela reste très difficile. Mais, c'est vrai, ça nous aide plus que ça nous nuit.

Vous étiez en France lorsque Carole Montillet est devenue championne olympique. Avez-vous suivi sa descente à la télévision ?
Oui, mais je n'ai malheureusement pas vu la course car je partais le lendemain matin de bonne heure pour Annecy. Comme la descente a été reportée, je suis allé au cinéma voir "Ocean's Eleven". C'est à mon retour que ma copine (Kristina Duvillard, ndlr.) m'a annoncé que Carole était championne olympique. Je n'y croyais pas trop.

Vous abordez ces échéances olympiques de la même façon que les étapes de Coupe du monde ?
Oui, la préparation est la même que pour une Coupe du monde. Ensuite, c'est la même course. Il faut faire le meilleur ski. C'est tout.

Il y a quand même une saveur particulière...
Oui, c'est certain. Ce sont les Jeux olympiques. C'est très beau.

Vous arrivez aux Jeux comme leader actuel du classement général du slalom géant en Coupe du monde. Vous faites abstraction de cet état de fait ?
Oui, j'essaie de rester tranquille dans mon coin. Pour me ressourcer à ma façon. Même si je suis leader de la Coupe du monde, on est quand même six à a voir gagné un géant cette saison. C'est donc très ouvert. Mais j'ai été le plus régulier pour l'instant.

Vous partirez avec dans la tête ce maillot rouge de leader de la Coupe du monde ?
Non, parce que c'est les Jeux olympiques et c'est différent. La Coupe du monde, je vais la laisser un peu de côté. Elle reviendra assez vite de toute façon, avec sa pression (rires). Non, je vais laisser tout ça de côté. C'est les Jeux, rien que les Jeux.

Mais votre grande régularité de l'hiver, c'est un capital confiance...
Oui, c'est certain parce que c'est quelque chose de nouveau pour moi. Etre régulier à haut niveau, c'est merveilleux. Et ça m'a surpris aussi... Parce qu'avant d'être leader de Coupe du monde, j'ai quand même galéré quatre-cinq ans. Ça m'a fait évoluer. Et ça m'aide aujourd'hui. Le ski se joue à si peu de choses. En cinq dixièmes seulement, on peut reculer au delà de la quinzième place...

Le tracé de ce géant vous plaît ?
Je connais la piste même si le tracé a un peu changé. Mais c'est une belle piste.

Votre dernier géant, c'est à Saint-Moritz où vous terminez 18e. Ça a laissé des traces en vous ? Vous n'étiez pas habitué à ça cette année...
C'est vrai (rires). Mais j'ai bien analysé ma course. J'ai fait une très grosse faute. C'est dommage parce que j'étais bien dans le coup. Mais ce sont des choses qui arrivent. Je me suis remis en cause pour comprendre pourquoi j'avais commis cette faute.

Finalement, c'est une faute bienvenue juste avant les Jeux ?
Bienvenue, bienvenue... (rires) Bon, c'est vrai que ce n'est pas si mal car ça m'a poussé à réagir.

Vous semblez très content d'être à Salt Lake City...
Oui, car c'est ma première participation aux Jeux. C'est quand même un rêve de gamin. Et être ici, c'est déjà très important pour moi. »



 
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