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Quel est l'objectif du judo français
à Sydney?
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| Quatre à cinq médailles,
ce serait bien. Il y a eu six médailles à
Atlanta où on avait fait un super résultat.
Donc, s'il y a quatre à cinq médailles avec
une médaille d'or, ce serait parfait.
| C'est
difficile de réaliser deux gros événements dans
une saison sportive, donc des championnats
d'Europe réussis et les Jeux.
| C'est un pari
audacieux. Je me rappelle qu'en 1992, donc
avant les Jeux olympiques de Barcelone, les
filles avaient raté le championnat d'Europe
et avaient superbes aux Jeux. Et, inversement,
les garçons qui avaient réussi les championnats
d'Europe n'avaient pas raté les Jeux
mais avaient été moins bons.
| Donc attention à ça. Il ne
faut pas que les filles se laissent embarquer
par un état euphorique et retomber de haut - ce
serait dommage - aux Jeux. Donc, c'est ce
qu'on essaie de faire.
| Maintenant qui sera, des
deux équipes, les mieux aux Jeux ? Moi,
j'espère que les deux seront bien, tout
simplement.
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Quelles sont les qualités de Larbi
Benboudaoud ?
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| Larbi sait déjà tout
parce qu'il est plusieurs fois champion
d'Europe, champion du monde. C'est
déjà un gros, gros palmarès du judo français.
Donc, lui, ce mental de champion, toutes ces
qualités, il les a.
| Il faut que cela encore un petit peu,
au moins jusqu'à Sydney - il n'y a pas
de raison - pour qu'il puisse encore
s'exprimer et qu'il obtienne un titre
de champion olympique. S
| a grande force, c'est
d'abord un gros mental qui ne doute jamais.
Il aime la compétition. Il y a des gens comme ça
qui se transcendent, qui aiment le défi, qui
aiment le combat. Lui, il adore ça. C'est
sa grande force.
| Il a aussi cette particularité de -
on l'appelle le chat - rarement tomber.
Quand il est en mauvaise posture en l'air,
il arrive toujours à se rattraper et faire en
sorte de ne pas prendre d'avantage. Ca
aussi, c'est son gros point fort.
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Comment trouvez-vous David Douillet ?
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| Sur David Douillet David est en
train de se refaire une seconde jeunesse. Il a
eu tous ces pépins que l'on connaît. Il y a
un mois, il a été faire un tournoi enfin sans
avoir de difficultés physiques, en disputant
cinq combats.
| Il a retrouvé un moral de jeune et,
de jour en jour, ça s'améliore. Est-ce que
ce sera bien pour Sydney ? On verra. Ce sera
peut-être un peu juste. On ne sait pas encore.
Mais il est dans un état euphorique et, quand on
a à faire à des grands champions comme ça, ils
nous surprennent parfois. Ils sont hors normes.
| Alors,
pourquoi pas une surprise avec lui à Sydney ?
C'est certainement son plus gros défi parce
qu'il a huit ans de carrière derrière lui,
il a de multiples médailles
d'or.
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Compte tenu des circonstances, c'est
certainement le pari le plus difficile à
relever.
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Quel est votre regard sur l'équipe de
France féminine ?
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| Il y a toujours une part
de doute. D'abord, nous sommes dans un
sport où ne mesure pas les performances des
athlètes. Ce n'est pas du 100 m, ce
n'est pas de l'haltérophilie. On
pourrait dire : aujourd'hui, tu vaux tant.
Il y a une notion un peu subjective.
| Cela dit,
l'état d'esprit est superbe. Cette
équipe de France féminine qui avait fait un
très, très beau championnat d'Europe il y a
quatre mois, semble toujours être sur cette
lancée euphorique d'un état d'esprit
conquérant.
| Cette nouvelle génération,
puisqu'il y a des filles comme Barbara
Harel, Laëtitia Tignola entre autres qui sont
toutes nouvelles, a l'air de bien assumer
cette responsabilité d'être aux Jeux
olympiques.
