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    David Douillet 
  L'EQUIPE du 15 août 2000 


L'Allemand Möller a battu David Douillet lors du tournoi de Bonn (photo L'EQUIPE)


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Douillet, le test (12.08.2000)

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 Douillet : « Je vais être fort ! »

Le champion olympique et quadruple champion du monde a repris contact avec la compétition après quinze mois d'absence, le week-end dernier, en Allemagne. S'il n'a pas gagné, il a en revanche beaucoup appris sur ce qu'il lui reste à travailler d'ici les Jeux. Entretien avec celui qui donne désormais rendez-vous le 22 septembre à Sydney.

DAVID DOUILLET est rentré de Bonn dimanche matin, direction le stage de Boulouris, le dos intact et l'esprit rassuré. En une journée et cinq combats, dont un perdu face à Möller, sur une action tentée et réalisée plus rapidement par l'Allemand, il en a plus appris qu'en quelques semaines de stage. Il sait désormais concrètement qu'il est sur la bonne voie, avec seulement des détails à mettre au point, des réglages à parfaire. Il a également rassuré beaucoup de monde, à commencer par tous ceux qui se demandaient s'il était encore capable d'enchaîner les combats en compétition. Dans trente-huit jours, sauf pépin de dernière minute, il enfilera son kimono pour tenter de conserver son titre olympique. Pour en arriver là, Douillet sera passé par tous les stades, physiques et psychologiques, du plus bas au presque très haut. C'est un Douillet décontracté, affable, volubile qui a retracé avec nous ses mois de galère, fait le point sur le travail encore à accomplir, évoqué sa reprise et le plaisir retrouvé, pesté contre ceux qui l'ont trop vite jugé fini, parlé technique, tactique.

« David, avec un peu de recul, quels ont été les vrais points positifs et négatifs de votre prestation au tournoi de Bonn, samedi dernier ?

­ Ce qui m'a vraiment emballé, c'est la précision, l'impact de mes attaques, l'efficacité. Mon manque de déplacement m'a moins plu, mais je le savais déjà avant de venir. Et cela implique un manque de situations difficiles pour l'adversaire. La prise de garde doit également être plus confiante, la saisie n'est pas encore assez nette, ferme. Et puis, dès que j'ai ma meilleure garde, je dois attaquer aussitôt, sans réfléchir. À Bonn, je n'y suis pas parvenu et on a vu le résultat avec Möller. (Douillet a perdu par ippon face au sélectionné olympique allemand, vice-champion du monde 1995.)

­ Pourquoi avez-vous trop attendu ?

­ En fait, j'ai été surpris de prendre ma garde aussi facilement avec lui. J'ai pris la manche et je me suis retrouvé là, tout étonné. Trop tard ! Il faut que systématiquement, dans le millième de seconde qui suit ma prise de garde, j'attaque. Ça doit redevenir un automatisme. ­ Il faut donc faire abstraction de l'adversaire, parce que là vous avez été surpris d'être aussi facilement placé face à un tel judoka. ­ Tout à fait. L'autre doit être “transparent”. Il ne faut pas que cela soit réfléchi. Ça doit devenir de l'instinct.

­ Mais ces automatismes, les avez-vous perdus ?

­ Non, non, on ne les perd pas. Ils sont toujours en moi, mais il faut les retravailler pour qu'ils resurgissent à la surface. Samedi, je me suis aperçu que mon judo était toujours performant. Et pour qu'il soit très performant, il suffit de régler des petits points techniques.

­ Mais maintenant il n'y a plus de compétition, uniquement de l'entraînement. Vous sera-t-il possible de les retrouver ?

­ Oui, complètement ! J'en suis sûr. Parce que l'on peut travailler avec des thèmes. Déjà, j'ai vérifié l'efficacité à Bonn de certains automatismes que je n'avais pas lors du stage d'Aix-en-Provence (fin juillet). Par exemple, placer mes mains aux bons endroits, lancer le mouvement dans le temps, pour marquer ippon derrière. Dans le temps, ça veut dire au moment où l'on a placé les mains. Le corps de l'adversaire prend une telle position que si on lance dans la bonne cadence, on marque ippon. C'est ce qui s'est passé lors de mes trois premiers combats à Bonn. À Aix, cela n'existait pas

­ À un moment, la nécessité de tout devoir relancer vous a-t-elle inquiété ?

