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    Cécile Nowak 
Recueillis par Ludovic Mauchien  L'entretien écrit 


Championne olympique en 1992, Cécile Nowak est entraîneur de l'équipe de France féminine depuis avril dernier (Photo L'Equipe.fr)


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Pensez-vous que les championnats d'Europe ont lancé cette équipe de France ?

C'est vrai qu'en ayant trois championnes d'Europe, si ça n'ouvre pas de perspectives aux filles, je ne comprends. Moi, j'ai pu connaître un titre de championne d'Europe, on se sent gonflée derrière. Ca veut dire également que l'on est dans le vrai au niveau de la préparation. Ca renforce une confiance aux entraîneurs quand il y a des titres comme ça.
Quand il n'y a pas de titres, on se dit, c'est la faute des entraîneurs alors que ce n'est pas seulement la faute des entraîneurs. C'est ce qui ce dit. Là, il y a eu trois championnes d'Europe, il y eu cinq ou six médailles donc, pratiquement, carton plein. Ca renforce la confiance en soi et la confiance vers les autres, vers les entraîneurs, vers ceux qui t'entraînent donc, forcément, derrière, on peut demander beaucoup plus aux athlètes parce qu'ils ont confiance.
Il n'y a pas de malaise, il n'y a pas de mésentente entre l'athlète et l'entraîneur parce que c'est difficile, je suis en train de m'en apercevoir. Quand j'étais athlète, je ne m'en rendais pas compte.
Mais, aujourd'hui, je me rends compte que le métier est difficile et que j'aurais dû être moins sévère avec mes entraîneurs mais, bon, il faut passer par là, je crois. Je pense que les championnats d'Europe, cela va faire du bien pour les Jeux.

Est-ce que cela a beaucoup changé par rapport à la préparation que vous avez vécu ? Est-ce que c'est plus physique, plus technique ? Est-ce que l'approche est plus scientifique ?

A un moment, quand j'étais au bord du tatami et que je n'étais pas encore avec les entraîneurs nationaux, je me disais que c'était très physique. Et, là, j'ai l'impression qu'il y a un réel retour à la technique. Tout ça parce qu'Yves Delvingt a mis en place une cellule de réflexion dans laquelle on a planché.
Il a mis en place beaucoup de technique. Il y a des plages horaires techniques. A partir de là, tout s'est déclenché. Puis, aujourd'hui, les filles ont les moyens physiques, ont la condition physique et, en plus, ce sont des filles qui font du judo, qui sont très techniques.
Donc, elles ont une palette qui est très diversifiée. Cette palette va les servir car, à des moments, soit il faudra être physique et faire que du physique, et, puis, à un moment, elles pourront faire de la technique parce que l'a personne en face permettra de faire du judo.
Il me semble qu'elles ont vraiment un gros potentiel, du physique et beaucoup de technique, beaucoup de technique pour ces Françaises qui vont partir aux Jeux.

Et le judo, a-t-il changé en huit ans ?

Il y a une réflexion qui s'est faite en plus. On se sert des expériences passées pour pouvoir évoluer. C'est peut-être ce qui a la force du judo français féminin qui est très bien revenu sur les Championnats d'Europe. Il y a une équipe d'entraîneurs qui s'entend bien. On réfléchit.
On n'est parfois pas d'accord sur certains points de vue. Cela ne remet pas du tout en question l'esprit d'équipe. Cela fait simplement évoluer les choses. Et, comme cela se passe actuellement. En fait, je craignais un petit peu parce que j'étais qu'avec des mecs. Et, puis, finalement, cela se passe très bien et j'en suis ravie. Ca évolue très bien.

Et la préparation ?

Par rapport à celles que j'ai vécues, on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de similitudes parce qu'on s'aperçoit que les athlètes sont prêts, sont fixés sur leur objectif. Alors, ça monte progressivement. Actuellement, on s'aperçoit que les fillesÂ…. Il faut que ça arrive ! Elles sont presque prêtes, elles sont sur les dents, elles sont vite énervées. Il faut que l'objectif arrive.
Ca, c'est ce que j'ai vécu il y a huit ans maintenant. Je pense qu'elles sont relativement sereines parce qu'il y a eu une grosse préparation, qu'il n'y a pas eu de gros pépins. Elles ont vraiment écouté les consignes, fait les entraînements comme il fallait. Ce qui fait, je pense, qu'elles devraient être sereines. Elles devraient avoir confiance en elles.
Il n'y a pas eu de filles qui ont fait défaut à la préparation. Elles ont vraiment fait ce qu'il fallait. Je pense qu'il faut qu'elles abordent la compétition en disant : bon, l'entraînement est derrière. J'ai fait ce qu'il fallait. Maintenant, aujourd'hui, si je suis battu, c'est par quelqu'un de plus fort. Il n'y a vraiment eu aucune fille qui a triché.
Il y a une très, très bonne ambiance au sein de l'équipe féminine. C'est peut-être une différence par rapport à mon époque. Là, on sent vraiment un esprit d'équipe. L'équipe est très soudée et ça, c'est très important. Quant il y en avait une qui fléchissait physiquement, il y en avait une autre qui, hop, derrière boostait. C'est peut-être un plus par rapport à ma préparation.

Comment jugez-vous Laëtitia Tignola ?

C'est une fille que je connais bien puisque, quand j'étais athlète, j'ai eu l'occasion de me confronter à plusieurs reprises avec elle, notamment à l'entraînement et, puis, en compétition puisqu'en fin de carrière, juste après les Jeux, je suis montée de catégorie (j'étais en moins de 52 kg). J'ai eu l'occasion de la rencontrer au Championnat de France et au Tournoi de Paris.
Déjà là, on sentait que ça commençait à monter en puissance. C'est une fille qui a un énorme, énorme potentiel. Il est en train de péter en ce moment parce qu'elle est performante. On lui a fait confiance pour les Championnats d'Europe. Elle a été championne d'Europe. Ca couvait. Elle s'est blessée. C'est Marie-Claire qui l'a remplacée donc, après, elle est complètement effacée.
Mais, déjà, à cette époque, elle était archi-forte. Aujourd'hui, je ne suis absolument pas surprise du retour de Laëtitia parce que, déjà à l'époque où je l'ai rencontrée, elle avait un énorme potentiel. C'est une fille qui a beaucoup de judo, beaucoup, beaucoup de judo. Elle a d'énormes qualités physiques et qui, à mon sens, est assez autonome. C'est une fille qui bosse toute seule. On peut tourner le dos, on sait qu'elle bosse. Je l'ai rarement vu avec des baisses de régime. Elle est tranquille. Elle sait ce qu'elle veut. J'espère que ces Jeux vont s'annoncer de très belle manière pour elle.




 
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