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Complicité sur le podium entre Nemov et Varonian (Photo AFP)






























Lire le portrait d'Eric Poujade










Eric Poujade (cheval d'arçons) et Benjamin Varonian (barre fixe) ont offert à la France deux médailles d'argent. Du jamais vu ! Les deux jeunes hommes entrent dans l'histoire de la gymnastique française.

 Varonian en argent

Vingt-quatre heures après Eric Poujade, médaille d'argent au cheval d'arçons, Benjamin Varonian a créé la surprise en gagnant une deuxième médaille d'argent à la barre fixe, lundi, à Sydney.

Le Français, qui avait obtenu seulement la septième note lors des qualifications avec 9,737, a fait cette fois-ci jeu égal avec le Russe Alexei Nemov, médaille d'or du concours général. Les deux hommes, qui ont obtenu la même note, soit 9,787, ont été départagés par le nombre de pénalités infligées par les juges à partir de leur note de départ, qui était de 10 pour tous les deux.

Nemov a obtenu un 9,850 et trois 9,800, ce qui signifie qu'il a été très légèrement moins pénalisé que le Français, crédité de quatre 9,800. "Me retrouver à côté de Nemov sur le podium, c'était comme dans un rêve", a déclaré Varonian, qui avait envisagé d'abandonner la gymnastique en 1998, avant... de devenir champion d'Europe juniors aux barres parallèles, à Saint-Pétersbourg. Né le 15 juin 1980, Benjamin Varonian (1,66 mètre et 63 kilos) s'entraîne depuis sept ans à Antibes.

Gymnaste complet, il passe pour un garçon très perfectionniste. "J'ai fait un petit raté aux parallèles pendant les qualifications, sinon j'aurais été en finale à cet appareil. Mais je n'aurais pas eu de médaille là, car c'est un appareil moins aléatoire que la fixe. Quand j'ai vu que ceux qui étaient passés avant moi avaient fait pas mal d'erreurs, j'espérais me rapprocher du podium. Je ne sais pas ce qui m'arrive. La compétition s'est bien passée, malgré mon stress avant de commencer. Mais je n'ai pas craqué. Cette médaille, je vais l'encadrer. En 1998, j'ai eu un passage à vide et j'ai pensé arrêter la gym. Je ne suis pas mécontent de ne pas l'avoir fait. Nemov, je le regardais à la télé quand il était à Atlanta, en 1996. Me retrouver à ses côtés sur le podium ici, je rêve!" , a-t-il analysé. De l'avis général, son copain Florent Maree, qui avait gagné le concours général et la barre fixe à Saint-Pétesbourg, est meilleur que lui à cet appareil où il vient de décrocher la lune. "Il aurait dû lui aussi entrer en finale et doit avoir un peu d'amertume", a-t-il regretté.

 Poujade aussi

Dimanche, la médaille d'argent gagnée par Eric Poujade (28 ans, 1,74 mètre et 60 kilos) dans la finale olympique du cheval d'arçons, avait lancé la France sur d'excellentes bases.

Avant Poujade, Henri Boerio avait gagné une médaille de bronze à la barre fixe, en 1976, à Montréal, et Philippe Vatuone également une médaille de bronze au sol, en 1984, à Los Angeles. Poujade, qui avait obtenu 9,787 lors des qualifications, n'était pas avantagé en passant le premier. C'est-à-dire à la place du concurrent qui donne la note de base.

Néanmoins, bien que manquant très légèrement de fluidité entre les mouvements en ciseaux et ceux en balancier, il fit nettement mieux avec 9,825. Trois des six juges lui attribuèrent même 9,850.

Tout de suite après lui passait le Roumain Marius Urzica, sa "bête noire", qui l'avait déjà battu pour le titre aux championnats du monde de Brisbane (Australie), en 1994, et encore récemment à Brême (Allemagne), lors des derniers championnats d'Europe. Il fut impressionnant, notamment en effectuant des ciseaux très hauts avec retournement, et obtint 9,862, deux juges lui attribuant 9,900.

"Je voulais terminer ma carrière sur quelque chose de grand. J'ai su que j'avais fait un très bon exercice, mais je n'étais pas avantagé en passant en premier. Dans vice-champion olympique, il y a olympique", a déclaré Poujade, que le vainqueur du concours général, le Russe Alexei Nemov, fut le premier à féliciter.

Jusqu'en 1924, c'est-à-dire aux temps héroïques de la gymnastique, la France avait gagné neuf médailles, dont une d'or, la seule et unique, en 1900, à Paris, avec Gustave Sandras.


 
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