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| | Les filles dans la douleur... |
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De la fatigue, des bobos, de
l'énervement, mais aussi quelques
enseignements : la dernière compétition
avant les Jeux, hier à Brétigny-sur-Orge,
aura permis de faire le point.
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| UNE grande baie vitrée
avec vue imprenable sur le parking ; des
tribunes un peu garnies ; deux tatamis de
compétition avec chaises d'arbitres, tables
de chronométrage et tableaux électroniques. Dans
les haut-parleurs du dojo de Brétigny-sur-Orge,
le CD Dreamland, de Robert Miles, résonne de
tous ses décibels et on s'y croirait.
D'entrée, les partenaires qui ont accepté
de jouer le jeu de cette « vraie-fausse
compétition » certaines se multipliant sur
deux catégories, ont disputé jusqu'à sept
combats, contre trois, quatre ou cinq aux
titulaires ! , s'en donnent à coeur joie.
Harel est la première « victime » de la matinée.
Face à la pourtant modeste Bonnard, elle ne
trouve pas son rythme habituel. La pile est
déchargée, fatiguée, et Barbara remonte trop
tard un yuko de retard. La décision va à son
adversaire. La championne d'Europe,
furieuse et vexée, s'en va aussitôt
exorciser sa déception en coulisses. Si Cicot,
un temps menacée par Telle, une mi-lourde,
s'en sort finalement dans la dernière
minute, c'est ensuite au tour de
Nichilo-Rosso de mordre la paille de riz.
Barberio, championne d'Europe juniors 1998,
joue cette fois le rôle de bourreau c'est
le cas de le dire, car Sarah prend trois coups
de tête dans l'oeil gauche, gardant ainsi
un souvenir pour quelques jours , grâce à un
waza-ari en contre généreusement accordé par les
arbitres. De quoi rendre la Grenobloise encore
un peu plus énervée pour le reste de la journée
! Comme Tignola, victime d'une angine
descendue sur les bronches, s'essouffle
vite, comme Vandenhende se ressent de son épaule
gauche, et que Rambault et Cicot sont mises en
échec par Morlot (vainqueur shido) et Marguerite
(ippon), on se dit que l'équipe de France
olympique n'est pas au mieux... Seule
Lebrun poursuit sans encombre, sans douleur,
mais sans réel panache non plus. « Ce n'est
pas étonnant, analyse l'un des entraîneurs,
Patrick Rosso. On sent que l'événement
arrive. C'est une compétition qui n'en
est pas vraiment une pour elles. À trois
semaines des Jeux, elles ont davantage envie
d'être peinardes. » Mais là, pas question
de se planquer. Car les adversaires, elles,
n'ont que ce rendez-vous pour tenter de
briller. Et on verra davantage les Marie,
Moulin, Merle, Decosse, Bisseni, Marguerite,
Baton, Restoux que les titulaires pour
l'Australie. « J'ai eu du mal à
m'y mettre, explique Nichilo-Rosso. Je
n'avais plus de repères, j'étais
incapable de poser mes mains. Du coup, au
moindre truc qui n'allait pas, je me suis
énervée. Enfin, ce qui est positif, c'est
que j'ai su me ressaisir. » Et elles le
feront toutes, gagnant ensuite tous leurs
affrontements, mis à part Harel qui perdra une
nouvelle fois, face à Petit. Mais seule Cicot ne
retient à la fin que du « négatif » de ce
mini-tournoi, sûrement à cause de son échec face
à sa seule véritable adversaire, la remplaçante
de la catégorie : Marguerite. « Si nous en
étions restés sur le début de la compétition,
déclare Yves Delvingt, le patron des Bleues,
cela aurait été inquiétant. Heureusement, elles
sont remontées par la suite. Les réservistes ont
été très bonnes, ce qui ne remet pas en cause la
préparation puisqu'elles l'ont suivie
aussi. Non, simplement, les titulaires étaient
plus stressées, avec de la pression, de la
tension sur elles. Mais cette compétition a
correspondu exactement à ce que l'on
voulait. » « Il faut lever le pied maintenant,
reprend Rosso. La préparation s'est
terminée ici. Il reste vingt et un jours avant
que la première combattante ne débute. On va
faire des séances courtes, intensives, à thèmes.
» « Il faut faire du jus ! » conclut Delvingt.
De cette énergie dont leurs adversaires
d'un jour avaient à revendre. Car à Sydney,
dans trois semaines, les étrangères auront tout
autant envie de « manger » les petites
Françaises. Les Bleues devront alors sortir
leurs crocs, pour de bon, sans rien lâcher, du
début jusqu'à la fin.
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François PEISSON
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