| | | Ouf, Despezelle ! |
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Battu par décision,
l'Orléanais a dû se contenter de la
médaille d'argent. Une déception
d'un côté, une satisfaction de
l'autre, après les résultats bien
pauvres des messieurs.
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D'un de nos envoyés spéciaux à Wroclaw
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Karim BEN-ISMAÏL
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| DES larmes de rage, des
grincements de frustration, mais certainement
pas de reproches ni de regrets. Tout au long de
la compétition, Éric Despezelle (25 ans) a
rappelé ses potentialités et surtout insufflé
son attitude résolument conquérante au reste du
groupe France. Seul finaliste masculin, il
portait tous les reliquats d'espoirs
d'un groupe qui n'a cessé
d'accumuler les déceptions tout au long du
week-end. Mais les juges en ont décidé
autrement, accordant la décision (deux drapeaux
contre un) à l'Azéri Elchin Ismaylov, âgé
seulement de dix-sept ans et peu connu sur le
circuit. Despezelle, lui, savait à quoi
s'en tenir. Non sélectionné lors des
derniers Championnats du monde, il s'était
rendu à ses frais à Birmingham afin de consigner
sur un carnet fétiche tous les faits et gestes
de ses concurrents, dont Ismaylov, battu au
premier tour par le Japonais Kazuhiko Tokuno. Il
avait notamment noté l'importance de se
tenir à distance face à cet adversaire dangereux
en corps à corps. Hier, il y est fort bien
parvenu, grâce à un bras droit très fort en
kumikata. Opportuniste, il tentera même par
trois fois de placer son yoko-tomoe-nage. A la
mi-combat, manifestant des signes
d'épuisement, l'Azéri grapillera de
précieuses secondes en renouant par trois fois
sa ceinture. Il écopera d'un shido, mais
reviendra au score en marquant un koka suite à
un dangereux osae-komi (immobilisation), sur
laquelle il faudra onze secondes à un « Cricket
» transformé en couleuvre pour s'échapper.
Visiblement impressionnés par une tentative
d'uchi-mata contrée, suite à laquelle les
deux adversaires tomberont sur le flanc, les
juges accorderont la victoire à l'Azéri. «
Il a perdu sur les intentions d'actions
alors qu'il était supérieur en rythme et en
vaillance », jugera son pote Ferrid Kheder.
Précédemment, durant tous ses combats, Eric
Despezelles avait impressionné par sa
combativité et sa propension à imposer son
rythme survolté : d'abord au champion en
titre, l'Espagnol Oscar Penas (battu sur
décision au premier tour), puis au Néerlandais
Martijn Van Oostrum (battu par waza-ari sur un
o-uchi-gari en contre), à l'Anglais John
Buchanan (par deux yukos) et enfin au Géorgien
Nestor Khergiani, champion d'Europe en 1998
à Oviedo (battu keikoku). « Il a un système
d'attaque hors pair, explique François
Fournier, son entraîneur à l'US Orléans.
Même quand on le croit moins offensif, il tire,
pousse, écarte, crée des espaces, épuise ou
étouffeÂ… » Septième l'an passé à
Bratislava, il a aujourd'hui franchi un
palier comme le rappelle le judoka Christophe
Massina, son beau-frère dans la vie : « Éric
m'a donné des larmes aux yeux. Il a
décroché le quota et la sélection olympique, est
arrivé en finale, a battu les plus forts. Si on
refaisait la finale demain, ou qu'on
changeait les arbitres, il aurait très bien pu
gagnerÂ… » Dernière expiration de René Rambier,
entraîneur en chef des messieurs : « Éric a été
constamment vaillant, a essayé de réaliser des
mouvements de judo mais ça n'a pas payé
alors qu'en face, l'adversaire se
contentait de ramassements de jambes.
Apparemment, on a la scoumoune ! »
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