­ Je dirais oui et non. Oui, parce que c'est beaucoup de travail. Non, car j'assimile très vite. Ça revient très rapidement. Pour accomplir ce que j'ai fait à Bonn, en toute modestie, il nous a fallu seulement deux grosses séances de technique. C'est peu. Ces trucs, je les ai déjà faits, ils sont acquis. Il suffit de les dépoussiérer pour qu'ils reviennent. Donc, ça va très, très vite. ­ Cela exclut malheureusement toute possibilité de créer autre chose... ­ Oui, ce n'est pas possible. Mais j'irais même plus loin, la longue coupure n'est pas uniquement en cause. Lorsque vous avez vingt-deux, vingt-trois ans, que vous êtes jeune senior, votre judo est déjà fait. C'est extrêmement difficile d'apprendre un autre mouvement et d'en faire un spécial. Si on n'a pas la variété technique à cet âge-là, on ne l'aura jamais.

­ Aujourd'hui, avez-vous l'impression de vous redécouvrir tel que vous étiez en 1993, 1995 ? C'est le même judo ?

­ Non, car si le judo ne varie pas dans les techniques, il diffère dans la manière d'amener ces mêmes techniques, dans les prises de garde, dans les enchaînements de fausses attaques pour amener ces techniques. Le judo se modifie. ­ Quelques blessures, on pense à celle du poignet, vous ont aussi obligé à modifier certaines prises de garde. Vous ne pouvez plus, de la même façon, placer votre bras droit dans le dos de l'adversaire... ­ Si, mais il faut qu'il soit dans l'axe. Cela n'a pas beaucoup influé sur mon judo, ça l'a modifié légèrement. Mais je tiens toujours aussi fort...

­ Avez-vous l'impression qu'à Bonn on vous a ôté un énorme poids ?

­ Non, pas un énorme poids. Mais c'est rassurant, c'est vrai... Franchement, le matin, lorsque j'ai mis les pieds sur le tapis, ce n'était pas du tout comme s'il y avait eu quinze mois. Plutôt quinze jours. J'ai tout retrouvé tout de suite. Absolument tout. Les habitudes de compétiteur sont revenues immédiatement. Moi, dès que je remets le kimono, ça me calme, ça m'apaise. Je sais que je vais faire le truc que je sais faire, mon job.

­ Est-ce que ça devenait pesant ?

­ De ne pas faire de compétition ? Oui.

­ Avec aussi ce qui va autour ? Les interrogations, les questions ?

­ Ouais... (Hésitant.) Qu'on se pose des questions, je le conçois. Qu'on se demande : est-il toujours performant ? Ceci, cela... c'est normal. Mais que l'on dise : il est cuit, ça, non !

­ Vous ne l'avez pas digéré...

­ Non !

­ Parce que cela venait de la famille judo ou parce que vous aviez l'impression que l'opinion des gens changeait ?

­ Cela venait de la famille judo, mais de la famille éloignée. Pas des coaches, de l'encadrement, des dirigeants, des autres athlètes. Ça venait des “politiques”... C'est usant parce que quand un type n'est pas dans les meilleures conditions, il a besoin de tout sauf de ça. Ça m'a gonflé. C'est un vieux réflexe franco-français d'appuyer un peu plus encore sur la tête d'un gars en mauvaise posture. Ça m'a gavé ! En plus, c'étaient des rumeurs, au même moment (en juin, au début du stage à Vittel), venues de trois ou quatre sources différentes à mes oreilles. Ras le bol !

­ Elles sont surtout tombées au mauvais moment...

­ Oui, car j'avais alors besoin de soutien. Je sortais d'une crise, d'une rechute au dos. J'étais le dos au mur, je flippais. C'était avant le début de la préparation, des stages. J'ai dit à Fabien (Canu) (1) et à René (Rambier) (2) : “Il faut savoir ce que l'on veut ! Donnez-moi un coup de main. Voilà ce qui se passe, ce qui se dit. Faites fermer leur bouche à certains.” Ils ont lancé les appâts et m'ont accordé tout leur soutien. Et je n'ai pas lâché parce que j'ai tellement galéré pour que ce dos aille bien que je n'allais pas craquer là, à cet instant. Et puis pour “Mac” (Jean-Michel Veaudor, son ostéopathe), tous les gens qui m'ont aidé...

­ Ce n'est pourtant pas la période où on vous imagine faible, fragile.

­ Fin mai, j'ai une grosse crise au dos : reprise de stage à Vittel, un peu de judo mais sans trop en faire, beaucoup de kiné. Putain... On est en juin, les Jeux sont en septembre ! Le temps s'écoule, le chrono va trop vite.

­ Avez-vous ressenti, à un moment, un peu de doute au sein de la famille proche, des entraîneurs, des autres judokas ?

­ (Il réfléchit.) Je n'ai eu que des messages d'encouragement de tous les membres de l'équipe de France.

­ Votre statut de “star” qui passe à la télé, qui attire les médias énerve pourtant certains !

