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    Natation 
  Le tsar du sprint 

Alexandre Popov règnait sans partage sur le sprint depuis 1992, et voulait devenir le premier nageur à remporter le 100 m libre sur 3 Olympiades successives. Son but : 12 médailles en 3 JO, une de plus que Biondi ou Spitz. Pari immense mais perdu : il se contente d'une "simple" médaille d'argent sur 100 m. Lui aussi, comme Ina Thorpe, a du céder la place à Pieter Van Den Hoogenband.


Un départ parfait (Photo L'Equipe)

 Born in the Oural

Alexandre Popov est né au fin fond des montagnes de l'Oural le 16 novembre 1971 et s'est décidé à mettre les pieds dans une piscine qu'à l'âge de huit ans : il avait trop peur de l'eau. Il a ensuite longtemps hésité gagnant ses premiers titres en dos avant qu'en 1990 le gourou de la natation russe, Gennadi Touretski, le décide à passer au crawl, deux ans à peine avant les Jeux de Barcelone; et pourtant c'est là qu'il va exploser en battant Biondi et Jager sur 50 mètres, en remportant le 100 m libre et en s'adjugeant deux médailles d'argent dans les relais. Depuis il règne ,alignant les records du monde ( recordman du monde depuis 1994 en 48"21 ) et les titres ( Europe, Monde et Olympique, il les a tous eus ). Depuis 1992, ni Biondi, ni Hall, ni Van Den Hoogenband ne sont vraiment arrivés à le mettre réellement en péril. (son palmarès)







La course est dans sa tête (Photo L'Equipe)

 Pas un geste inutile

Alexandre Popov plonge pour gagner. Mais celui que tout le monde appelle "la fusée russe", est aussi extraordinairement lucide et critique sur lui même ( entretien avec Sylvie Josse ). Depuis que Touretski l'a pris en mains, il n'a cessé d'améliorer son style et sa technique de course. Popov est une brute à l'entrainement : à Canberra où il s'entraîne, il reste 6 heures dans la piscine et peut aligner 80 à 90 kilomètres par semaine, ce qui est énorme pour un pur sprinter.
Depuis des années les nageurs du monde entier essaient de percer les secrets de ce fanatique de l'entrainement. Pour leur plaire il a donc sorti cette année une video où il dévoile quelques uns de ses trucs avec sa philosophie de base, les 3 "R", Rythme, Range and Relaxation ("rythme, amplitude et relaxation"). Déception! Bien sûr, Popov donne quelques trucs, mais surtout il montre ce que personne ne peut égaler : une capacité de relachement extraordinaire. Popov ne fait pas de mouvement inutile, ses bras et ses épaules restent hors de l'eau d'une décontraction totale. Ne travaille que ce qui doit travailler. Exactement comme Carl Lewis pouvait avoir le visage décontracté et tout le reste du corps en pleine action. Cela permet à Popov de gérer totalement sa course et de rester en ligne jusqu'au dernier centimètre. Comme le Russe possède un travail de jambes monstrueux (il peut nager en 28" secondes un 100 mètres uniquement avec les jambes), un départ parfait et un virage du même tonneau, il ne peut guère avoir de rival.

 "Deviens une star!"

Le but de Popov est simple : ni la fatigue, ni le stress ne doivent l'empêcher de nager comme il a prévu de le faire pour gagner. L'un des péchés mignons des nageurs est de nager trop vite et de se faire peur ou de de caler. Popov non. S'il lui arrive de gamberger en course, il perd ( cette année aux sélections russes, il n'a pas battu le record du monde du 100 mètres parce qu'à 15 mètres de l'arrivé il s'est dit qu'il allait trop vite !). Le reste du temps Popov est parfait : bien à plat sur l'autre, décontracté, en ligne. Popov a la glisse, il ne se bat jamais contre l'eau, il fait uniquement les gestes nécessaires et ne regarde pas dans les lignes d'eau à côté : cela ne l'interesse pas, cela ne l'a jamais interessé. En 1992 à Barcelone il avait résumé son 100 mètres d'une phrase toute simple : " je ne me suis pas occupé des autres. Peu importait qui j'allais battre, l'important c'est de gagner". Et sur 50 mètres, il avait en tête uniquement ce que Touretski, lui répétait sans cesse depuis deux ans : " il faut que tu deviennes une star, la star de la natation.Mais pour cela tu dois battre Biondi"
Sa dernière perf : le record du monde du 50 m à Moscou le 16 juin 2000



 Un mental d'enfer

Pour arriver à ce degré de maîtrise, il faut un mental. Popov l'a. Il l'a montré. D'abord en revevant au plus haut niveau après une bagarre à Moscou avec des vendeurs de pastèque. C'était en 1996, cela lui valu un passage aux urgences, quelques opérations, une insuffisance rénale et pas mal de convalescence. Ensuite en sachant sumonter la concurrence : pour la première fois l'année dernière aux Championnats d'Europe à Istanbul, il a été battu. Par Pieter Van Den Hoogenband. La raison ? Il n'y était plus, il gambergeait, n'avait pas envie de nager. A 27 ans on le voyait déja en train de décliner. Aujourd'hui il est redevenu le meilleur performeur mondial, après six mois de break total. Sa nouvelle force? Le plaisir : il n'a plus rien à prouver et il aime nager. Gary Hall et Pieter Van Den Hoogenband n'auront pas le droit à un centième de seconde de gamberge dans l'eau, s'ils veulent détroner le tsar




 
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