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    Snowboard - Les Français aux JO 
Par David MICHEL  Karine Ruby, la reine du snow 

Karine Ruby, médaille d'or à Nagano (Photo L'Equipe)

La fiche et le palmarès de Karine Ruby

Karine Ruby possède un vrai caractère de championne (Photo L'Equipe)

Portraits :
> Doriane Vidal
> Mathieu Bozzetto
> Nicolas Huet

Ruby, une fille à battre (Photo L'Equipe)

A 24 ans, elle a décidé de prendre un nouveau départ en arrêtant les compétitions (Photo L'Equipe)

Nagano, 10 février 1998 : jour de gloire pour Karine Ruby. Au Japon, la Française obtient ce jour là la première médaille d'or française des XVIIIe Jeux olympiques d'hiver, et devient la première championne olympique de snowboard de l'histoire. Récemment, pourtant, à seulement 24 ans, elle a annoncé l'arrêt de sa carrière professionnelle après l'actuelle saison et au terme de huit ans de compétition ponctuées par des victoires à la pelle, Karine Ruby veut connaître autre chose.

 Une championne précoce

L'aventure commence très tôt. A Argentières au lieu dit "La Rosière", à quelques kilomètres au dessus de Chamonix, Karine Ruby apprend à chausser des skis à 11 mois, un âge où beaucoup d'enfants ne savent même pas marcher. Le chalet familial, propice à l'épanouissement de la future championne, est niché au pied d'une piste : les Grands Montets. Alors, après l'école, la petite Karine affronte les cols. "Dès qu'il neigeait, j'avais l'impression de revivre. J'étais casse-cou et plutôt garçon manqué" avoue-t-elle.

Puis, à 11 ans, frustrée de voir ses parents s'éclater sur un "snow", la jeune fille décide de franchir le pas et troque sa paire de skis pour une planche plus large. Cinq ans plus tard, en 1994, alors qu'elle n'a que 16 ans, elle décroche une première victoire en Coupe du monde lors du slalom parallèle de Kaprun en Autriche.

L'histoire est en marche. S'en suivra une période faste, pleine de victoires dont deux victoires au classement général Coupe du monde (1996 et 1997). En 1998, au lendemain de sa victoire à Nagano, la jeune femme est au sommet de son art.

 Des doutes à la renaissance

A Nagano, Karine Ruby surclasse ses adversaires de deux secondes, un écart qui la propulse au paradis. L'atterrissage sera pourtant douloureux. Du jour au lendemain, elle se retrouve très sollicitée. Exposée à la lumière des médias, ce changement de statut la fragilise. Elle mettra deux longues années à digérer cette consécration.

" Avec mon titre Olympique, j'avais atteint mon objectif et je me retrouvais sans but " analyse t-elle. Ses résultats lors des deux saisons qui suivent (1998-99 et 1999-00) ne sont pas à la hauteur de son talent. Démotivée et consciente de ne plus progresser, elle se doit de réagir.

Grâce à son caractère en acier trempé, elle va renaître. Elle change de coach, Patrice Paquier remplace Pierre Garnier. La confiance revient et la machine à gagner est de nouveau en marche. La saison 2000-01 est celle de la renaissance. Elle enchaîne les victoires et empoche le général de la Coupe du monde.

 Le défi du géant parallèle

Quatre ans après Nagano, et après bien des péripéties, Karine Ruby s'affiche comme la favorite des Jeux de Salt Lake City, même si la discipline olympique a changé. Le géant en deux manches (épreuve de Nagano), véritable spécialité de la Française, laisse sa place au géant parallèle.

Si Nagano aura été un vrai départ pour la championne, Salt Lake City marquera la fin de sa carrière. A 24 ans, Karine Ruby a décidé qu'il était temps pour elle de ranger sa tenue de compétition.

Avec son DUT "tech de co" en poche, elle compte se consacrer à présent au développement des planches de snowboard et s'adonner au freeride, discipline beaucoup plus lucrative.

Mais avant de pouvoir goûter cette retraite dorée, Karine Ruby va devoir dompter la descente de Salt Lake City. Pour un titre ultime.


 
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