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| | La chance de Tignola |
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Titulaire de la catégorie puis
écartée sur blessure en 1995, Laetitia a
vu ensuite sa remplaçante, Marie-Claire
Restoux, engranger les titres. Elle a
enfin l'occasion de briller à son
tour.
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D'un de nos envoyés spéciaux à Wroclaw
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François PEISSON
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| L'HISTOIRE
s'annonçait belle... Elle vire au cauchemar
un jour de juin 1995. Lors du tournoi de La
Havane, en pleine préparation des futurs
Mondiaux à Chiba, Laetitia Tignola, bientôt
vingt-trois ans, récente cinquième des
Championnats d'Europe, se fracture deux
vertèbres cervicales. Opérée, elle remarche,
peut refaire du judo mais n'est plus
titulaire des - 52 kg. Pendant quatre ans et
demi ! Marie-Claire Restoux, non classée aux
Championnats d'Europe 1994, devenue par la
suite sa réserviste, profite en effet pleinement
de la situation en enchaînant les titres :
mondial en 1995 et 1997, olympique en 1996. «
Je n'ai jamais vraiment songé à arrêter,
assure Laetitia, même si ce fut très, très dur
psychologiquement. Il y a eu des moments où
j'en ai eu marre, où j'étais
désespérée, notamment après les Jeux lorsque
j'ai compris qu'il serait difficile de
revenir. Mais je ne voulais pas partir sur un
sentiment d'inachevé, et si je suis là
aujourd'hui c'est parce que je voulais
reprendre ma (sic) place ! J'étais prête. »
Laetitia a longtemps balancé entre le sentiment
d'injustice et la malchance, surtout en
1996 où elle termine deuxième du Tournoi de
Paris, un passage traditionnellement loupé par
sa rivale. « Le bon Dieu n'était pas pour
moi ! », lâche-t-elle simplement, philosophe. Et
elle voit partir sa rivale pour Atlanta...
Perturbée aussi par de gros problèmes familiaux,
il lui a fallu du courage, de l'abnégation
pour persister, remettre indéfiniment le kimono,
disputer des tournois ou des Championnats «
mineurs » (Euro par équipes), avec parfois du
succès, et voir les observateurs uniquement
intéressés par la nouvelle merveille du judo
français : Marie-Claire Restoux. « Nos relations
sont restées bonnes, tempère Tignola. Même si
nous ne sommes pas de grandes copines, on
s'entend bien. » Son seul souci :
qu'on lui laisse au moins une fois sa
chance. L'opportunité est là !
Aujourd'hui, Laetitia est titulaire à
Wroclaw en - 52 kg, pour y disputer ses
deuxièmes Championnats d'Europe. Et elle ne
doit sa place qu'à elle-même, car si
Restoux semble un peu en perte de vitesse ces
derniers temps, c'est surtout Tignola qui
est montée en flèche : deuxième du tournoi de
Munich à la fin février, elle gagne à Rome un
mois plus tard, en battant nettement toutes les
meilleures Européennes et la Cubaine Verdecia. «
Cette année, j'ai voulu mettre tous les
atouts de mon côté, explique t-elle. J'ai
obtenu une convention avec le conseil Général du
Val-de-Marne et je suis donc à cent pour cent
judo. J'ai disputé tous les tournois sans
aucune pression et là, aux Championnats
d'Europe, même s'il y en a forcément
plus, je vais essayer de faire abstraction de
l'enjeu. Je veux tout donner pour ne rien
regretter ensuite. Je voudrais gagner avec la
manière, prouver que c'est moi qui
domine... » Et profiter de cette aubaine pour
montrer qu'elle aussi peut être la judoka
des jours J, pas seulement une bonne athlète en
tournoi.
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