La première journée de l'heptathlon a bien
démarré pour Eunice Barber, avec un 100 mètres haies proche de
son meilleur niveau (12''97). Mais la dégringolade
cosécutive à un concours du poids raté la place en 7ème position
à la fin de la première journée. Marion Jones a rempli une
partie de son contrat avec la médaille d'or du 100 mètres
(11''75). Chez les messieurs, Maurice Grenne confirme
son statut d'homme le plus rapide du monde en
s'imposant dans un temps canon (9''87), et Wilson
Kipketer doit se rassurer sur son état de forme en séries du 800
mètres. Au javelot, Zelezny remporte son troisième titre
olympique.
Une grosse chance de médaille
française s'est envolée dans le concours de
qualification du lancer du marteau avec
l'élimination de Gilles Dupray. Avec un
maigre lancer à 75,05m alors qu'il était
détenteur cette année de la deuxième performance
mondiale avec 82,38m, Dupray ne s'est
classé que dixième de son groupe, près de deux
mètres derrière le dernier qualifié. Christophe
Epalle étant également éliminé (74,22m), il ne
restera qu'un représentant tricolore en
finale, David Chaussinand, qualifié avec
77,12m.
Dès le 100 mètres haies, Eunice
Barber a rassuré tout son monde sur son état de
forme et ses chances de titre olympique. En
remportant la première épreuve dans un temps
proche de son record personnel (12''97
pour 12''89), la Française a
d'emblée pris l'avantage dans la
compétition, creusant encore un peu l'écart
au saut en hauteur avec une bonne barre à 1,84m.
Au classement provisoire, la Championne du monde
comptait alors 71 points d'avance sur sa
première poursuivante, Natalya Sazanovich, alors
que sa rivale Denise Lewis faisait une mauvaise
opération à la hauteur en restant bloquée à
1,75m.
La situation de Barber est ensuite
devenue très inconfortable après le concours de
poids. L'épreuve qu'elle redoute le
plus, où elle avait pourtant progressé cet été,
l'a fait rétrogader à la huitième place.
Bloquée à 11,27m pendant que Denise Lewis jetait
son poids à 15,55m, la Française accuse
désormais un retard de 173 points sur Natalya
Sazanovich, en tête du concours.
Le 200 mètres, pourtant
couru un peu moins vite qu'elle ne sait le
faire (24''47), a permis à Barber de
remonter d'un cran à l'issue de la
première journée. Son revers au poids, qui remet
en question ses possibilités de médaille
d'or sans les anéantir totalement, devrait
causer des problèmes de sommeil à la Française.
Toutefois, en comptant sur quelques défaillance
de ses adversaires et sur une grosse performance
à la longueur assortie d'un bon résultat au
javelot, Barber pourrait retrouver le rang
qu'elle préfère : le premier.
Record du monde : 7291 points,
Jackie Joyner-Kersee (USA), le 24 septembre 1988
à Séoul.
800 mètres messieurs
Le favori : Wilson Kipketer
(DAN)
Wilson Kipketer a passé sans encombre
le cap des séries en se qualifiant avec un
chrono de 1'45''57, deuxième
temps derrière le Russe Borzakowski
(1'45''39). Son plus dangereux
rival, l'Algérien Djabir Saïd -Guerni,
s'est également qualifié, en
1'47''95. Le rythme devrait
logiquement s'accélérer lors des
demi-finales, qui ne devraient toutefois pas
présenter de danger pour les favoris de
l'épreuve.
Record du monde :
1'41''11, Wilson Kipketer (DAN),
le 24 juin 1997 à Cologne.
Triple saut messieurs
Le favori : Jonhatan Edwards
(GBR)
Le recordman du monde a logiquement
passé l'étape du concours de qualification
avec un triple bond à 17,08m, alors que le
Britannique Onochie Achike remportait le
concours de qualification avec 17,30m. A
surveiller, le Cubain Yoelbi Quesada,
potentiellement dangereux pour Jonhatan Edwards
mais assez discret cette saison, qualifié en
troisième position avec
17''03.
Côté Français, Colomba Fofana a
réalisé une surprenante contre-performance.
Crédité d'un saut à 16,69m cette saison,
Fofana n'est pas allé plus loin que 14,59m
alors qu'une place de finaliste aurait été
accessible à partir de 16,32m.
Record du monde : 18,29m, Jonathan
Edwards (GBR), le 7 août 1995 à
Göteborg.
100 mètres dames
La favorite : Marion Jones
(USA)
Si les demi-finales n'ont
représenté qu'une formalité pour Marion
Jones et Merlene Ottey, l'aventure
olympique s'est arrêtée net pour Christine
Arron, tout au moins en individuel. Après un
départ catastrophique, que la Française n'a
manifestement pas réussi à corriger tout au long
de la saison, Arron avait pris un retard de près
de deux mètres impossible à rattraper malgré une
accélération honorable en deuxième partie de
course. Septième en 11''42, Arron se
concentre désormais sur le relais 4x100m qui
conserve toutes ses chances de
médaille.
La première finale olympique de la
carrière de Marion Jones a ensuite ressemblé
comme deux gouttes d'eau à la majeure
partie des lignes droites qu'elle a survolé
d'une manière impériale cette saison. Pour
donner encore plus d'éclat à sa première
médaille d'or olympique, "MJ"
s'est tout de même permis le luxe
d'améliorer la meilleure performance de
l'année en 10''75 et de laisser
ses adversaires à environ cinq mètres derrière
elle.
La bagarre pour la médaille
d'argent a été en revanche beaucoup plus
serrée avant que la Greque Ekaterini Thanou ne
fasse la différence (11''12). Pour la
dernière marche du podium, c'est la
Jamaicaine Tanya Lawrence qui s'est imposée
pour un centième devant sa compatriote Merlene
Ottey, encore une fois maudite pour ses sixième
Jeux Olympiques.