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Et cette équipe de France masculine ?
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| C'est une équipe un
peu plus expérimentée avec Djamel Bouras,
Stéphane Traineau, David Douillet. C'est
donc une équipe de vieux briscards.
| C'est une équipe qui
a besoin de revanche parce que, c'est vrai,
cette année, elle a été moyenne au niveau des
performances par rapport aux filles, notamment
aux championnats du monde et championnats
d'Europe.
| On sent que cette équipe expérimentée
a envie de prouver quelque chose, a envie de
prouver qu'elle n'est pas finie et
qu'elle peut encore faire de belles
choses.
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| Avez-vous
noté une évolution du judo depuis votre
arrêt en 1992 ?
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| Comme beaucoup de
disciplines sportives, il y a une énorme
évolution, d'abord au nombre de pays qui
pratiquent. Il y aura 90 pays aux Jeux. On sera
le quatrième sport au nombre de pays
participants malgré le système de quotas.
| Maintenant,
on ne va plus aux Jeux de son plein gré. Donc,
une concurrence internationale qui n'a fait
que s'accentuer, qui est farouche. Ca,
c'est nouveau. Un judo qui va plus vite,
qui est plus dynamique, qui est plus puissant.
| Moi, je ne
dirais pas que c'est l'avant-guerre
mais j'ai arrêté il y a huit ans et ce
n'est plus la même chose. C'est plus
technique.
| Plus vite, plus intensif, pas plus
technique. Un peu plus technique parce que
l'arbitrage, maintenant, favorise un peu
plus le jeu d'attaque donc c'est un
peu plus technique.
| Mais c'est surtout beaucoup plus
intensif, beaucoup plus physique. Cela va
beaucoup plus vite. C'est les qualités
physiques qui ont, avant tout, évolué. Par
rapport à l'état d'esprit que vous
avez connu en équipe de FranceÂ… C'est le
même.
| Vous savez, quand on veut comparer
les champions d'hier et
d'aujourd'huiÂ… Un champion d'il y
a trente ans avait un super état d'esprit
que l'on retrouve aujourd'hui.
Là-dessus, je ne crois pas qu'il y ait eu
beaucoup d'évolution.
| C'est celui qui a le
plus envie, celui qui est capable de se
transcender dans les grands rendez-vous, celui
qui fait preuve d'un gros tempérament. Ca,
c'était valable il y a vingt ans.
C'est encore valable aujourd'hui. Je
crois que l'état d'esprit n'a pas
beaucoup évolué.
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Que pensez-vous de Laëtitia Tignola ?
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| Elle
possède de grosses capacités physiques. On le
sait. Il y a quatre - cinq ans, elle devait
faire les Championnats du monde mais elle
s'est blessée et elle ne les a pas fait.
Marie-Claire Restoux a su sauter sur
l'occasion pour faire une superbe carrière.
| Laëtitia est très
puissante. Elle sait faire beaucoup de choses
techniquement. Ca, c'est son point fort.
Elle a un mental qui a eu parfois des hauts et
des bas notamment suite à cette blessure. Mais
elle s'est accrochée. La preuve en est que,
cinq ans après, elle n'a pas lâché le
morceau et elle va disputer les Jeux. Elle a
beaucoup progressé psychologiquement ces
derniers temps, notamment au Championnat
d'Europe parce que sa qualification passait
au moins par un bon résultat à ce championnat.
Elle l'a gagné. Donc elle a prouvé, ces
derniers temps, - et c'est ça la nouveauté
- qu'elle a su se forger un mental de
championne. Maintenant, on verra aux Jeux de
Sydney ce que cela donne pour le résultat final.
Mais c'est vrai que c'était
d'abord un physique et des qualités
techniques et, puis, -vous savez, les champions,
il faut être bon dans tous les domaines - la
petite touche psychologique est apparue ces
dernières années.
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