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   David Douillet
 
 
  L'EQUIPE du 29 février 2000





Douillet : "je vais être fort" (15.08.2000)

David Douillet donne rendez-vous (13.08.2000)

Douillet, le test (12.08.2000)

Les "vacances "de M. Douillet (08.08.2000)

Son dernier défi (16.05.2000)

Douillet ménage son dos (11.05.2000)

La vie sans Douillet (07.10.1999)

Yamashita : "c'est dommage" (05.10.1999)


Revoilà Douillet !

Après plus de deux mois loin des tatamis pour cause de blessure au dos, le quadruple champion du monde a de nouveau endossé, hier, la tenue du judoka. Il a passé le test sans souffrir et a désormais 200 jours pour essayer de redevenir champion olympique.

IL est entré dans le dojo de France de l'INSEP, hier, à 15 h 35, un judogi bleu rutilant sur le dos. « J'ai une telle crève que je me suis endormi après déjeuner ! Mais bon, je voulais venir aujourd'hui, même pour une petite heure. » A deux cents jours du début des Jeux Olympiques de Sydney et le jour du deuxième anniversaire de son petit Mattéo, la symbolique était forte. Alors, malgré le rhume refilé par ce même Mattéo et quitte à arriver en retard ­ ce qui n'a surpris personne ! ­, David Douillet n'entendait pas manquer son officielle séance de reprise. Il a commencé tranquille, par une bonne dizaine de minutes d'échauffement, étirements au sol et debout, pompes... « Je suis obligé de démarrer tout doucement », explique-t-il, presque pour s'excuser de ce « retard » supplémentaire infligé à ses observateurs. La « machine » est désormais longue à se remettre en marche. Il est à peine 16 heures et Olivier Mélicine, un mi-lourd à peine sorti des juniors, est désigné sparring-partner volontaire. Les deux coaches Laurent Del Colombo et René Rambier, tout en surveillant l'entraînement qui bat son plein au coeur du hall, ont un oeil qui traîne souvent du côté des deux hommes. « Je me fais engueuler » On démarre par une série d'uchi-komi, des répétitions de mouvements sans opposition réelle ni projection, des actions toutes effectuées de face, sans jamais tourner le dos. Ce dos qu'il est encore bon de ménager un certain temps... Douillet enchaîne des séries de vingt o-uchi-gari ou o-soto-gari non terminés. Ce sont deux de ses mouvements préférés, des grands fauchages avec la jambe, par l'intérieur ou l'extérieur. Son haut du corps semble tout de suite très bien placé, même s'il ne s'agit que de gentils amusements par rapport à la compétition. Progressivement, les mouvements se font plus amples, les déplacements plus rapides. Et très vite, à peine dix minutes plus tard, on sent l'homme pressé... Douillet est fébrile, il a envie de faire tomber, mais il se retient, pour ne pas provoquer les foudres de ses entraîneurs. Son judo se durcit, il soulève son partenaire, se penche et commence à tourner. Une perle de sueur pend au-dessous de son nez, il s'essuie régulièrement la figure. Le rythme s'accélère. Un petit coup d'oeil à la pendule et, à 16 h 13 exactement, David craque... Il lance uchi-mata dans le dos de son partenaire, en montant assez violemment la jambe. Mélicine frappe le sol et Laurent Del Colombo, alerté par le bruit, tourne la tête et s'écrie aussitôt, mimant avec les mains : « Ooooh ! doucement David ! » Un peu plus tard, ce sera au tour de Rambier de le reprendre. Douillet multiplie les projections sans opposition et, parfois, au lieu de rester bien de face sur o-soto-gari, il tourne le dos et tente harai-goshi ou uchi-mata. « O-soto ! crie Rambier. Ne tourne pas le dos... » Alors, il s'arrête, souffle un peu, s'hydrate et reprend des séries toutes simples, comme au début. « C'est vrai, ça donne envie de tourner le dos très fort, mais je me fais engueuler... Je dois faire attention à la fatigue, au relâchement, ne pas tomber dans le piège de l'euphorie. » Son sparring-partner, Olivier Mélicine, avouera plus tard : « C'est impressionnant de travailler avec lui. Il récupère bien, même s'il avait un peu de mal lorsque j'attaquais. Mais nous n'étions pas là pour forcer. » A 16 h 50, David Douillet salue son partenaire d'un jour et décide d'en rester là. Une heure durant, son sourire retrouvé et ses envies de gamin pour lancer des actions ont rassuré l'assemblée. Douillet a enfin retrouvé le bonheur de fouler les tatamis. Et ça, c'était plus important que tout.

François PEISSON




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