Pour la première étape de son pari du
siècle, qui semblait aussi la plus aisée,
Marion Jones a pris un départ parfait. Prochain
objectif : le 200 mètres.
Record du monde :
10'49'', Florence
Griffith-Joyner (USA) le 16 juillet 1988 à
Indianapolis.
Saut à la perche dames
La favorite : Stacy Dragila
(USA)
L'Australienne Emma George,
ex-recordwoman du monde de la discipline, est
tombée dans le piège des qualifications.
Impossible d'aller chercher une barre
au-dessus de 4,25m, elle se retrouve exclue de
la finale, où Stacy Dragila s'expliquera
certainement avec Anzhela Balakhonova, Daniela
Bartova et l'autre Australienne, Tatiana
Grigorieva.
Les Françaises Caroline Ammel et
Marie Poissonnier, pour qui c'était le
moment ou jamais de se surpasser, sont toutes
les deux restées bloquées à 4,15m. Insuffisant
pour prétendre à une place de
finaliste.
Record du monde : 4,63m, Stacy
Dragila (USA), le 23 juillet 2000 à
Sacramento.
800 mètres dames
La favorite : Maria Mutola
(MOZ)
L'élimination en séries de la
Tchèque Ludmila Formanova, Championne du monde à
Séville, laisse apparemment la voie libre à
Maria Mutola. Il reste pourtant quelques
demi-fondeuses de talent qui tenteront de se
positionner face à la Mozambicaine, à commencer
par l'Autrichienne Stephanie Graf, meilleur
temps des séries en 1'58''39, et
encore en progrès en demi-finale avec un chrono
de 1'57''57. En revanche, il ne
restera qu'une seule représentante de la
famille Clark, la soeur cadette Hazel, dernière
qualifiée avec un chrono de
1'59''12.
Record du monde :
1'53''28, Jarmila Kratochvílová
(TCH), le 26 juillet 1983 à Münich.
400 mètres dames
La favorite : Cathy Freeman
(AUS)
Sans la concurrence de Marie-José
Pérec, Cathy Freeman s'est offert une
promenade de santé avec le meilleur temps en
séries sans transpirer (50''31), tout
en gardant un oeil intéressé sur les
performances de la Nigérianne Falilat Ogunkoya
(50''49) et de la Britannique
Katherine Merry (50''50).
Record du monde :
47'60'', Marita Koch (RDA), le 6
octobre 1985 à Canberra.
100 mètres messieurs
Le favori : Maurice Greene
(USA)
L'heure de gloire est arrivée
pour Maurice Greene. Champion du monde,
recordman du monde de la distance,
l'Américain est désormais champion
olympique. Sans surprise, le boulet de canon de
Kansas City a devancé tous ses adversaires. Plus
étonnant, et particulièrement avec un vent
défavorable de 0,3 m/s, "MG"
s'est de nouveau rapproché de son record du
monde en courant son 100 mètres en
9''87, un centième de moins que sa
meilleure performance de l'année établie au
meeting de Berlin.
Pour la médaille d'argent, son
fidèle compagnon Ato Boldon a pris la place qui
lui revient le plus souvent et qui semble lui
convenir parfaitement en 9''99.
Derrière, le Barbadéen Obadele Thompson
s'adjuge la médaille de bronze en
10''04 devant le Britannique Dwayne
Chambers.
Auparavant, le Canadien Bruny Surin,
gêné par un point de contracture à la cuisse et
repêché de justesse en séries après un départ
catastrophique, s'était trouvé incapable
d'aller jusqu'au bout de sa
demi-finale.
Le Français : David Patros, éliminé au
deuxième tour
Record du monde :
9'79'', Maurice Greene (USA), le
16 juin 1999 à Athènes
Or : Jan Zelezny (RTC)
Argent : Steve Backley
(GBR)
Bronze : Serguei Makarov (RUS)
Lancer du javelot messieurs
Le favori : Jan Zelezny
(RTC)
Médaillé d'argent à Séoul, puis
paré d'or à Barcelone puis à Atlanta, Jan
Zelezny devient grâce à un lancer à 90,17m le
premier athlète depuis Carl Lewis qui conserve
deux fois son titre olympique. Déjà facile n
qualifications, où il s'était arrêté après
un premier lancer à 89,39m, le Tchèque a
continué sur sa lancée en finale, décourageant
d'entrée ses adversaires et les laissant
batailler pour l'argent.
A ce jeu, c'est un
autre ancien, Steve Backley, qui tirait son
épingle du jeu avec 89,85m.
Record du monde : 98,48m, Jan
Zelezny (RTC), le 25 mai 1996 à
Gênes.
400 mètres messieurs
Le favori : Michael Johnson
(USA)
Sur le tour de piste, Michael Johnson
n'avait aucune raison de se presser. Sa
tentative de record du monde étant prévue pour
la finale, la "loco de Waco"
s'est contentée d'un chrono de
45''31, pendant que son compatriote
Alvin Harrisson tentait d'insinuer le doute
dans les esprits en se rapprochant des temps que
Johnson réalise dans les meetings de rentrée
(44''25).
Les Français ont eux été touchés par
la malchance. Ibrahima Wade et Marc Raquil, qui
avaient terminé dans le même temps lors des
séries (45''72), ont cette fois fini
leur tour à la même place, la mauvaise. Dans
leurs courses respectives Wade et Raquil ont
pris la cinquième place, de la manière la plus
cruelle pour Raquil qui bute à un centième
(45''55) du vice champion du monde
Parrela (45''56).