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    Championnats d'Europe 
  L'EQUIPE du 19 mai 2000 



Les filles dans la douleur (27.08.2000)

Tignola sue, Restoux aussi (12.08.2000)

Canu : "prêts le jour J" (10.06.2000)

Restoux hors Jeux (24.05.2000)

Une équipe en or (22.05.2000)

Et maintenant les Jeux (22.05.2000)

Au bonheur des dames (21.05.2000)

Sommaire




 La chance de Tignola

Titulaire de la catégorie puis écartée sur blessure en 1995, Laetitia a vu ensuite sa remplaçante, Marie-Claire Restoux, engranger les titres. Elle a enfin l'occasion de briller à son tour.

D'un de nos envoyés spéciaux à Wroclaw
François PEISSON

L'HISTOIRE s'annonçait belle... Elle vire au cauchemar un jour de juin 1995. Lors du tournoi de La Havane, en pleine préparation des futurs Mondiaux à Chiba, Laetitia Tignola, bientôt vingt-trois ans, récente cinquième des Championnats d'Europe, se fracture deux vertèbres cervicales. Opérée, elle remarche, peut refaire du judo mais n'est plus titulaire des - 52 kg. Pendant quatre ans et demi ! Marie-Claire Restoux, non classée aux Championnats d'Europe 1994, devenue par la suite sa réserviste, profite en effet pleinement de la situation en enchaînant les titres : mondial en 1995 et 1997, olympique en 1996. « Je n'ai jamais vraiment songé à arrêter, assure Laetitia, même si ce fut très, très dur psychologiquement. Il y a eu des moments où j'en ai eu marre, où j'étais désespérée, notamment après les Jeux lorsque j'ai compris qu'il serait difficile de revenir. Mais je ne voulais pas partir sur un sentiment d'inachevé, et si je suis là aujourd'hui c'est parce que je voulais reprendre ma (sic) place ! J'étais prête. » Laetitia a longtemps balancé entre le sentiment d'injustice et la malchance, surtout en 1996 où elle termine deuxième du Tournoi de Paris, un passage traditionnellement loupé par sa rivale. « Le bon Dieu n'était pas pour moi ! », lâche-t-elle simplement, philosophe. Et elle voit partir sa rivale pour Atlanta... Perturbée aussi par de gros problèmes familiaux, il lui a fallu du courage, de l'abnégation pour persister, remettre indéfiniment le kimono, disputer des tournois ou des Championnats « mineurs » (Euro par équipes), avec parfois du succès, et voir les observateurs uniquement intéressés par la nouvelle merveille du judo français : Marie-Claire Restoux. « Nos relations sont restées bonnes, tempère Tignola. Même si nous ne sommes pas de grandes copines, on s'entend bien. » Son seul souci : qu'on lui laisse au moins une fois sa chance. L'opportunité est là ! Aujourd'hui, Laetitia est titulaire à Wroclaw en - 52 kg, pour y disputer ses deuxièmes Championnats d'Europe. Et elle ne doit sa place qu'à elle-même, car si Restoux semble un peu en perte de vitesse ces derniers temps, c'est surtout Tignola qui est montée en flèche : deuxième du tournoi de Munich à la fin février, elle gagne à Rome un mois plus tard, en battant nettement toutes les meilleures Européennes et la Cubaine Verdecia. « Cette année, j'ai voulu mettre tous les atouts de mon côté, explique t-elle. J'ai obtenu une convention avec le conseil Général du Val-de-Marne et je suis donc à cent pour cent judo. J'ai disputé tous les tournois sans aucune pression et là, aux Championnats d'Europe, même s'il y en a forcément plus, je vais essayer de faire abstraction de l'enjeu. Je veux tout donner pour ne rien regretter ensuite. Je voudrais gagner avec la manière, prouver que c'est moi qui domine... » Et profiter de cette aubaine pour montrer qu'elle aussi peut être la judoka des jours J, pas seulement une bonne athlète en tournoi.




 
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