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   Championnats d'Europe
 
 
  L'EQUIPE du 21 mai 2000




Canu : "prêts le jour J" (10.06.2000)

Et maintenant les Jeux (22.05.2000)

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CHAMPIONNATS D'EUROPE


Au bonheur des dames

Un nouveau titre européen pour Lebrun (– 78 kg) et deux médailles (argent pour Vandenhende en – 63 kg et bronze pour Cicot en + 78 kg) sont tombés dans l'escarcelle d'une équipe de France féminine en verve. Ils comptent autant que les quatorze quotas olympiques obtenus définitivement.

D'un de nos envoyés spéciaux à Wroclaw (Pologne)
Étienne BONAMY

LE judo français attendra ce soir pour dresser un bilan définitif des derniers Championnats européens du millénaire, mais au milieu du week-end, Fabien Canu, le DTN, n'a pu s'empêcher de faire déjà ses comptes. À côté de l'énumération des trois podiums féminins de Céline Lebrun (or), Séverine Vandenhende (argent) et Christine Cicot (bronze) de l'après-midi, il a posé son addition. Juste. Avec l'ultime victoire de Karine Rambault, en repêchages (– 70 kg) sur la Portugaise Rodrigues, la France a réalisé, comme en 1996, le plein de quotas pour les Jeux : quatorze. « À Atlanta, nous étions la seule nation, avec le Japon, à aligner des représentants dans toutes les catégories. On saura bientôt si les Japonais en font de même. On pourrait même être le seul pays à venir au complet », souffle Canu. Avec des si, tout le monde irait volontiers à Sydney dans quatre mois. Mais il faut en finir d'abord avec le week-end à Wroclaw. C'est moins exotique. Dans ce planning, l'équipe de France féminine a démontré, hier, une fois de plus, qu'elle avait amené beaucoup d'envie en Pologne. L'an dernier, à Bratislava, elle avait démarré le week-end des finales par deux titres, dès le samedi, avec Nichilo-Rosso (en lice aujourd'hui) et Lebrun. Cette dernière a conservé son bien, hier. Fort logiquement, l'Orléanaise a dominé la Britannique Cowen en finale des – 78 kg, justifiant ainsi, après le bronze du Mondial 99, qu'elle maîtrisait la situation sur le continent. Pour voir plus loin, retrouver les miss Monde asiatiques (la Japonaise Anno, championne du monde, ou la Chinoise Yin Yufeng, qui l'a battue en finale de tableau à Birmingham), il faudra aller à Sydney. Séverine Vandenhende (– 63 kg) et Christine Cicot (+ 78 kg) possèdent la même envie. La première, dans un remake de sa finale ­ victorieuse ­ des Mondiaux à Paris en 1997 contre la Belge Vandecaveye, a, cette fois, récupéré le rôle de la perdante. On ne gagne pas à tous les coups, mais dans l'affaire, Vandenhende a sans doute récupéré beaucoup de confiance après plusieurs mois de doutes. Christine Cicot aussi. La Libournaise, à trente-cinq ans, n'était plus remontée sur un podium de grand Championnat depuis 1998, à Oviedo. Elle aura fait le point en deux jours et quatre matches. On comprend donc la douce euphorie des entraîneurs français de cette équipe féminine. Seule la prudence de jugement, dictée par le programme de cette journée de dimanche (Nichilo-Rosso, Tignola et Harel en finale de tableau), a logiquement modéré les déclarations. Et pourtant les sourires, la hargne, et la qualité technique du judo produit par les unes et les autres laissent penser qu'il se passe quelque chose dans ce groupe féminin, sept mois après les remaniements dans l'encadrement, et les arrivées de Cécile Nowak, Jean-Pierre Decoster et Laurent Calleja auprès des athlètes. Simple illusion ? Cette journée de dimanche pourrait bien confirmer la bonne impression. Le blues des messieurs On espère qu'elle apportera aussi le sourire chez les messieurs de l'équipe de France. Cette journée leur a paru interminable comme un samedi sans podium. L'an dernier, à Bratislava, Traineau avait touché de l'or. Et à Birmingham, aux Championnats du monde, Benboudaoud avait dominé la terre entière. Hier, l'équipe a connu un court-circuit. Dans la foulée des éliminations de Bouras (jeudi) et Benboudaoud (vendredi), la blessure survenue à Ghislain Lemaire (– 100 kg) lors deÂ… l'échauffement a semblé miner un peu plus le moral du staff technique autour de René Rambier, déjà dépité par la défaite de son élève, la veille. Pour chasser les idées noires, il aurait fallu, par exemple, une autre décision arbitrale dans le combat pour la troisième place (– 90 kg) entre Frédéric Demontfaucon et l'Ukrainien Mashurenko. Le Bourguignon, déjà battu (ippon) en finale de tableau par le Néerlandais Huizinga, avait jeté tout son coeur dans cet ultime raid vers le podium. En vain. Deux juges, contre un, l'ont privé de son bonheur. Le contraire n'aurait rien eu d'anormal. Mais l'équipe de France masculine n'a pas su forcer son destin. Elle aura besoin de davantage de sérénité, et de réussite, pour mener à bien ses dernières sorties aujourd'hui. Les candidats au podium s'appellent Kheder, Despezelle et Dreyfus et pourraient s'inspirer de quelques exemples étrangers. Hier, les plus gourmands ont montré que l'audace payait. Le Néerlandais Van Der Geest (+ 100 kg) a causé un vrai cratère dans le tapis en « ipponisant » Tmenov, le champion d'Europe russe. Sergueï Aschwanden, le Suisse, dont la seule gloire était une place de finaliste au dernier tournoi de Prague, est allé au bout d'une catégorie (– 81 kg) très tôt privée de ses ténors. L'Espagnole Ursula Martin, écartant la Belge Werbrouck et la Britannique Howey, chipe enfin un titre majeur. Tout est donc toujours possible.






  

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