| | CHAMPIONNATS D'EUROPE |
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|  | | Au bonheur des dames |  |
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Un nouveau titre européen pour Lebrun
(– 78 kg) et deux médailles (argent pour
Vandenhende en – 63 kg et bronze pour
Cicot en + 78 kg) sont tombés dans
l'escarcelle d'une équipe de
France féminine en verve. Ils comptent
autant que les quatorze quotas
olympiques obtenus définitivement.
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D'un de nos envoyés spéciaux à
Wroclaw (Pologne)
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Étienne BONAMY
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| LE judo français
attendra ce soir pour dresser un bilan définitif
des derniers Championnats européens du
millénaire, mais au milieu du week-end, Fabien
Canu, le DTN, n'a pu s'empêcher de
faire déjà ses comptes. À côté de
l'énumération des trois podiums féminins de
Céline Lebrun (or), Séverine Vandenhende
(argent) et Christine Cicot (bronze) de
l'après-midi, il a posé son addition.
Juste. Avec l'ultime victoire de Karine
Rambault, en repêchages (– 70 kg) sur la
Portugaise Rodrigues, la France a réalisé, comme
en 1996, le plein de quotas pour les Jeux :
quatorze. « À Atlanta, nous étions la seule
nation, avec le Japon, à aligner des
représentants dans toutes les catégories. On
saura bientôt si les Japonais en font de même.
On pourrait même être le seul pays à venir au
complet », souffle Canu. Avec des si, tout le
monde irait volontiers à Sydney dans quatre
mois. Mais il faut en finir d'abord avec le
week-end à Wroclaw. C'est moins exotique.
Dans ce planning, l'équipe de France
féminine a démontré, hier, une fois de plus,
qu'elle avait amené beaucoup d'envie
en Pologne. L'an dernier, à Bratislava,
elle avait démarré le week-end des finales par
deux titres, dès le samedi, avec Nichilo-Rosso
(en lice aujourd'hui) et Lebrun. Cette
dernière a conservé son bien, hier. Fort
logiquement, l'Orléanaise a dominé la
Britannique Cowen en finale des – 78 kg,
justifiant ainsi, après le bronze du Mondial 99,
qu'elle maîtrisait la situation sur le
continent. Pour voir plus loin, retrouver les
miss Monde asiatiques (la Japonaise Anno,
championne du monde, ou la Chinoise Yin Yufeng,
qui l'a battue en finale de tableau à
Birmingham), il faudra aller à Sydney. Séverine
Vandenhende (– 63 kg) et Christine Cicot (+ 78
kg) possèdent la même envie. La première, dans
un remake de sa finale victorieuse des
Mondiaux à Paris en 1997 contre la Belge
Vandecaveye, a, cette fois, récupéré le rôle de
la perdante. On ne gagne pas à tous les coups,
mais dans l'affaire, Vandenhende a sans
doute récupéré beaucoup de confiance après
plusieurs mois de doutes. Christine Cicot aussi.
La Libournaise, à trente-cinq ans, n'était
plus remontée sur un podium de grand Championnat
depuis 1998, à Oviedo. Elle aura fait le point
en deux jours et quatre matches. On comprend
donc la douce euphorie des entraîneurs français
de cette équipe féminine. Seule la prudence de
jugement, dictée par le programme de cette
journée de dimanche (Nichilo-Rosso, Tignola et
Harel en finale de tableau), a logiquement
modéré les déclarations. Et pourtant les
sourires, la hargne, et la qualité technique du
judo produit par les unes et les autres laissent
penser qu'il se passe quelque chose dans ce
groupe féminin, sept mois après les remaniements
dans l'encadrement, et les arrivées de
Cécile Nowak, Jean-Pierre Decoster et Laurent
Calleja auprès des athlètes. Simple illusion ?
Cette journée de dimanche pourrait bien
confirmer la bonne impression. Le blues des
messieurs On espère qu'elle apportera
aussi le sourire chez les messieurs de
l'équipe de France. Cette journée leur a
paru interminable comme un samedi sans podium.
L'an dernier, à Bratislava, Traineau avait
touché de l'or. Et à Birmingham, aux
Championnats du monde, Benboudaoud avait dominé
la terre entière. Hier, l'équipe a connu un
court-circuit. Dans la foulée des éliminations
de Bouras (jeudi) et Benboudaoud (vendredi), la
blessure survenue à Ghislain Lemaire (– 100 kg)
lors deÂ… l'échauffement a semblé miner un
peu plus le moral du staff technique autour de
René Rambier, déjà dépité par la défaite de son
élève, la veille. Pour chasser les idées
noires, il aurait fallu, par exemple, une autre
décision arbitrale dans le combat pour la
troisième place (– 90 kg) entre Frédéric
Demontfaucon et l'Ukrainien Mashurenko. Le
Bourguignon, déjà battu (ippon) en finale de
tableau par le Néerlandais Huizinga, avait jeté
tout son coeur dans cet ultime raid vers le
podium. En vain. Deux juges, contre un,
l'ont privé de son bonheur. Le contraire
n'aurait rien eu d'anormal. Mais
l'équipe de France masculine n'a pas
su forcer son destin. Elle aura besoin de
davantage de sérénité, et de réussite, pour
mener à bien ses dernières sorties
aujourd'hui. Les candidats au podium
s'appellent Kheder, Despezelle et Dreyfus
et pourraient s'inspirer de quelques
exemples étrangers. Hier, les plus gourmands
ont montré que l'audace payait. Le
Néerlandais Van Der Geest (+ 100 kg) a causé un
vrai cratère dans le tapis en « ipponisant »
Tmenov, le champion d'Europe russe. Sergueï
Aschwanden, le Suisse, dont la seule gloire
était une place de finaliste au dernier tournoi
de Prague, est allé au bout d'une catégorie
(– 81 kg) très tôt privée de ses ténors.
L'Espagnole Ursula Martin, écartant la
Belge Werbrouck et la Britannique Howey, chipe
enfin un titre majeur. Tout est donc toujours
possible.
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