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    Larbi Benboudadoud 
  L'EQUIPE du 10 octobre 1999 




Les championnats d'Europe
Benboudaoud en panne (20.05.2000)
"Je n'étais pas dedans" (20.05.2000)

Les championnats du monde
Benboudaoud vaut de l'or (10.10.1999)
Larbi, l'homme discret (09.10.1999)

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 Larbi est grand

Benboudaoud est devenu, hier soir, le septième champion du monde français de l'histoire. Il sera favori des Jeux dans moins d'un an.

D'un de nos envoyés spéciaux à Birmingham
François PEISSON

IL a tout simplement levé les deux bras en l'air, esquissant presque un début de courbette à l'adresse de ses supporteurs, venus nombreux de Dugny, de la Seine-Saint-Denis ou de l'INSEP. Son geste et les mots adressés ensuite à son fidèle coach, René Rambier ­ " Tu vois ? Champion du monde !" ­ voulaient tous dire la même chose : « Je suis parvenu au but que je m'étais fixé ; j'ai fait mon boulot... » Larbi Benboudaoud est comme ça. Simple, discret. Pas le genre à tendre le poing ou à crier sa rage. Sa victoire, il sait qu'il la doit avant tout au travail, à une volonté acharnée de parvenir à ses fins. On y rajoutera aussi le talent. Sa journée d'hier fut presque limpide dans son déroulé. Seule une douleur récurrente aux côtes a ménagé de manière infinitésimale le suspense. Un choc, il y a une dizaine de jours à l'INSEP, l'obligea à interrompre son travail sur le tapis et à se concentrer uniquement sur une perte de poids « assez facile » . Ce ne sont pas les deux premières formalités, face au Suisse Kesherashvili puis au Lituanien Simenas, moins d'une minute trente en tout et deux ippons, qui sollicitèrent sa blessure. En revanche, l'affrontement contre le Mongol Nyamlkhagva s'annonça plus rude. Et après seulement trente-cinq secondes de combat, l'alerte d'un Larbi au sol, perclu de douleurs, fut bien réelle. « J'ai appelé le médecin pour avoir le temps de faire passer le mal. Ensuite, j'ai fait avec... Face au Mongol, j'ai eu un manque de lucidité. J'ai mal géré ma position, jamais je ne dois prendre une pénalité sur sortie de tapis. » Un chui qui relancera le combat, suivi d'un waza-ari de l'Asiatique revenu alors au niveau du keikoku et du yuko qu'il avait pris en début de combat. La décision revenait cependant logiquement à Benboudaoud, qui avait attaqué tout le temps. « Il est comme ça, déclare René Rambier, toujours sur l'attaque, avec parfois les risques que cela comporte. C'est ce qui m'a tout de suite plu chez lui. Je me rappelle, la première fois que je l'ai vu, c'était en 1994 aux Championnats du monde juniors au Caire. Il a fini septième seulement, mais je me suis dit : « Lui, c'est un grand ! » . Et j'ai commencé à m'en occuper juste après. » Un garçon travailleur C'est dire si Rambier a vécu, hier, une journée « inoubliable » . Car après le Mongol, deux autres combats expédiés en 25 et 56 secondes et une finale de folie face au Turc Ozkan (déjà battu cette année au premier tour des Championnats d'Europe), Larbi est devenu le septième champion du monde français de l'histoire. « C'est la délivrance, jubilait Rambier. Depuis le temps qu'on sait qu'il peut être champion du monde et olympique ! Dès Atlanta, son premier rendez-vous, il aurait du ramener une médaille. Mais bon, je me souviens, là-bas, lors d'une petite fête, on s'était dit tous les deux : « Champion olympique dans quatre ans ! » C'est un très grand champion, un garçon courageux, travailleur. Avant les Mondiaux 1997 à Paris, après une grosse séance physique, il avait voulu faire de la technique. Et à chaque fois, je lui faisais recommencer, recommencer, en lui disant : « C'est la dernière, allez, reprends !» J'attendais, exprès, qu'il craque et il n'est venu me voir qu'au bout de trois quarts d'heure en me disant : « Eh, René, tu me prends pour un c... ou quoi ?» Il en veut tellement... Il a progressé depuis Bercy (Larbi avait perdu en finale contre le Sud-Coréen Kim Hyuk), techniquement et surtout mentalement. Ici il a encore commis deux ou trois petites erreurs, en ne restant pas suffisament dans l'attaque, mais c'est tout. » Sa finale, où il évita de rentrer dans le jeu du Turc, le corps à corps collé, fut à cet égard exemplaire. « C'était mon combat le plus dur, avouera t-il après coup. Il ne fallait pas commettre la moindre erreur, rester très concentré car il est dangereux. » Depuis Atlanta, qui lui « a fait relever la tête » , Benboudaoud n'avait que deux idées en tête : un titre mondial et une médaille d'or aux Jeux. Hier, il s'est placé à mi-parcours de son rêve. « Je suis heureux pour tout ceux qui ont cru en moi, mes amis qui ont pu venir ici et ma famille qui ne pouvait être là. » Ses yeux brillent et en disent plus long que des mots. Hier soir, Larbi Benboudaoud a succédé à Jean-Luc Rougé, Thierry Rey, Bernard Tchoullouyan, Fabien Canu, Stéphane Traineau et David Douillet, le dernier champion du monde masculin en date avant Larbi. Benboudaoud veut d'ailleurs dire « fils de David » en arabe.




 
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