| | CHAMPIONNATS D'EUROPE |
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|  | | Et maintenant les Jeux |  |
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L'équipe de France a bouclé son
séjour polonais avec deux titres
supplémentaires (Harel en – 57 kg et
Tignola en – 52 kg), grâce encore aux
filles. Au total, les Bleus ont récolté
huit médailles en Pologne. Demain, on
connaîtra la sélection pour Sydney.
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| D'un de
nos envoyés spéciaux à Wroclaw (Pologne)
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Étienne BONAMY
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| C'EST un petit coin
bleu, à quelques mètres du tapis où se déroule
la dernière finale de ces Championnats
d'Europe. Côte à côte, Bouras, Lebrun,
Rambault, Lemaire ou Del Colombo, et encore tout
un rayon de survêtements tricolores, miment le
combat, hurlent, poussent avec le plus léger
d'entre eux, Éric Despezelle (– 60 kg).
Tous l'espèrent à quelques secondes de son
premier titre européen. Il lui faut emporter la
décision des trois arbitres.
| Elle ira à son adversaire,
le junior azerbaïdjanais Ismaylov. Coup de
blues. Au même endroit, dans la même communion,
un quart d'heure plus tôt, on avait
applaudi, on s'était embrassé après les
succès consécutifs de Barbara Harel et Laetitia
Tignola. Gens qui rient et gens qui pleurent, ce
sont l'émotion et le bilan de quatre jours
de championnats.
| Le dernier rendez-vous international
avant les Jeux. Au-delà de cette limite, les
tickets pour Sydney sont désormais valables.
Cette ultime journée a résumé les doutes et les
espoirs du camp français. Le bilan qui séduit,
d'abord. L'équipe de France, sacrée
meilleure nation européenne, a totalisé huit
médailles à Wroclaw, soit deux de plus que
l'an dernier en Slovaquie. Elle a empoché
trois titres, un de moins qu'en mai
1999.
| Le
bilan qui compte, ensuite. Les Françaises ont
apporté six des huit breloques (3 or, 1 argent,
2 bronze) dans la comptabilité et trois titres
contre deux l'an passé. En revanche, les
messieurs de l'équipe de France sont en
déficit. Après les titres de Traineau et
Benboudaoud à Bratislava, cette fois, ils ne
sont apparus que dans une seule finale grâce à
Éric Despezelle.
| Le courage de l'Orléanais,
vainqueur du Géorgien Kerghiani en finale de
tableau, a évité, de justesse, le zéro pointé.
Cela aurait constitué une première depuisÂ… 1951
et la création des Championnats d'Europe à
Paris. On y ajoute le bronze de Ferrid Kheder et
l'addition ne fait pas très riche.
| Dans cette
dynamique de la défaite, tout s'est souvent
joué de peu pour eux. Dreyfus (+ 100 kg), menant
d'un koka, se fait disqualifier à quatre
secondes du terme du combat. Kheder, de son
propre aveu « gère le combat pendant
4'54''», et se fait surprendre
par le Portugais Almeida, futur champion
d'Europe.
| Mais il traîne comme « un manque de
peps, résume Canu, il y a eu de la malchance,
mais ce n'est pas dû qu'au hasard ». «
Je suis très, très déçu par ces championnats,
admet René Rambier, le responsable des
entraîneurs, mais je suis persuadé que nous
avons une très bonne équipe pour les Jeux. Chez
les hommes, on est un peu plus individualiste,
c'est un point à régler en vue des Jeux. Il
faut aussi que chaque athlète respecte
l'encadrement et les autres athlètes.
| On décide
et, après, on ne discute plus. » Il va falloir
sonder le mal. Il faut choisir les quatorze
La dynamique de la performance, c'est
l'atout de l'équipe de France
féminine. Yves Delvingt, le responsable des
entraîneurs de ce groupe, en a presque pleuré de
joie.
| Dans l'encadrement, qui compte
pratiquement deux fois plus de personnes que
chez les messieurs (c'est un plus), on
parle « complémentarité, proximité et solidarité
». « Il n'y a jamais eu de peur »,
sourit-il. L'insolence de Harel bousculant
la Néerlandaise Gal, troisième mondiale, ou la
patience de Tignola allant au bout pour être à
la hauteur de son défi, en témoignent.
| Elles ont
marqué des points. Même la déception passagère
de la troisième place de Sarah Nichilo-Rosso se
dissout dans ce bain de jouvence. Demain matin,
au siège de la fédération, à Paris, le comité de
sélection se réunira. Autour de Fabien Canu, le
DTN, siègeront tous les entraîneurs, mais aussi
Michel Vial, le président de la fédération, et
même Didier Rousseau, le médecin.
| Quelques heures plus tard,
il devrait en sortir une liste (définitive ?) de
quatorze titulaires qui sera communiquée à la
commission de haut niveau du CNOSF pour
validation. Le bon comportement de ces dames à
Wroclaw va animer en priorité le débat,
notamment dans les catégories – 52 kg et – 57
kg. Le paradoxe, c'est que la richesse du
judo féminin amène des choix
cruciaux.
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La réussite de Tignola, préférée pour ce
championnat à Restoux, la championne olympique
titulaire depuis 1995, ou celle de Harel,
suppléant la semaine dernière Baton blessée au
nez, valaient la grosse côte. « Quelque part, ça
nous complique la tâche, reconnaît le DTN, même
si on les savait toutes les deux très
fortes.
| Nous
avions imaginé ce scénario mais,
aujourd'hui, il faut le voir pour le
croire. » Bien avant ce rendez-vous, tout va
être disséqué, pesé, jugé. Chez les garçons,
Ferrid Kheder (– 73 kg) a ravalé sa « déception
» d'une médaille de bronze et efface déjà
le doute sur le choix du titulaire de sa
catégorie, où peuvent encore prétendre Gagliano
et Massina.
| « Je serai avec toute ma hargne le 18
septembre à Sydney. Ce Championnat d'Europe
n'était qu'une étape, si je suis
champion olympique tout rentrera dans
l'ordre. » Avant il faudra choisir. Et
vite. La tentation d'éluder quelques jours
les cas difficiles ne devrait pas résister au
débat, demain.
| Il est même illusoire de penser à en
renvoyer quelques uns dans un improbable tournoi
de second ordre. Les entraîneurs veulent leur
groupe complet pour démarrer la préparation à la
mi-juin par un premier stage. Alors la sélection
pourrait bien être très proche de celle-ci, avec
Despezelle, Benboudaoud, Kheder, Bouras,
Demontfaucon, Traineau et Douillet chez les
messieurs, et Nichilo-Rosso, Tignola, Harel,
Vandenhende, Rambault, Lebrun et Cicot chez les
dames. On sera fixé demain.
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