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    Fabien Canu 
  L'EQUIPE du 10 juin 2000 




Les filles dans la douleur (27.08.2000)

La "Bonn" préparation (14.08.2000)

Tignola sue, Restoux aussi (12.08.2000)

Canu : "prêts le jour J" (10.06.2000)

Une équipe en or (22.05.2000)

Ouf ! Despezelle (22.05.2000)

Et maintenant les Jeux (22.05.2000)

Au bonheur des dames (21.05.2000)

La déception Bouras (19.05.2000)

La chance de Tignola (19.05.2000)

L'explosion Demontfaucon (18.05.2000)

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 Canu: «Prêts le jourJ»

Les équipes de France entament, ces jours-ci, leur préparation pour les Jeux. Elles ont trois mois pour peaufiner le physique et se forger un moral. Pour le DTN Fabien Canu, l'important, c'est l'état d'esprit que chacun mettra pour gagner à Sydney. État des lieux.

«FABIEN CANU, les stages de préparation des équipes de France démarrent. À trois mois des Jeux, il était temps de ne plus penser qu'à ça...

­ On entame en effet une longue préparation, mais, à la différence d'Atlanta, il y a quatre ans, les Jeux de Sydney sont encore loin. En 1996, on avait enchaîné Championnats d'Europe et Jeux, quelques semaines plus tard. Là, nous aurons tous le temps de bien travailler.

­ Aujourd'hui, on revient à plus de calme. C'était loin d'être le cas après l'annonce de la sélection pour Sydney, le 23 mai, qui écartait Marie-Claire Restoux, championne olympique des – 52 kg...

­ Hormis le cas Marie-Claire, qui a pris des proportions par sa réaction négative, ça s'est très bien passé, parce que les athlètes se sont sélectionnés eux-mêmes par leurs perfs.

­ Marie-Claire Restoux s'est beaucoup expliquée par voie de presse sur sa non-sélection. A contrario, on vous a peu entendu depuis. Cette affaire vous posait problème ?

­ C'est un problème qui est devenu une affaire. Dès le début, elle s'est mal engagée pour Marie-Claire. Ce début remonte à ma décision d'écarter un entraîneur de l'équipe féminine (*), en fin d'année dernière. Sa réaction m'a fortement surpris. Quand on me dit : “ Je fais les Jeux Olympiques avec untel, sinon je ne les fais pas ”, c'est du chantage. Inadmissible. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose de changé chez elle. Ensuite, elle a mis du temps pour comprendre qu'elle se trompait de combat, qu'elle devait se concentrer sur l'essentiel, le judo.

 « Dans le même bateau »

­ Au bout du compte, une telle affaire pourrait amener à penser que, dans le judo français, il vaut mieux la fermer ?

­ Ce qui me blesse dans cette histoire, c'est qu'on puisse croire que celui ou celle qui l'ouvre, on le dégomme. C'est faux. Nous sommes tellement soucieux de ce côté image, éthique du sport, c'est notre fonds de commerce. On sélectionne sur les mêmes critères depuis des dizaines d'années. Personne n'a une place acquise, tout le monde est remis en question. Aujourd'hui, dans sa catégorie, sportivement, celle qui a le plus de chances d'être sur un podium olympique, c'est Laetitia Tignola.

­ Après des propos très durs sur vous et Yves Delvingt, l'entraîneur responsable de l'équipe féminine, elle a finalement accepté d'être remplaçante, de travailler avec ses “ ennemis ” . Vous n'avez rien dit ?

­ Je ne voulais pas qu'on tombe dans le jeu de la réponse à chaud. Et puis, ses propos étaient bourrés de contradictions. Elle a accepté le principe de la sélection comme remplaçante, c'est très bien pour tout le monde. Je reste persuadé qu'avec Marie-Claire, on en reparlera. Maintenant, place aux Jeux.

­ Les équipes de France n'abordent pas cette préparation dans les mêmes dispositions. Les filles ont brillé aux derniers Championnats d'Europe, alors que les garçons ont déçu...

