« JE NE VIS QUE POUR CA »
Par Olivier PAQUEREAU (Ă Sestriere)

« Plus que le ski, c'est le sport que j'aime »
« Laure Pequegnot, vous commencez vos Jeux, alors que ceux-ci se terminent dans quatre jours. N'est-ce pas curieux ?
Pas du tout. Le slalom a toujours été programmé à la fin. Au contraire, cela me ferait bizarre d'attaquer les Jeux dès les premiers jours. C'est tout à fait normal pour moi.
Mais comment fait-on pour se plonger dans les Jeux dans ces cas-lĂ ?
Il y a deux tactiques : soit tu les regardes, soit tu les vis. Moi, au début, je n'ai pas cessé de suivre les compétitions à la télévision et ça m'a épuisé ! Alors j'ai préféré arrêter. Je n'ai pas eu envie finalement d'être spectatrice. J'ai ensuite juste regardé quand c'était des copines qui concouraient.
Que représente les Jeux de Turin pour vous ?
C'est très simple : cela fait quatre ans que je ne vis que pour ça. Les Jeux, ça me fait vibrer, ç'est une parenthèse dans une saison. Il y a une ambition que tu arrives à prendre ou pas. Une forme de condition mentale. Les Jeux, c'est aussi une valeur que tu as quand tu es jeune. Tu vois cela à la télévision, ça te fait rêver. Moi, ça m'a toujours fait rêver.
Vraiment ?
Absolument. Quand j'étais jeune, je faisais des Jeux Olympiques dans mon jardin avec mes frères. J'organisais des slaloms avec des bâtons et aussi d'autres épreuves. Je jouais également à la vidéo. Il n'y a pas que les Jeux d'hiver qui me plaisent. Il y a aussi ceux d'été. En fait, plus que le ski, c'est le sport que j'aime.
« Je compte au moins cinq skieuses au-dessus de moi »
Quel est votre objectif ?
Selon moi, quand on est aux Jeux, c'est pour décrocher une médaille. Sinon ça ne sert à rien de venir. Les Jeux, c'est un défi contre soi, un défi très difficile. J'aurais aimé gagner en Coupe du monde mais pas au point de laisser de côté Turin. Cela a quand même plus de classe que de s'imposer à Zagreb ou à Maribor, vous ne trouvez pas ?
Vous avez eu une médaille d'argent il y a quatre ans. Qu'est-ce que cela a changé ?
Je me suis pas mal battue après mon podium pour assurer mon statut. Ce qui a fait que je me suis mis beaucoup de pression. La saison qui a suivi Salt Lake City a été encore correcte mais les suivantes plus laborieuses. Ma vie a également changé au niveau des privilèges qui m'ont été accordés. J'ai eu une voiture, par exemple. Mais je ne pense pas être spécialement attendue à Turin maintenant. Quatre ans se sont quand même écoulés.
A quel niveau, vous situez-vous justement ?
Je ne me place pas du tout parmi les favorites mais j'ai de l'expérience et cela va m'aider. Je compte au moins cinq skieuses qui sont au-dessus de moi. Il va falloir donner le meilleur de soi pour obtenir un résultat et oser quelque chose sur le tracé de la piste. »














 La fiche de Laure Pequegnot