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JO 2006 TURIN

SKI ALPIN (H)

2006
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«MA SAISON EST DÉJÀ RÉUSSIE»
Par Olivier PAQUEREAU (Ă  Sestriere)

Depuis le dĂ©but de la saison, Jean-Pierre Vidal a Ă©tĂ© le seul skieur français en pleine ascension. Sa rĂ©cente victoire Ă  KitzbĂŒhel l'a confortĂ© dans la quĂȘte d'une nouvelle gloire olympique, samedi lors du slalom de Sestriere.
 
J.-P. Vidal, tenant du titre du slalom. (L'Equipe)

«Je me range du cÎté des outsiders»

«Jean-Pierre Vidal, contrairement à certains slalomeurs, vous n'avez pas disputé le combiné à Sestriere. Est-ce un désavantage ?
Je ne pense pas. Si on regarde l'histoire des Jeux, ce n'est d'ailleurs pas un problĂšme. Quand je gagne Ă  Salt Lake City, je n'avais couru aucune Ă©preuve avant. Il y a eu d'autres exemples avant moi. Finn Jagge en 1992 est dans le mĂȘme cas de figure.

Cela ne vous gĂȘne donc pas plus que ça ?
Vous savez, les Jeux Olympiques, ça dure longtemps. Mentalement il faut puiser beaucoup d'Ă©nergie. Moi, j'arrive avec une pleine fraĂźcheur physique. Et, comme au slalom, il faudra ĂȘtre rapide, cela ne peut que me servir.

Vous rejoignez une équipe de France de ski alpin en pleine forme.
Nous sommes actuellement dans une spirale géniale. Il faut continuer à surfer dessus. Les médailles d'Antoine (Dénériaz) et de Joël (Chenal) m'ont enlevé un peu de pression. Si on était arrivé au slalom sans podium, j'aurais été considéré comme le sauveur et j'aurais pu redouter plein de questions de votre part. ( Rires)

Vous considérez-vous comme un favori ou un outsider ?
Non, je ne suis pas un favori. Celui qui entre dans cette catĂ©gorie, c'est Giorgio Rocca. Il a gagnĂ© cinq slaloms contre un pour moi. Je me range plutĂŽt du cĂŽtĂ© des outsiders. Ceci dit, on n'a pas besoin d'ĂȘtre parmi les favoris pour gagner. Moi, je vais penser Ă  mon ski et essayer de faire deux bonnes manches.

«Je continue à me faire plaisir en faisant du sport»

Quel regard portez-vous sur votre parcours depuis le titre de Salt Lake City ?
Mon histoire est géniale. AprÚs mes blessures, je me suis battu pour revenir au plus haut niveau en si peu de temps. J'ai dû gravir les échelons un par un pour en arriver là. Quand tu es au fond du gouffre, ce n'est pas évident. A chaque fois, cela a été une victoire personnelle. Cela n'a fait que renforcer ma confiance.

Cette saison, vous avez gagnĂ© Ă  KitzbĂŒhel. Quel bilan tirez-vous pour le moment ?
Ma saison est dĂ©jĂ  rĂ©ussie. En gagnant sur une piste mythique comme Ă  KitzbĂŒhel, je me suis enlevĂ© un peu de pression et me suis offert un beau gĂąteau. Maintenant, le slalom des Jeux, cela peut ĂȘtre la cerise sur ce gĂąteau.

Et vous allez arrĂȘter aprĂšs.
Je me suis Ă©clatĂ© dans ma vie d'athlĂšte de haut niveau. Mais il faut aussi savoir que, dans cette vie, tu te lĂšves tous les jours et Ă  chaque fois tu te demandes : comment dois-je faire pour aller plus vite ? Il y a une espĂšce de chronomĂštre qui tourne dans ta tĂȘte et, Ă  un moment, il faut savoir l'arrĂȘter. Maintenant j'ai envie d'autre chose. De sourire aux autres et de partager ma vie avec eux.

Physiquement comment vous sentez-vous ?
Je ne ressens pas de douleur. De toute façon, pour un slalom olympique, il faut arriver en étant en forme à cent pour cent. Si ce n'est pas le cas, tu n'as aucune chance de gagner. Je me sens bien. Je continue à me faire plaisir en faisant du sport. »

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