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   Tournoi de Bonn
 
 
  L'EQUIPE du 14 août 2000



Et maintenant les Jeux (22.05.2000)

Au bonheur des dames (21.05.2000)

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TOURNOI DE BONN

La Bonn préparation

Un petit tour en Allemagne pour se rappeler les repères de la compétition et les internationaux sont déjà retournés en stage. Désormais, ils entament la ligne droite vers Sydney.

D'un de nos envoyés spéciaux à Bonn
Étienne BONAMY

ON a frôlé l'incident diplomatique à Bonn, samedi en fin d'après-midi, avec la victoire en finale des moins de 60 kg du Tunisien Makram Ayed. Son succès sur le Britannique Buchanan était anecdotique dans un tournoi situé en milieu de préparation olympique pour nombre de judokas, mais il a plongé les organisateurs dans l'embarras.
En effet, la cantatrice allemande, appelée pour interpréter l'hymne national de chaque vainqueur de catégorie, a calé. Elle ne pouvait chanter les paroles en arabe, et c'est accompagné de la seule partition jouée au piano, que le Tunisien a reçu sa médaille. La nuit porte conseil.
La cantatrice et son pianiste ont bossé leurs impasses, mais, hier dimanche, ils ont donné dans le classique. Avec notamment une Marseillaise gutturale en l'honneur d'une habituée des podiums : Céline Lebrun. Pas de quoi s'éterniser. Deux heures après la finale, toute la délégation féminine tricolore embarquait à l'aéroport de Cologne pour rejoindre Paris puis Marseille et le programme du stage préolympique d'Aix-en-Provence dès ce matin.
À la même heure, Douillet, Dreyfus et Kheder, repartis le matin même de Bonn, dégustaient une séance technique de travail au CREPS de Boulouris, dans le Var. La parenthèse de la compétition n'aura duré qu'un court week-end. Comme prévu. « On était venus pour bouffer du combat, rappelle Fabien Canu, le DTN, se trouver dans une situation de compétition avec des arbitres, de la difficulté, le programme, toutÂ…» Bonn avait la couleur, l'odeur et l'allure d'un vrai tournoi, il y manquait juste l'enjeu, ce dont l'écrasante majorité des participants se moquait.
« Les nerfs vont commencer à souffrir » Exceptée, peut-être, la situation de David Douillet, de retour à la compétition samedi après quinze mois d'absence, personne ne s'est vraiment soucié au sein de l'équipe de France d'analyser telle victoire ou telle défaite. « Une fois repassée par la compétition, on est contentes d'être venues, analyse Laetitia Tignola, fatiguée, comme tant d'autres, avant d'entamer ses quatre combats de la journée, puis souriante et en sueur, parce que (son) épaule a tenu, parce que c'était sans doute dur pour tout le monde, mais ça rassure de faire de la compétition. »
« On y apprend toujours quelque chose, ajoute Karine Rambault, limitée à trois combats seulement. J'en aurais aimé un de plus mais, au moins, j'ai mis en pratique quelques évolutions de travail. Bien sûr, comme compétitrice, on vient pour la gagne, une médaille, mais ce n'est pas grave. » L'essentiel est ailleurs. Dans cinq semaines à Sydney.
Au bout d'une ligne droite où la préparation, désormais, va ressembler à de la mécanique de précision. « Cette compétition a eu l'avantage de rappeler aux athlètes la réalité des combats. Mais maintenant nous entrons dans la phase terminale, projette Canu, on va attacher beaucoup d'importance à l'entraînement proche de la compétition. Il faudra en reproduire l'intensité très souvent, peut-être deux fois par semaine. » Après le fond, c'est dans le détail, dans les réglages, dans la précision que le travail va s'effectuer.
La tête et le mental seront mis à contribution. « On va entamer le travail de vidéo sur les adversaires étrangers, programme Canu. Les athlètes vont devoir acquérir les automatismes. Par exemple, avec Traineau, on doit trouver des solutions face à Inoue.
On va décortiquer le judo du Japonais. On ne relâchera rien. Psychologiquement, ce sera important. Maintenant ce sont les nerfs qui vont commencer à souffrir. » Ce sera toute la tâche des entraîneurs et des judokas ces jours-ci en stage à Boulouris (messieurs) ou Aix-en-Provence (dames) et jusqu'à mercredi.
Ce sera encore plus affiné avec le retour à l'INSEP Vincennes du 23 août aux premiers départs pour Sydney, le 6 septembre. « Jusqu'au dernier jour, on pourra mettre le kimono à l'entraînement, détaille le DTN. Nous allons créer les situations de match. Les filles ont une journée pour cela à Brétigny le 26 août, on fera de même pour les garçons à l'INSEP. »
Un programme de forçats. « Ce sont ceux qui sont fatigués en ce moment qui seront en forme aux Jeux, pronostiquait Patrick Rosso, coach de Céline Lebrun, en quittant le dojo de la Hardtberghalle de Bonn, hier. Dans cinq semaines, dès le 16 septembre, le premier jour des compétitions de judo, les faits pourraient lui donner raison.






  

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