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JO 2006 TURIN

LA RETRO DES JO

2005
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SARAJEVO 1984
Par Bertrand PERTUIS

C'est au carrefour de l'Europe des religions, orientale et occidentale, à Sarajevo que s'ouvrent les XIVes JO d'hiver. Depuis quatre ans, la politique internationale a fragilisé le mouvement olympique, notamment le boycott des JO d'été de Moscou en 1980 décrété par les Etats-Unis.
 
Katarina Witt a charmé Sarajevo. (L'Equipe)

EN BREF

L'enjeu de cette XIVe édition des sports du froid est important. Selon Michel Clare, envoyé spécial de L'Equipe, Sarajevo doit être une « transition réussie» entre le boycott des JO de Moscou et celui probable des Soviétiques aux Jeux de Los Angeles, six mois plus tard. Une manière de montrer que les Jeux d'hiver ne sont pas affectés par le contexte international.

Du côté de l'organisation, les quelques 2500 athlètes, qui doivent concourir pour 117 médailles, investissent Sarajevo du 7 au 19 février. La cérémonie d'ouverture, placée sous le signe de la danse et du feu, « enflamme» le public et Michel Clare : « Merveilleuse cérémonie d'ouverture, d'une qualité rarement atteinte, le rituel olympique a bien été renouvelé.»

La délégation française, composée de 34 membres, est emmenée par le biathlète Yvon Mougel, vice-champion du monde de la spécialité. L'équipe de France, qui vit ses périodes les plus sombres depuis l'euphorie des JO de Grenoble en 1968, se retrouve minée par une «vraie-fausse» affaire de dopage. Perrine Pelen et Fabienne Serrat, les meilleures chances françaises, sont contrôlées positives quelques jours avant le début des épreuves avant d'être blanchies par la Fédération française.

LES STARS

En ski alpin, les Américains dominent outrageusement les épreuves. La délégation rafle cinq médailles, dont trois en or. Bill Johnsondevient le premier Américain champion olympique de descente. Les frères jumeaux, Philet Steve Mahre, prennent les deux premières places du slalom spécial. Chez les femmes, en slalom géant, Debbie Armstronget Debbie Cooper, dans cet ordre, réalisent également le doublé.

En patinage artistique, le couple britannique Jayne Torvillet Christopher Deanfrôle la perfection en dansant sur le Boléro de Ravel (12 notes parfaites sur 18, du jamais vu). Chez les femmes, Katarina Witt, 18 ans, remporte la compétition. La belle Allemande de l'Est au visage romantique avec sa tunique fushia déclenche les vivats de la foule. Enfin, la lutte est serrée chez les hommes. Le Canadien Brian Orserremporte les programmes court et long, mais se classe septième aux figures imposées. C'est donc l'Américain Scott Hamiltonqui monte sur la première marche du podium.

LES FRANCAIS

La délégation française récolte trois médailles (une d'argent et deux de bronze). Perrine Pelenoublie ses déboires de "dopage" du début de la compétition et décroche deux médailles. Comme à Lake Placid, quatre ans plus tôt, elle enlève le bronze en slalom géant. Malgré la dragonne de son bâton droit qui lui échappe au départ de la 2e manche, la Française ne cède pas à la panique et termine en trombe le second tracé. Trois jours plus tard, l'étudiante en kinésithérapie s'adjuge l'argent en slalom spécial. Vainqueur de la Coupe du monde de slalom en 1980, la Grenobloise clôturera sa carrière l'année suivante en devenant, à Bormio, championne du monde de la spécialité. A ce jour, elle reste la skieuse française la plus titrée en Coupe du monde avec 15 victoires. Alain Billouin, envoyé spécial de L'Equipe, est séduit par la jeune Française de 23 ans :« Charme discret. Gentillesse. Regard intelligent. Ses réponses sont bien ficelées. A la limite, c'est une sorte d'anti-Marielle...»

Contre toute attente, c 'est Didier Bouvet, 22 ans, qui apporte la troisième breloque à la France. Le Français prend le bronze en slalom spécial, les deux premières places étant trustées par les frères jumeaux américains, Phil et Steve Mahre. Didier Bouvet met ainsi fin à seize ans de traversée du désert. Depuis les JO de Grenoble en 1968 et l'exploit de Jean-Claude Killy, les skieurs français n'avaient plus remporté la moindre médaille en compétition internationale.