
Suite au départ des anciennes, Olivier Krumbholz se présente à l'Euro en Macédoine (2-14 décembre) avec une équipe de France largement remaniée et donc en (re)construction. Après un délai de préparation très court, le sélectionneur tricolore fait le point sur son collectif et estime qu'il lui sera difficile d'accéder au deuxième tour, coincé au milieu du Danemark, la Hongrie et la Roumanie en phase de poules.
«Olivier Krumbholz, vous avez débuté votre préparation à l'Euro avec un nouveau groupe il y a seulement un mois et demi. Où en êtes vous ?
On construit, on recommence éternellement le même travail. D'abord on apprend à se connaître, on essaie d'avancer le plus vite possible car il y a une nécessité d'avoir des résultats en permanence. On sait par exemple que si on rate complètement le début d'une olympiade, on peut compromettre nos chances de participation aux prochains JO. Les joueuses qui étaient dans le groupe et qui ont vu partir les anciennes ont vraiment envie de prendre les choses en main. Que ce soit dans la vie du groupe, dans les valeurs défendues, mais aussi par rapport au terrain. Il y a une vraie volonté de celles qui n'étaient pas les patronnes de le devenir. Et pour celles qui arrivent, elles savent qu'elles sont en forte concurrence.
A nouvelle équipe, nouvelle façon de faire ?
La gestion évolue au fur et à mesure. C'est sûr, il y a des choses qui n'allaient pas avant et il y aura toujours des choses qui n'iront pas après. On essaie d'avancer sereinement avec ce groupe, tous ensemble, et de donner une place importante à chacun. Ensuite, il faut naturellement s'adapter car le fonctionnement n'est pas le même avec une fille de 20 ans qu'avec une de 35 !
Comment évaluez-vous le potentiel de ce nouveau collectif ?
C'est un groupe intelligent. Ca ne veut pas dire que le groupe d'avant était bête, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! (rires). Mais c'est un groupe vivant, qui a envie de faire avancer les choses, dans le jeu et sur ses à -côtés. C'est un groupe qui peut progresser. Il a tout de même des lacunes sur des postes-clé, notamment sur la base arrière. Il faudra que certaines joueuses élèvent leur niveau de jeu par rapport au championnat de France, et que nous, l'encadrement, nous soyions malins pour tirer la quintessence de cette équipe.
Le style de jeu est-il le même que celui des anciennes (solidité défensive, efficacité en contre-attaques, difficultés en attaques placées, etc) ?
Il y a des changements. On est peut-être un peu moins fort individuellement, mais on peut faire des progrès dans la continuité et la précision. Par exemple, notre jeu d'attaque était un peu sclérosé sur la fin et là , on devrait trouver plus de solutions.
Nommer Raphaëlle Tervel capitaine, était-ce une évidence ?
Cela lui revient de droit. Elle est la plus ancienne et elle a toujours défendu des valeurs. Elle adore le jeu. C'est un leader dans ce domaine là , quelqu'un de réfléchi. Elle a envie de faire avancer l'équipe de France. Il faut simplement qu'elle arrive à concilier son rôle de capitaine avec celui de joueuse, ce qui est très difficile. Ce qu'on attend de Raphaëlle Tervel prioritairement, ça n'est pas qu'elle soit un bon capitaine, c'est qu'elle soit une bonne joueuse. Elle prend la tête d'un groupe très homogène avec des filles qui veulent avancer, ainsi que des joueuses comme Camille Ayglon, Amandine Leynaud, Maakan Tounkara ou Nina Kanto qui vont l'aider.
Quels sont vos objectifs à l'Euro ?
Il va falloir y aller à fond car notre poule est terrible. C'est certainement la plus difficile qu'on ait eu à rencontrer. Personne n'a la garantie de passer le premier tour dans cette poule. Il y en a beaucoup qui pensent que la France va passer à la trappe. A nous d'exploiter positivement cela et d'être extrêmement agressifs. Si on sort au premier tour, il ne faudra pas que ça soit la crise. Si on le passe, il faudra essayer d'aller chercher un bon résultat. Le plus difficile dans l'Euro, contrairement à d'habitude, ça va être le début. Dès le premier match (ndlr contre le Danemark mercredi), il va falloir être présent.»
Recueilli par Peggy BERGERE

