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DE CHAMONIX
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    Snowboard - Les Français aux JO 
Par David MICHEL  Mathieu Bozzetto, Mr Dynamite 

Bozzetto 5e à Nagano en 1998 (Photo L'Equipe)

La fiche et le palmarès de Mathieu Bozzetto

Un de ses rêves en snowboard : trois mois de dépose en hélico en Alaska (Photo L'Equipe)

Portraits :
> Karine Ruby
> Doriane Vidal
> Nicolas Huet
Entretiens :
> Août avec Mathieu Bozzetto
> Septembre avec Mathieu Bozzetto
> Novembre avec Mathieu Bozzetto

La force est en lui (Photo Hervé Lewis)

"Une médaille aux JO pour la postérité" (Photo L'Equipe)
Le 15 février prochain, la France risque bien de se découvrir un nouvel héros national en la personne de Mathieu Bozzetto. Le snowboarder français, sportif encore assez méconnu, pourtant double vainqueur du général de la Coupe du monde, est en effet le grand favori pour une médaille d'or à Salt Lake City. Découverte d'un grand champion.

 Un caractère de vainqueur

Mathieu Bozzetto a toujours élu domicile dans les Alpes. Il grandit à Val d'Isère et s'initie au sport maison, le ski. Dès l'âge de 7 ans, il se lance dans le bain de la compétition. Dix ans plus tard, conscient de ne pas progresser et totalement démotivé, il raccroche. "Plus le temps passait et plus je devenais mauvais. Ca me démotivait."

Malgré tout, sa nature de compétiteur le pousse à ne pas tout laisser tomber mais juste à changer de discipline. " Je voulais absolument continuer la compétition car j'aime vraiment le sentiment qu'elle procure : la peur et l'excitation en même temps" disait-il à l'époque.

En 1990, une section snowboard s'ouvre à Val d'Isère. C'est alors qu'il prend rendez-vous avec son destin. Il adopte rapidement ce sport naissant et, deux ans plus tard, il débute en Coupe du monde. Il fait ses armes sur le circuit ISF, fédération parallèle à celle de la FIS, aujourd'hui circuit de référence. "L'ISF m'a tout apporté, tout donné. J'y ai battu tous les meilleurs" affirme le Français.

 Une ascension fulgurante

En 1998, à Nagano, le Français termine 5e. Mais les JO sont loin d'être son principal objectif, contrairement à la Coupe du monde, une compétition qu'il juge plus légitime. Il s'emploie justement à devenir le meilleur tout au long de l'année. Et les efforts fournis lors de ses intensifs entraînements estivaux sont payants. En deux ans, il passe de la 119e (1997) à la 1ère place (1999). Un bond et une réussite extraordinaires. En 2000, il récidive en s'octroyant pour la seconde saison consécutive la première place du classement général de la Coupe du monde.

La réussite de Mathieu Bozzetto vient aussi de sa parfaite gestion de sa carrière. Car si le Bozzetto surfeur soulève bon nombre de trophées il le doit aussi au Bozzetto manager. Dans un milieu où chacun doit gérer sa carrière, le Français s'emploie donc à trouver un équilibre financier qui lui permet de vivre du snowboard. Mathieu Bozzetto est l'un de ceux qui y réussit le mieux. Il démarche les sponsors comme il dévale les pistes. Avec le même acharnement et la même motivation. Un travail de longue haleine car la plupart des sponsors sont difficiles à convaincre. "Quand on leur demande un fixe, on a parfois l'impression de leur arracher une jambe ! "

 Les JO : une médaille en toc ?

Mathieu Bozzetto n'est pas un sportif comme les autres. Les JO, tous en rêvent. Lui non. S'il vous arrive de le croiser, un conseil, éviter de lui en parler. Car, selon lui, trop de monde l'aborde à ce sujet et ça l'agace. D'une part car il ne veut pas arriver aux Jeux avec trop de pression mais aussi car il estime qu'un titre au général de la Coupe du monde a plus de valeur qu'une médaille. "Tout le monde rêve de gagner les JO. Moi, je n'aime pas les Jeux même si j'aimerais quand même rapporter une médaille pour la postérité. Mais cette idée d'octroyer un titre qui dure quatre ans... Etre champion olympique, c'est être bon sur une seule journée. Gagner le classement général de la Coupe du monde, c'est être bon toute une année." Dont acte.

Il n'en demeure pas moins que Mathieu Bozzetto est la plus grande chance de médaille dans le camp français avec Karine Ruby. Ne lui dites pas qu'on vous l'a dit...


 
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