­ Oui, je le sens. Certains athlètes en ont ras le bol de voir que dès que l'on parle de judo, c'est Douillet ! Je les comprends, mais d'un autre côté, j'essaye de leur dire que ce n'est pas de ma faute. C'est comme ça. Quelques-uns ont l'impression d'être au même niveau, parce qu'on est sur le tapis ensemble, on porte un kimono pareil... Et en plus, ils se disent : il n'a pas fait de compet depuis quinze mois, il est titulaire pour les Jeux et il n'y en a que pour sa gueule. Mais je leur réponds : je serais très heureux qu'ils se décarcassent comme je me suis décarcassé à gagner autant de titres ! Et à revenir à chaque fois. Il faut comparer ce qui est comparable... Et je le dis en toute objectivité. Ils oublient ça, mon palmarès, et c'est l'essentiel.

­ Justement, le Douillet de l'an 2000 ne passe-t-il pas trop de temps à devoir se justifier d'être là ?

­ Oui, c'est vrai. Un peu comme si je prenais la place de quelqu'un ou que je n'étais pas du niveau pour aller aux Jeux. C'est un peu démoralisant, car je sais que lorsque j'ai le temps pour m'entraîner, pour faire ce que je veux sans être embêté par une blessure, je peux être au top au jour J. C'est une notion que je suis seul à comprendre. Mais pour le faire comprendre aux gens, ce n'est pas facile.

­ Oui, mais pendant quinze mois, les autres judokas ont aussi progressé...

­ C'est vrai. C'est subjectif. Tant que l'on ne s'est pas livré avec les mecs, on ne sait pas vraiment... Mais la perception est purement et simplement technique. Je sais ce qu'il faut faire sur un garçon comme Van der Geest, ou Tmenov, Möller... À partir du moment où on a des solutions techniques, on n'a aucun état d'âme. Je sais ce que je suis capable de faire lorsque j'ai bien travaillé, je connais mes différents points forts. Et quand je vois les types combattre, par rapport à leur garde, à leurs mouvements, je me dis que c'est possible ou pas.

­ Vous avez besoin de combien de temps pour voir ça ?

­ Deux ou trois minutes. Un demi-combat. Ce qu'il faut faire au niveau de la garde pour ne pas qu'il soit fort. À partir du moment où on comprend le système de prise de garde de son adversaire, on va comprendre son système d'attaque. Il faut arriver à désorganiser tout ça chez lui pour organiser son propre système d'attaque.

­ Mais le vôtre, on a dû aussi le comprendre ?

­ Oui, mais j'ai changé des choses, aussi. J'alterne entre de nouvelles prises et les anciennes. C'est vrai que j'ai moins de latitude qu'avant. Mais les quinze mois d'arrêt ont été également bénéfiques à ce niveau. Les mecs m'ont oublié. Ils ne m'ont pas vu travailler, ils ne m'ont pas eu dans les pognes.

­ Est-ce la raison de votre attitude bougonne à Aix, en présence des étrangers ?

­ Oui ! Je déteste voir les entraîneurs scruter mon judo. Une année, c'étaient les Japonais. Cette fois, c'étaient les Néerlandais.

­ D'autant que pendant une préparation, on ne peut pas tricher, cacher des choses.

­ Si ! À Bonn, je n'ai pas tout montré. Il y a une technique que je n'ai pas faite (o-uchi-gari)... Face à Möller, j'aurais continué dans mon axe d'attaque, de travail, pour voir. Je ne voulais pas lui rappeler qui j'étais.

­ Et le podium, à Bonn, ça vous a rappelé...

­ ... des souvenirs ? (Rires.) Quand je suis monté sur la troisième place, même si c'était de la kermesse, ça m'a quand même fait ch... d'être là, sur le 3.

­ Dans le même état d'esprit, à Aix, vous avez marqué ippon aux Perez, Pertelson... Vous vouliez montrer que le “patron” était toujours là ?

­ Oui, je sentais bien que ça louvoyait. Alors j'en ai ciblé deux ou trois ­ Perez, Csösz, Pertelson ­ et je leur ai mis le compte. Mais c'est comme en France, il faut que j'aille les inviter. Ils ne viennent pas d'eux-mêmes. Il y en a qui ne jouent pas le jeu, qui ne montrent rien, qui se planquent. Mais quand on lui montre qu'on a envie d'y aller franchement, le mec y va. Il faut le forcer.

­ Dans le mois et les quelques jours qui restent, la dose de travail est-elle quantifiable ?

­ Oui, totalement. Je sais précisément ce qui m'attend.

­ Ces trente-huit jours, c'est aussi un décompte avant la retraite.

­ Non, je n'ai pas ça dans la tête.

­ Concrètement, que reste-t-il à faire ?

