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    Inge de Bruijn 
  La Force est en elle 

Inge de Brujin a sidéré la natation mondiale au printemps : 7 records du monde en deux semaines! A Sydney elle a confirmé et étonné le monde entier . Désormais, avec ses records du monde et ses médailles d'or olympiques sur 100 m libre et 100 m papillon, elle domine le sprint mondial. Ses années de doute lui ont donné une énergie rare : l'ancienne dilettante gagne tout à l'énergie.


 Le monumental exploit : 10 records du monde en 5 mois


( Photo L'Equipe )


Le 28 mai 2000, autour du bassin anglais de Sheffield, le monde de la natation reste abasourdi : Inge de Bruijn en moins de trois jours, pulvérise successivement les records du monde du 50 m libre, du 100 m papillon et du 100 m libre. En papillon l'écart est prodigieux : pendant 20 ans, détenu par l'américaine Meagher, il était resté coincé à 57"93. L'Américaine Jenny Thompson l'avait bien amélioré en 1999 ( 57"88), mais la Hollandaise l' amene à 56"69, le descendant de plus d'une seconde!
Hasard ? Pas vraiment : du 20 mai au 10 juin, De Bruijn égale puis bat 2 fois le record du monde du 50 m, 1 fois celui du 100 m, 2 fois celui du 50 m papillon et 1 fois celui du 100 m papillon : 7 records du monde en deux semaines !
Le moins qu'elle pourvait faire, dans la bassin la plus rapide du monde à Sydney, était bien de descendre encore quelques chronos : elle l'a fait. A aucun moment Dara Torres ou Jenny Thompson n'ont pu l'inquiéter. Inge de Bruijn est maintenant seule au monde.


Son Palmares


Istanbul 99 : De Bruijn impose son style violent ( Photo L'Equipe )




" Je me sens irrésistible " : entretien avec Inge de Bruijn
 Le doute

De Ian Thorpe, jeune prodige de 17 ans, l'exploit eût moins surpris. De la belle Hollandaise il suscite l'incrédulité : elle a 27 ans et avant 1998, l'année de sa renaissance, elle n'était qu'une bonne nageuse. Elle fût la dauphine de Catherine Plewinski en 1990 et médaille de bronze à Barcelone, mais elle a ensuite stagné dans les 50 premières mondiales en papillon. Depuis 1998, après deux années d'errance peu consacrées au travail dans les bassins ( "je nageais depuis l'âge de 7 ans, c'était vraiment devenu lassant"), elle explose. Et elle étonne d'autant plus qu'elle bat des records longtemps détenus par des chinoises suspectées de ne pas boire que de l'eau claire ( Le Jingyi sur 100 m libre avec ses 54"01 en 1994 ). Sa rivale, l'Australienne Susie O'Neill, a immédiatement estimé tout cela "suspect". Mais si elle a changé physiquement ( elle se dit "aussi musclée qu'un homme" et elle est plus sèche ) Inge De Bruijn n'est pas un monstre comme certaines nageuses du passé : 1m78 pour 60 kilos ce n'est pas forcément impressionnant. Alors il faut bien penser qu'elle est une nageuse exceptionnelle. Et toute façon, elle a subi sept controles antidopages à peu près même moment que sa série de records.



 De l'énergie brute

Son incroyable série de records du monde ( 10 en 5 mois ! ) tient d'abord selon son entraineur américain Paul Bergen a un entrainement hors norme. Inge De Bruijn soulève de la fonte, elle court beaucoup, elle grimpe à la corde inlassablement, elle fait des heures de medecine ball. Elle a changé : celle qui fut exclue de l'équipe olympique hollandaise en 1996 pour cause de dillettantisme, elle est devenue une furieuse de la musculation. Sa nage s'en ressent peut être un peu : toute en force. Elle n'est pas un styliste, en crawl surtout où si elle a considérablement changé son style avec des bras très tendus, ceux ci continuent à cogner furieusement l'eau . Sa force c'est son punch. Ainsi à l'entrainement elle excelle dans le "negative split" ( le retour plus rapide que l'aller ).
Ensuite, si elle avoue volontiers avoir eu quelques petits périodes de créatine, elle dit le plus grand bien de sa combinaison. Elle en a testé à l'entraînement plus de 300 combinées avec 20 maillots différents. Gain de temps, selon elle : entre 4 et 6 dixièmes de seconde par 25 mètres.
Enfin, peut être, une profonde réforme de la politique néerlandaise en matière de natation. Elle s'entraine aux Etats Unis, mais elle fait partie d'une fédération qui après avoir touché le fond aux JO de Barcelone a bouleversé son encadrement, refait toute la politique d'entrainement, injecté énormément d'argent et décidé de suivre et de pousser ses nageurs; cela, elle en bénéficie aussi. Aux Championnats d'Europe d'Istanbul cette politique avait donné tous ses fruits, en révélant Pieter Van Den Hoogenband.



 Le doute est fini

A Sydney elle peut avoir les 3 médailles d'or qu'elle convoite : 50 et 100 m libres et 100 m papillon.. D'autant qu'elle semble très forte dans sa tête. Les Jeux sont une compétition spéciale et elle a le mental pour et une confiance incroyable en elle. A 27 ans elle sait pourquoi elle nage et elle y prend plaisir : ses deux années de doute l'on renforcé. Elle n'est pas la seule dans son cas : de Popov à Esposito en passant par elle ou Torres, les "vieux" semblent très forts en l'an 2000.


 
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