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Comment analysez-vous votre titre de
championne d'Europe ?
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| Ce n'est pas un hasard.
C'est le résultat d'un travail et pas
seulement d'une saison parce que ça ne se
travaille pas que sur une saison. Cela fait des
années que je m'entraîne. Ca a payé aux
Championnats d'Europe. Enfin, on m'a
laissé ma chance et j'ai pu m'exprimer
aux Championnats d'Europe.
| J'avais envie de me
faire plaisir. Cela fait cinq ans que je suis
numéro 2, cinq ans que j'étais dans
l'ombre. J'étais numéro 2 mais je
voulais être numéro 1 donc, le judo, je le
faisais pour me faire plaisir avant tout et,
aussi, comme un jeu.
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Comment viviez-vous le fait d'être
numéro 2 alors que vous étiez numéro 1 il y
a cinq ans ?
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| Ca a été très dur à vivre
psychologiquement pendant cinq ans. On fait
tout. On part jamais. J'ai toujours espéré.
Je pensais qu'on me donnerait ma chance un
jour et puis, c'est arrivé (rires).
C'était un peu long au bout de cinq ans.
Mais, c'est vrai, j'ai pris ça comme
une chance et j'ai voulu donner le maximum
aux Championnats d'Europe et me faire
plaisir.
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Vous n'avez jamais eu enfin de
raccrocher ?
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| Si, il y a eu des moments
très durs. Mais j'ai toujours eu ma famille
et mes amis autour de moi pour m'aider.
Mais c'est vrai qu'il y a eu des
moments très, très durs.
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Est-ce que ce titre de championne
d'Europe vous a fait franchir un palier
?
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| Je
pense que ce titre de championne d'Europe,
il faut le porter et je pense qu'on se
présente plus en leader quand on monte sur tapis
que sans ce titre. Ca m'a libéré, dans le
sens où, comme j'ai déjà gagné un titre
international, je sais que je peux le refaire.
| Je pense que
j'éviterais toute pression à Sydney puisque
celle des Championnats d'Europe, je
l'ai évacuée. Donc, j'espère que pour
les Jeux, ce sera pareil parce que, ce qui
m'ennuie, c'est cette pression là. Si
j'ai de la pression, je ne suis pas libérée
et moi, il faut que je sois libérée pour donner
le maximum de moi et me faire
plaisir.
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Qu'attendez-vous des Jeux Olympiques
?
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| La médaille d'or bien
sûr. Une médaille tout court mais c'est sûr
que la médaille d'or me ferait encore plus
plaisir. Puis, la cérémonie d'ouverture, ça
me paraît grandiose. C'est vrai que
j'ai envie d'y aller, de
défiler.
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Autrement, j'ai envie, aussi, de voir tous
les athlètes puisqu'on ne se connaît pas,
on ne se fréquente pas, tous les athlètes,
français et étrangers même. Vu que, justement,
je combats dans les premiers jours, je vais
essayer d'aller voir à droite et à gauche,
et découvrir un peu plus les gens.
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Craignez-vous la pression ?
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| J'essaie de ne pas
trop y penser, justement, pour ne pas trop
m'exciter. Ca fait un moment qu'on
attend ces Jeux et c'est vrai que la
préparation a été très longue. Je vis ça comme
quelque chose d'extraordinaire et je vais
essayer d'en profiter au maximum pour que
cela reste un grand souvenir.
| Le fait que l'on soit
dans des maisons extérieures au village
olympique, qu'on rentre dans le village la
veille de la compétition doit nous faire éviter
toute cette pression. Et, en plus, moi, je
combats dans les premiers jours donc ça évitera
d'attendre et c'est beaucoup mieux.
| En plus, mon ami et mon
oncle viennent me voir. Je pense que c'est
important. C'est un petit plus de savoir
que l'on est soutenue dans les gradins.
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Comment s'est déroulé la préparation
olympique ?
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| Elle a été très longue
puisqu'il y a eu tous les tournois.
J'ai fait le tournoi de Paris, ensuite
j'ai fait le tournoi d'Allemagne où je
fais deuxième, le tournoi d'Italie où je
gagne. C'est ce tournoi, justement, qui
m'a permis de décrocher ma sélection aux
Championnats d'Europe. J'ai eu les
meilleurs résultats sur la saison. Et le fait
d'avoir gagné cette compétition en battant
les meilleures européennes et la Cubaine
m'a permis d'aller aux Championnats
d'Europe.
| Depuis le championnat d'Europe,
on a fait beaucoup de stages. On a fait un stage
vélo, un stage en Corse avec l'équipe 1
japonaise. Ca a été un travail très technique.
C'est vrai que l'on n'a pas
l'habitude de travailler ce judo là.
C'est un judo très particulier, très
technique, très dur physiquement aussi.
| Ensuite, on
est allé à Vittel pour de la préparation
physique. Là, on a uniquement fait du travail de
course et de musculation. On est ensuite allé en
stage avec toutes les étrangères. C'était
pour découvrir leur judo, en profiter un maximum
parce que c'est la seule période où on peut
faire plusieurs randoris avec elles. Ca a été
très dur, très long.
| Ensuite, on a fait Aix-en-Provence
où, là, nous n'étions qu'avec des
Françaises. On a travaillé beaucoup plus
technique et, au niveau durée, c'était
beaucoup plus court et plus intensif. Maintenant
(1er septembre), c'est encore plus intensif
mais beaucoup plus court. On privilégie surtout
le repos parce qu'on est toutes très, très
fatiguées après cette longue période. C'est
plutôt la qualité que la quantité.
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Y a-t-il certaines adversaire que vous
craignez particulièrement ?
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| Tous les pays asiatiques
sont très forts. La Chinoise, la Coréenne et la
Japonaise particulièrement. Et les Cubaines
aussi sont très fortes. Maintenant, toutes les
Européennes sont fortes aussi. Mais, vraiment,
les plus fortes sont les Asiatiques et les
Cubaines.
| Mes
adversaires vont me regarder différemment
maintenant que je suis championne d'Europe,
ça c'est sûr. Mais, pour moi, cela ne
change rien. Je vais tout faire pour donner le
maximum, tout faire pour gagner.
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Le fait que vous preniez la succession de
la championne olympique, Marie-Claire
Restoux vous donne-t-il une pression
supplémentaire ?
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| Non du tout. Cela ne me
donne pas de pression supplémentaire. Il faut
tourner la page. Quatre ans, c'est long.
C'est long et c'est court. On a
l'exemple de Cathy Fleury qui a gagné à
Barcelone et, quatre ans après, fait Atlanta et
ça ne marche pas. Donc, cela peut très bien
changer. La preuve, c'est
qu'aujourd'hui, les sélectionneurs ont
pris la meilleure du moment. Donc, je n'ai
pas de pression supplémentaire. C'est vrai
que, peut-être, tout le monde m'attend au
tournant
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Mais, moi, je n'ai rien à prouver. Je le
fais pour me faire plaisir avant tout. Je ne
pense pas à ce qu'a fait Marie-Claire.
C'est vrai que j'aimerais faire aussi
bien qu'elle mais je ne penserais pas à
elle, je penserais à moi. Et à donner le maximum
de moi.
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