­ J'enclenche sur un travail technique axé sur une prise de garde propre, nette, forte, et un enchaînement de techniques immédiat. Ensuite, beaucoup de déplacements. Je vais travailler avec des mi-lourds, voire des moyens, sans mettre les bras, pour me rendre plus disponible en mobilité. De la prise de garde très forte, aussi, pour verrouiller les mains, comme des étaux. Et travailler à thème sur des gauchers. Il n'y en a pas à l'entraînement, eh bien ! à partir de demain il va y en avoir de nouveaux. (Sourires.) Il va aussi falloir poursuivre l'évolution normale, où l'on transforme l'endurance en résistance, puis la résistance en puissance. Tout cela va intervenir après la première semaine d'entraînement à Paris, fin août, à trois semaines des Jeux. À Bonn, je n'avais pas encore cette fraîcheur. Möller l'avait.

­ Et le mental ? Allez-vous vous endurcir ?

­ Pas tout de suite. Je durcirai l'histoire là-bas. Sans changer mes habitudes. Même si la situation est différente, je suis tout aussi résolu qu'à Atlanta, alors reconquête ou pas... Quand tu sens que tu es fort, tu es fort !

­ Et là ?

­ Je sens que je vais devenir fort... Et on pourra me poser la question à huit jours des Jeux, je sentirai si je suis fort ou pas. Ce sera un état à la fois physique et psychologique. Mais le mental, c'est naturel, ça se fera tout seul.

­ Le physique, il faudra aussi le ménager.

­ Dès que je suis dans un état de fatigue trop avancé, hop ! j'ai le dos qui bloque. C'est l'alarme. Directe. Le lendemain, je suis comme une planche. Ça m'est arrivé à Aix, le dernier jour.

­ Et vous avez peur, à ce moment-là ?

­ Non, je sais pourquoi. Je sais ce qu'il faut faire pour que ça revienne. Durant ce dernier mois, je ferai pareil. J'arrêterai au bon moment. Laurent (Del Colombo) et Marc (Alexandre) (3) le sentent aussi.

­ On est mi-août. Début avril, pensiez-vous en être là aujourd'hui ?

­ Je l'espérais. Mais pas avec toutes les galères que j'ai eues depuis. Cela tient pratiquement du miracle.

­ Le fameux échéancier voulu par Fabien Canu a-t-il été réellement fixé ?

­ Non, mais les choses étaient claires. J'ai dit à l'encadrement : je joue franc jeu avec vous. Si jamais, à un moment ou à un autre, j'ai le moindre doute quant à la suite, je vous le dis tout de suite. Il n'y avait pas de date limite, mais je savais que si je ne pouvais pas faire le stage d'Aix normalement, ce n'était pas la peine.

­ Revenons à votre sélection pour Sydney. Votre bon comportement en juillet, la prestation de Bonn doivent drôlement rassurer le staff. Ont-ils pu douter à un moment ?

­ Oui, ça les a soulagés par rapport à leur choix.

­ Mais ont-ils pensé à un moment : on va nous reprocher d'avoir pris David ?

­ Non, je pense qu'ils sont au-dessus de tout ça.

­ Parce que, aussi, vous étiez seul. Pour Marie-Claire Restoux, la concurrence a joué. Vous n'étiez pas dans une situation de bagarre identique. Jérôme Dreyfus n'est pas champion d'Europe.

­ Mais s'il était devenu champion d'Europe en battant les meilleurs, j'aurais été heureux de lui laisser la place. Sans problème. Sans démagogie. Pas du tout, c'est sincère.

­ Et si vous aviez été remis en vraie concurrence, avec par exemple une médaille de Dreyfus aux derniers Mondiaux ?

­ Ça ne m'aurait pas posé de problème. J'en aurai eu si je n'avais pas tout gagné. Marie-Claire ne va pas aux Jeux parce qu'elle n'est pas la meilleure à ce moment-là. C'est une bonne méthode de fonctionnement. C'est logique, du bon sens.

­ Dans le même cas que Restoux, seriez-vous ressorti en tournoi en concurrence avec Jérôme ?

­ Pas évident... Je ne me suis jamais posé cette question.

­ Sydney, ça vous paraît loin, aujourd'hui ?

­ Non, parce que j'ai du travail encore. Ça me paraît plutôt court... Pas trop, mais court, oui. Du coup, je ne vais pas vraiment m'arrêter entre le stage de Boulouris (qui se termine demain) et celui de l'INSEP (qui démarre le 23 août). Tout en étant vigilant, en écoutant ma fatigue.

­ Passer le dernier jour du judo à Sydney, c'est bien ?

­ Oui, je vais enfin pouvoir défiler !

­ Avec le drapeau de la délégation française, peut-être ?

­ Je ne sais pas... Mais ce serait super. »

Recueilli par Étienne BONAMY et François PEISSON

(1) DTN.
(2) Responsable de l'équipe de France masculine.
(3) Entraîneurs de l'équipe de France masculine.




 
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