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| Nagano, 10 février 1998 : jour de
gloire pour Karine Ruby. Au Japon, la Française
obtient ce jour là la première médaille
d'or française des XVIIIe Jeux olympiques
d'hiver, et devient la première championne
olympique de snowboard de l'histoire.
Récemment, pourtant, à seulement 24 ans, elle a
annoncé l'arrêt de sa carrière
professionnelle après l'actuelle saison et
au terme de huit ans de compétition ponctuées
par des victoires à la pelle, Karine Ruby veut
connaître autre chose.
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|  Une championne précoce |
| L'aventure commence
très tôt. A Argentières au lieu dit "La
Rosière", à quelques kilomètres au dessus
de Chamonix, Karine Ruby apprend à chausser des
skis à 11 mois, un âge où beaucoup
d'enfants ne savent même pas marcher. Le
chalet familial, propice à l'épanouissement
de la future championne, est niché au pied
d'une piste : les Grands Montets. Alors,
après l'école, la petite Karine affronte
les cols. "Dès
qu'il neigeait, j'avais
l'impression de revivre. J'étais
casse-cou et plutôt garçon
manqué" avoue-t-elle.
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| Puis, à 11 ans, frustrée
de voir ses parents s'éclater sur un
"snow", la jeune fille décide de
franchir le pas et troque sa paire de skis pour
une planche plus large. Cinq ans plus tard, en
1994, alors qu'elle n'a que 16 ans,
elle décroche une première victoire en Coupe du
monde lors du slalom parallèle de Kaprun en
Autriche.
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| L'histoire est en
marche. S'en suivra une période faste,
pleine de victoires dont deux victoires au
classement général Coupe du monde (1996 et
1997). En 1998, au lendemain de sa victoire à
Nagano, la jeune femme est au sommet de son art.
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|  Des doutes à la renaissance |
| A Nagano, Karine Ruby
surclasse ses adversaires de deux secondes, un
écart qui la propulse au paradis.
L'atterrissage sera pourtant douloureux. Du
jour au lendemain, elle se retrouve très
sollicitée. Exposée à la lumière des médias, ce
changement de statut la fragilise. Elle mettra
deux longues années à digérer cette
consécration.
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| "
Avec mon titre
Olympique, j'avais atteint mon objectif
et je me retrouvais sans but
" analyse t-elle. Ses résultats
lors des deux saisons qui suivent (1998-99 et
1999-00) ne sont pas à la hauteur de son talent.
Démotivée et consciente de ne plus progresser,
elle se doit de réagir.
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| Grâce à son caractère en acier
trempé, elle va renaître. Elle change de coach,
Patrice Paquier remplace Pierre Garnier. La
confiance revient et la machine à gagner est de
nouveau en marche. La saison 2000-01 est celle
de la renaissance. Elle enchaîne les victoires
et empoche le général de la Coupe du
monde.
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|  Le défi du géant parallèle |
| Quatre ans après Nagano, et après
bien des péripéties, Karine Ruby s'affiche
comme la favorite des Jeux de Salt Lake City,
même si la discipline olympique a changé. Le
géant en deux manches (épreuve de Nagano),
véritable spécialité de la Française, laisse sa
place au géant parallèle.
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| Si Nagano aura été un vrai départ
pour la championne, Salt Lake City marquera la
fin de sa carrière. A 24 ans, Karine Ruby a
décidé qu'il était temps pour elle de
ranger sa tenue de compétition.
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| Avec son DUT "tech de co"
en poche, elle compte se consacrer à présent au
développement des planches de snowboard et
s'adonner au freeride, discipline beaucoup
plus lucrative.
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| Mais avant
de pouvoir goûter cette retraite dorée, Karine
Ruby va devoir dompter la descente de Salt Lake
City. Pour un titre ultime.
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