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   Championnats d'Europe
 
 
  L'EQUIPE du 22 mai 2000




Canu : "prêts le jour J" (10.06.2000)

Au bonheur des dames (21.05.2000)

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CHAMPIONNATS D'EUROPE


Et maintenant les Jeux

L'équipe de France a bouclé son séjour polonais avec deux titres supplémentaires (Harel en – 57 kg et Tignola en – 52 kg), grâce encore aux filles. Au total, les Bleus ont récolté huit médailles en Pologne. Demain, on connaîtra la sélection pour Sydney.

D'un de nos envoyés spéciaux à Wroclaw (Pologne)
Étienne BONAMY

C'EST un petit coin bleu, à quelques mètres du tapis où se déroule la dernière finale de ces Championnats d'Europe. Côte à côte, Bouras, Lebrun, Rambault, Lemaire ou Del Colombo, et encore tout un rayon de survêtements tricolores, miment le combat, hurlent, poussent avec le plus léger d'entre eux, Éric Despezelle (– 60 kg). Tous l'espèrent à quelques secondes de son premier titre européen. Il lui faut emporter la décision des trois arbitres.
Elle ira à son adversaire, le junior azerbaïdjanais Ismaylov. Coup de blues. Au même endroit, dans la même communion, un quart d'heure plus tôt, on avait applaudi, on s'était embrassé après les succès consécutifs de Barbara Harel et Laetitia Tignola. Gens qui rient et gens qui pleurent, ce sont l'émotion et le bilan de quatre jours de championnats.
Le dernier rendez-vous international avant les Jeux. Au-delà de cette limite, les tickets pour Sydney sont désormais valables. Cette ultime journée a résumé les doutes et les espoirs du camp français. Le bilan qui séduit, d'abord. L'équipe de France, sacrée meilleure nation européenne, a totalisé huit médailles à Wroclaw, soit deux de plus que l'an dernier en Slovaquie. Elle a empoché trois titres, un de moins qu'en mai 1999.
Le bilan qui compte, ensuite. Les Françaises ont apporté six des huit breloques (3 or, 1 argent, 2 bronze) dans la comptabilité et trois titres contre deux l'an passé. En revanche, les messieurs de l'équipe de France sont en déficit. Après les titres de Traineau et Benboudaoud à Bratislava, cette fois, ils ne sont apparus que dans une seule finale grâce à Éric Despezelle.
Le courage de l'Orléanais, vainqueur du Géorgien Kerghiani en finale de tableau, a évité, de justesse, le zéro pointé. Cela aurait constitué une première depuisÂ… 1951 et la création des Championnats d'Europe à Paris. On y ajoute le bronze de Ferrid Kheder et l'addition ne fait pas très riche.
Dans cette dynamique de la défaite, tout s'est souvent joué de peu pour eux. Dreyfus (+ 100 kg), menant d'un koka, se fait disqualifier à quatre secondes du terme du combat. Kheder, de son propre aveu « gère le combat pendant 4'54''», et se fait surprendre par le Portugais Almeida, futur champion d'Europe.
Mais il traîne comme « un manque de peps, résume Canu, il y a eu de la malchance, mais ce n'est pas dû qu'au hasard ». « Je suis très, très déçu par ces championnats, admet René Rambier, le responsable des entraîneurs, mais je suis persuadé que nous avons une très bonne équipe pour les Jeux. Chez les hommes, on est un peu plus individualiste, c'est un point à régler en vue des Jeux. Il faut aussi que chaque athlète respecte l'encadrement et les autres athlètes.
On décide et, après, on ne discute plus. » Il va falloir sonder le mal. Il faut choisir les quatorze La dynamique de la performance, c'est l'atout de l'équipe de France féminine. Yves Delvingt, le responsable des entraîneurs de ce groupe, en a presque pleuré de joie.
Dans l'encadrement, qui compte pratiquement deux fois plus de personnes que chez les messieurs (c'est un plus), on parle « complémentarité, proximité et solidarité ». « Il n'y a jamais eu de peur », sourit-il. L'insolence de Harel bousculant la Néerlandaise Gal, troisième mondiale, ou la patience de Tignola allant au bout pour être à la hauteur de son défi, en témoignent.
Elles ont marqué des points. Même la déception passagère de la troisième place de Sarah Nichilo-Rosso se dissout dans ce bain de jouvence. Demain matin, au siège de la fédération, à Paris, le comité de sélection se réunira. Autour de Fabien Canu, le DTN, siègeront tous les entraîneurs, mais aussi Michel Vial, le président de la fédération, et même Didier Rousseau, le médecin.
Quelques heures plus tard, il devrait en sortir une liste (définitive ?) de quatorze titulaires qui sera communiquée à la commission de haut niveau du CNOSF pour validation. Le bon comportement de ces dames à Wroclaw va animer en priorité le débat, notamment dans les catégories – 52 kg et – 57 kg. Le paradoxe, c'est que la richesse du judo féminin amène des choix cruciaux.
La réussite de Tignola, préférée pour ce championnat à Restoux, la championne olympique titulaire depuis 1995, ou celle de Harel, suppléant la semaine dernière Baton blessée au nez, valaient la grosse côte. « Quelque part, ça nous complique la tâche, reconnaît le DTN, même si on les savait toutes les deux très fortes.
Nous avions imaginé ce scénario mais, aujourd'hui, il faut le voir pour le croire. » Bien avant ce rendez-vous, tout va être disséqué, pesé, jugé. Chez les garçons, Ferrid Kheder (– 73 kg) a ravalé sa « déception » d'une médaille de bronze et efface déjà le doute sur le choix du titulaire de sa catégorie, où peuvent encore prétendre Gagliano et Massina.
« Je serai avec toute ma hargne le 18 septembre à Sydney. Ce Championnat d'Europe n'était qu'une étape, si je suis champion olympique tout rentrera dans l'ordre. » Avant il faudra choisir. Et vite. La tentation d'éluder quelques jours les cas difficiles ne devrait pas résister au débat, demain.
Il est même illusoire de penser à en renvoyer quelques uns dans un improbable tournoi de second ordre. Les entraîneurs veulent leur groupe complet pour démarrer la préparation à la mi-juin par un premier stage. Alors la sélection pourrait bien être très proche de celle-ci, avec Despezelle, Benboudaoud, Kheder, Bouras, Demontfaucon, Traineau et Douillet chez les messieurs, et Nichilo-Rosso, Tignola, Harel, Vandenhende, Rambault, Lebrun et Cicot chez les dames. On sera fixé demain.






  

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