­ Dans l'équipe féminine, la dynamique est lancée, il faut la faire vivre, mais elles doivent vite oublier le succès des Championnats d'Europe. Ce serait un piège. C'est plutôt bien d'avoir plus de trois mois pour passer à autre chose. Chez les garçons, on est encore en manque de confiance et de sérénité, ça se sent. L'équipe se cherche.

­ Comment réagir ? En élargissant le groupe d'entraîneurs de l'équipe masculine ?

­ Je vais m'investir beaucoup sur la préparation. Comme entraîneur.

­ Est-ce le rôle du DTN ?

­ Je pense être capable d'amener quelque chose, d'aider l'encadrement et les athlètes à retrouver la sérénité. C'est déjà arrivé, dans le passé, qu'un DTN vienne regonfler le moral des troupes. Je serai présent à partir de juillet, dès le premier stage à Aix-en-Provence jusqu'aux Jeux, à 90 % avec l'encadrement. René Rambier reste le responsable des entraîneurs, le coordinateur. Je ne viens pas pour le mettre sur la touche, mais pour les aider à entraîner des athlètes. Ça fait un entraîneur de plus.

­ Votre présence s'explique-t-elle par les critiques sur le manque de proximité dans le travail auprès de quelques athlètes ?

­ On ne fait pas de distinguo. Ce serait ne pas mettre les gens en confiance. Il est faux de croire qu'on s'est moins occupé de Despezelle, Kheder ou Demontfaucon. Ensuite, il y a l'affectif. Très important. Larbi Benboudaoud, Djamel Bouras, Stéphane Traineau ou David Douillet sont des anciens de l'équipe de France, avec des habitudes de fonctionnement. Avec Despezelle, Kheder et Demontfaucon, l'affinité n'est pas encore la même, tout simplement parce qu'ils arrivent. C'est vrai qu'on a tendance à nouer une relation plus forte avec ceux avec qui on a déjà vécu des moments intenses, mais il ne faut pas que ce soit démesuré, ni que les autres puissent se sentir délaissés. J'y veillerai. Nous sommes dans le même bateau jusqu'aux Jeux.

 « Un échéancier pour Douillet »

­ Le cas de David Douillet s'inscrit à part...

­ Il est parti avec toute l'équipe à Vittel, il va pouvoir s'entraîner sérieusement. À partir de là, on pourra se prononcer, planifier jusqu'aux Jeux, voir jusqu'à quand c'est jouable pour la date limite d'un retour. Pour David, nous fixerons un échéancier auquel il faudra se tenir. Mais on va déjà attendre son retour sur un tapis de judo, après trois semaines d'arrêt. Je n'oublie pas qu'avant les nouvelles douleurs dorsales, début mai, tout se passait bien à l'entraînement pendant deux mois.

­ Si on compare avec la période précédant les Mondiaux à Birmingham, eux aussi au début de l'automne comme les Jeux, il y a des similitudes. Mais que trouvera-t-on de nouveau dans la préparation ?

­ Il y aura davantage de judo, et les stages seront plus durs. Mais le plus important, dans le haut niveau, c'est l'état d'esprit. Il faut éviter de gamberger. Quand on aborde un grand Championnat et qu'on se sent sur un nuage, on est capable de faire face à toutes les situations. Et, le jour J, on est présent, on existe. À la limite, que les athlètes ne se préoccupent pas du plan d'entraînement, de ce qui se fait techniquement, etc. C'est le défaut actuel. Ils n'ont à penser qu'au jour de compétition.

­ Ils peuvent avoir légitimement des questions fondées...

­ Bien sûr. On discute, après c'est terminé.

­ En gros, c'est : “ Faites-nous confiance ”...

­ Oui. Encore une fois, le combat n'est pas à mener face aux entraîneurs ou au groupe. L'important, c'est de penser au jour J. À rien d'autre. »

Recueilli par Étienne BONAMY

(*) Christian Dyot, qui coachait, notamment, Restoux en équipe de France depuis plusieurs saisons.




 
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