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    Stéphane Traineau 
  L'entretien écrit 


A Sydney, Stéphane Traineau va connaître ses quatrièmes Jeux olympiques. Le champion du monde 1991 (- 95 kg) livre son regard sur l'évolution des Jeux, celle du judo, ses objectifs en Australie et sa longévité au haut niveau.

(Photo L'Equipe.fr)

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Quels souvenirs gardez-vous des Jeux de Séoul ?

C'est mon meilleur souvenir olympique, tout simplement. Ce n'est pas mon meilleur souvenir sportif mais souvenir olympique parce que j'y ai vécu de bons moments. C'était sympa, c'était agréable. Tout était bien organisé. Le village était très accueillant. Il y avait beaucoup de convivialité entre les sportifs. C'était certes une grande compétition mais aussi une grande fête humaine : facilité d'accès pour nous sur tous les sites et ça, c'était important. On pouvait aller encourager nos copains, on pouvait aller voir un peu dans tous les coins. On n'avait pas l'impression que les sportifs étaient un troupeau de mouton parqués dans un endroit.

Et Barcelone ?

1992, bah, ça y est. C'est le grand démarrage du sport olympique business avec l'arrivée des sports professionnels, la Dream TeamÂ… Enfin, voilà, des choses comme ça. Le dérapage complet sur n'importe quoi. Les athlètes, on est parqué. On fait notre sport et puis, après, on nous balance. A Atlanta, ça se poursuit. C'est le même phénomène avec des Jeux Coca-Cola. Je dirais que c'est une dérive du sport aujourd'hui. J'espère, qu'à Sydney, on reviendra sur des bases un peu plus humaines vis-à-vis du sport. Sur un plan sportif, c'est sûr qu'Atlanta reste un souvenir énorme puisque, pour tout grand sportif, c'est un rêve de faire les Jeux, c'est un rêve, bien sûr, de ramener une médaille. J'avais rêvé à Séoul et à Barcelone. J'ai enfin ramené une belle médaille olympique d'Atlanta. Ca, c'était super. C'est un très, très bon souvenir.

Comment la compétiton a-t-elle évolué ?

Il y a de plus en plus de pays participants, mais il n'y a plus de petits pays. Au premier tour, on peut rencontrer n'importe quel athlète, c'est dangereux. Et, comment dire ? Il y a une augmentation infernale du rythme des combats. Il faut donc arriver de plus en plus préparé. C'est de plus en plus physique, de plus en plus technique, de plus en plus vite avec un impact important. C'est un combat incessant et je le répète, on n'a plus de tour de chauffe. C'est dès le premier tour à fond donc, il faut être prêt.

Comment faites-vous pour rester aussi longtemps au haut niveau ?

C'est une remise en question perpétuelle, une incessante capacité à continuer à m'entraîner, à me remettre en question, à essayer de travailler, à essayer de progresser aussi bien dans le domaine technique que dans le domaine physique que dans le domaine technico-tactique ou stratégique.
Essayer de voir là où je pouvais encore progresser. Je crois que le plus important, c'était certainement sur le plan physique parce qu'on avait l'habitude de dire, qu'après trente ans, l'athlète commençait à diminuer. Je pense.. enfin, je ne pense pas, j'en suis convaincu, c'est complètement faux.
On sait maintenant comment mieux s'entraîner, comment mieux se préparer. Ca, c'est clair. Scientifiquement, on sait comment le faire. Donc, avec l'expérience, la gestion de l'entraînement, la gestion de son corpsÂ… Quand on connaît son corps, on arrive de mieux en mieux à se préparer. Et, puis, on a pris conscience que la récupération, par exemple, prenait une grande part dans l'entraînement. On sait s'arrêter avant. On sait faire tout ça.
J'ai continué à progresser, par exemple, sur le travail de force, la musculation. J'ai appris à être beaucoup plus pointu sur ma condition physique. Toutes ces choses là font qu'aujourd'hui, à presque 34 ans, je suis encore dans le coup.

Y a-t-il des pièges à éviter aux Jeux ?

Il y a plein de pièges aux Jeux olympiques. C'est une espèce de grande fête foraine. C'est la foire du trône. On arrive à la foire du trône. On ne sait pas sur quel manège on va monter. Les Jeux olympiques, ça peut être ça. Il faut faire gaffe. Il y a le village, un espèce de grand foire. On veut en même temps essayer de voir et de participer. Non. D'abord, on vient là pour faire une compet puis on va à la fête foraine après. Il ne faut pas se tromper d'ordre (rires).

Quelles sont vos ambitions à Sydney ?

Une médaille d'or, tout simplement. C'est un rêve. C'est quelque chose dont j'ai envie. C'est quelque de réalisable. J'y vais et j'y suis parce que je sais que c'est possible, parce qu'on croit en moi. Si on m'a sélectionné, c'est que tout va bien. On croit en moi, on est derrière moi donc pas de problèmes. Donc, ouais, j'y vais pour la médaille d'or. Du premier combat au dernier combat, ce sera une finale. Il n'y a pas un adversaire plus fort qu'un autre. Ils seront tous durs à battre.




 
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