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| | Larbi est grand |
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Benboudaoud est devenu, hier soir, le
septième champion du monde français de
l'histoire. Il sera favori des Jeux
dans moins d'un an.
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D'un de nos envoyés spéciaux à Birmingham
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François PEISSON
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| IL a tout simplement levé
les deux bras en l'air, esquissant presque
un début de courbette à l'adresse de ses
supporteurs, venus nombreux de Dugny, de la
Seine-Saint-Denis ou de l'INSEP. Son geste
et les mots adressés ensuite à son fidèle coach,
René Rambier " Tu vois ? Champion du
monde !" voulaient tous dire la même
chose : « Je suis parvenu au but que je
m'étais fixé ; j'ai fait mon boulot...
» Larbi Benboudaoud est comme ça. Simple,
discret. Pas le genre à tendre le poing ou à
crier sa rage. Sa victoire, il sait qu'il
la doit avant tout au travail, à une volonté
acharnée de parvenir à ses fins. On y rajoutera
aussi le talent. Sa journée d'hier fut
presque limpide dans son déroulé. Seule une
douleur récurrente aux côtes a ménagé de manière
infinitésimale le suspense. Un choc, il y a une
dizaine de jours à l'INSEP, l'obligea
à interrompre son travail sur le tapis et à se
concentrer uniquement sur une perte de poids «
assez facile » . Ce ne sont pas les deux
premières formalités, face au Suisse
Kesherashvili puis au Lituanien Simenas, moins
d'une minute trente en tout et deux ippons,
qui sollicitèrent sa blessure. En revanche,
l'affrontement contre le Mongol Nyamlkhagva
s'annonça plus rude. Et après seulement
trente-cinq secondes de combat, l'alerte
d'un Larbi au sol, perclu de douleurs, fut
bien réelle. « J'ai appelé le médecin pour
avoir le temps de faire passer le mal. Ensuite,
j'ai fait avec... Face au Mongol, j'ai
eu un manque de lucidité. J'ai mal géré ma
position, jamais je ne dois prendre une pénalité
sur sortie de tapis. » Un chui qui relancera le
combat, suivi d'un waza-ari de
l'Asiatique revenu alors au niveau du
keikoku et du yuko qu'il avait pris en
début de combat. La décision revenait cependant
logiquement à Benboudaoud, qui avait attaqué
tout le temps. « Il est comme ça, déclare René
Rambier, toujours sur l'attaque, avec
parfois les risques que cela comporte.
C'est ce qui m'a tout de suite plu
chez lui. Je me rappelle, la première fois que
je l'ai vu, c'était en 1994 aux
Championnats du monde juniors au Caire. Il a
fini septième seulement, mais je me suis dit : «
Lui, c'est un grand ! » . Et j'ai
commencé à m'en occuper juste après. » Un
garçon travailleur C'est dire si Rambier a
vécu, hier, une journée « inoubliable » . Car
après le Mongol, deux autres combats expédiés en
25 et 56 secondes et une finale de folie face au
Turc Ozkan (déjà battu cette année au premier
tour des Championnats d'Europe), Larbi est
devenu le septième champion du monde français de
l'histoire. « C'est la délivrance,
jubilait Rambier. Depuis le temps qu'on
sait qu'il peut être champion du monde et
olympique ! Dès Atlanta, son premier
rendez-vous, il aurait du ramener une médaille.
Mais bon, je me souviens, là-bas, lors
d'une petite fête, on s'était dit tous
les deux : « Champion olympique dans quatre ans
! » C'est un très grand champion, un garçon
courageux, travailleur. Avant les Mondiaux 1997
à Paris, après une grosse séance physique, il
avait voulu faire de la technique. Et à chaque
fois, je lui faisais recommencer, recommencer,
en lui disant : « C'est la dernière, allez,
reprends !» J'attendais, exprès, qu'il
craque et il n'est venu me voir qu'au
bout de trois quarts d'heure en me disant :
« Eh, René, tu me prends pour un c... ou quoi ?»
Il en veut tellement... Il a progressé depuis
Bercy (Larbi avait perdu en finale contre le
Sud-Coréen Kim Hyuk), techniquement et surtout
mentalement. Ici il a encore commis deux ou
trois petites erreurs, en ne restant pas
suffisament dans l'attaque, mais c'est
tout. » Sa finale, où il évita de rentrer dans
le jeu du Turc, le corps à corps collé, fut à
cet égard exemplaire. « C'était mon combat
le plus dur, avouera t-il après coup. Il ne
fallait pas commettre la moindre erreur, rester
très concentré car il est dangereux. » Depuis
Atlanta, qui lui « a fait relever la tête » ,
Benboudaoud n'avait que deux idées en tête
: un titre mondial et une médaille d'or aux
Jeux. Hier, il s'est placé à mi-parcours de
son rêve. « Je suis heureux pour tout ceux qui
ont cru en moi, mes amis qui ont pu venir ici et
ma famille qui ne pouvait être là. » Ses yeux
brillent et en disent plus long que des mots.
Hier soir, Larbi Benboudaoud a succédé à
Jean-Luc Rougé, Thierry Rey, Bernard
Tchoullouyan, Fabien Canu, Stéphane Traineau et
David Douillet, le dernier champion du monde
masculin en date avant Larbi. Benboudaoud veut
d'ailleurs dire « fils de David » en arabe.
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