De tous les membres du très prisé Top 10 mondial, Steve Stricker est certainement le moins excitant. À 44 ans, l'Américain n'a clairement pas le swing explosif d'un Rory McIlroy, pas la gueule d'ange d'un Adam Scott et encore moins la frappe de balle d'un bombardier à la Dustin Johnson.
Tueur discret
Pourtant Stricker, n°5 mondial faut-il le rappeler, est depuis quelques années l'un des tout meilleurs représentants de l'oncle Sam dans la hiérarchie planétaire, sinon LE meilleur ! Un joueur d'une redoutable régularité (aucun cut manqué l'an passé en 19 apparitions !) et dont l'efficacité au putting est plébiscitée par les plus grands (son copain Tiger Woods est friand de ses conseils quand son propre putting est en panne). Un tueur des greens très discret qui a même amassé 8 tournois depuis mai 2009 sur le PGA Tour !
Dernier trophée en date la semaine dernière à Hawaii lors de la première épreuve de l'année sur le PGA Tour. Un 20e succès pro d'autant plus apprécié par son auteur qu'il était frappé d'une étrange faiblesse dans le bras gauche en fin d'année dernière. Une alerte physique rapidement identifiée et soignée juste à temps pour entamer une 22e année sur les circuits de la plus belle des façons.
Tardive explosion
Le parcours de Stricker n'a pourtant pas toujours été aussi fructueux que lors de ces trois dernières saisons. Passé pro en 1990, le natif d'Egerton dans le Wisconsin a dû patienter 6 années avant de s'imposer pour la première fois sur le PGA Tour. Et ce n'est qu'après un passage manqué par les cartes d'accès au circuit américain en 2005 que sa carrière a vraiment pris une autre dimension. C'est comme par hasard deux ans plus tard, ses 40 printemps fêtés, que Stricker a pris la dimension planétaire qu'il conserve depuis. Dans le trio de tête mondial pendant près d'un an (2009/2010), l'Américain fut même un artisan majeur de la victoire des USA pendant la Ryder Cup 2008.
La quête Majeure
Que manque-il donc à ce quarantenaire bourré d'expérience et de confiance ? Sans conteste un premier titre Majeur. Le meilleur résultat de Stricker en Grand Chelem reste une 2e place à l'USPGA 1998. Et même s'il reste une fois de plus très régulier dans ces grands rendez-vous (présence dans le Top 20 de tous les Majeurs l'an passé), l'Américain a du mal à vraiment s'y imposer depuis 3 ans puisqu'il n'a enregistré qu'un seul Top 10 (6e du Masters en 2009). Pourtant, même à 44 ans, Stricker le discret peut créer la demi-surprise d'un premier succès Majeur en 2012.
Martin Coulomb
Le Journal du Golf