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    Judo 
  L'EQUIPE du 27 août 2000 



Les filles dans la douleur (27.08.2000)

La "Bonn" préparation (14.08.2000)

Tignola sue, Restoux aussi (12.08.2000)

Canu : "prêts le jour J" (10.06.2000)

Une équipe en or (22.05.2000)

Ouf ! Despezelle (22.05.2000)

Et maintenant les Jeux (22.05.2000)

Au bonheur des dames (21.05.2000)

La déception Bouras (19.05.2000)

La chance de Tignola (19.05.2000)

L'explosion Demontfaucon (18.05.2000)

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 Les filles dans la douleur...

De la fatigue, des bobos, de l'énervement, mais aussi quelques enseignements : la dernière compétition avant les Jeux, hier à Brétigny-sur-Orge, aura permis de faire le point.

UNE grande baie vitrée avec vue imprenable sur le parking ; des tribunes un peu garnies ; deux tatamis de compétition avec chaises d'arbitres, tables de chronométrage et tableaux électroniques. Dans les haut-parleurs du dojo de Brétigny-sur-Orge, le CD Dreamland, de Robert Miles, résonne de tous ses décibels et on s'y croirait. D'entrée, les partenaires qui ont accepté de jouer le jeu de cette « vraie-fausse compétition » ­ certaines se multipliant sur deux catégories, ont disputé jusqu'à sept combats, contre trois, quatre ou cinq aux titulaires ! ­, s'en donnent à coeur joie. Harel est la première « victime » de la matinée. Face à la pourtant modeste Bonnard, elle ne trouve pas son rythme habituel. La pile est déchargée, fatiguée, et Barbara remonte trop tard un yuko de retard. La décision va à son adversaire. La championne d'Europe, furieuse et vexée, s'en va aussitôt exorciser sa déception en coulisses. Si Cicot, un temps menacée par Telle, une mi-lourde, s'en sort finalement dans la dernière minute, c'est ensuite au tour de Nichilo-Rosso de mordre la paille de riz. Barberio, championne d'Europe juniors 1998, joue cette fois le rôle de bourreau ­ c'est le cas de le dire, car Sarah prend trois coups de tête dans l'oeil gauche, gardant ainsi un souvenir pour quelques jours ­, grâce à un waza-ari en contre généreusement accordé par les arbitres. De quoi rendre la Grenobloise encore un peu plus énervée pour le reste de la journée ! Comme Tignola, victime d'une angine descendue sur les bronches, s'essouffle vite, comme Vandenhende se ressent de son épaule gauche, et que Rambault et Cicot sont mises en échec par Morlot (vainqueur shido) et Marguerite (ippon), on se dit que l'équipe de France olympique n'est pas au mieux... Seule Lebrun poursuit sans encombre, sans douleur, mais sans réel panache non plus. « Ce n'est pas étonnant, analyse l'un des entraîneurs, Patrick Rosso. On sent que l'événement arrive. C'est une compétition qui n'en est pas vraiment une pour elles. À trois semaines des Jeux, elles ont davantage envie d'être peinardes. » Mais là, pas question de se planquer. Car les adversaires, elles, n'ont que ce rendez-vous pour tenter de briller. Et on verra davantage les Marie, Moulin, Merle, Decosse, Bisseni, Marguerite, Baton, Restoux que les titulaires pour l'Australie. « J'ai eu du mal à m'y mettre, explique Nichilo-Rosso. Je n'avais plus de repères, j'étais incapable de poser mes mains. Du coup, au moindre truc qui n'allait pas, je me suis énervée. Enfin, ce qui est positif, c'est que j'ai su me ressaisir. » Et elles le feront toutes, gagnant ensuite tous leurs affrontements, mis à part Harel qui perdra une nouvelle fois, face à Petit. Mais seule Cicot ne retient à la fin que du « négatif » de ce mini-tournoi, sûrement à cause de son échec face à sa seule véritable adversaire, la remplaçante de la catégorie : Marguerite. « Si nous en étions restés sur le début de la compétition, déclare Yves Delvingt, le patron des Bleues, cela aurait été inquiétant. Heureusement, elles sont remontées par la suite. Les réservistes ont été très bonnes, ce qui ne remet pas en cause la préparation puisqu'elles l'ont suivie aussi. Non, simplement, les titulaires étaient plus stressées, avec de la pression, de la tension sur elles. Mais cette compétition a correspondu exactement à ce que l'on voulait. » « Il faut lever le pied maintenant, reprend Rosso. La préparation s'est terminée ici. Il reste vingt et un jours avant que la première combattante ne débute. On va faire des séances courtes, intensives, à thèmes. » « Il faut faire du jus ! » conclut Delvingt. De cette énergie dont leurs adversaires d'un jour avaient à revendre. Car à Sydney, dans trois semaines, les étrangères auront tout autant envie de « manger » les petites Françaises. Les Bleues devront alors sortir leurs crocs, pour de bon, sans rien lâcher, du début jusqu'à la fin.

François PEISSON




 
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