En une course, Lewis Hamilton est redevenu l'homme fort de la saison. Même si cette position n'est peut-être que provisoire, l'Anglais a frappé fort dimanche à Spa, en s'imposant et en reprenant les rênes du championnat. Deuxième sur la grille, le champion du monde 2008 a profité des errements de Mark Webber au départ pour virer en tête à la Source, et s'est ensuite lentement mais sûrement envolé. Au volant d'une McLaren redevenue très compétitive, Hamilton n'a guère été inquiété par ses adversaires, et son unique frayeur, il se l'est faite tout seul, lorsqu'il frôlé le muret des pneus au 35e tour, alors que la pluie venait de faire son apparition. Plus de peur que de mal pour l'Anglais, qui a impressionné par sa maîtrise, et a pris une (petite) option sur le titre.
La lutte en interne continue chez Red Bull, et c'est clairement Mark Webber qui s'impose de plus en plus comme le plus fiable candidat au titre mondial. Sebastian Vettel continue lui à faire des erreurs qui finiront bien par lui coûter cher. Dimanche, l'Australien a totalement manqué son départ, perdant six places en quelques mètres, mais il a ensuite fait preuve de patience, et de talent, pour remonter peu à peu vers le sommet. Il a aussi bénéficié d'un peu de chance, lorsque Robert Kubica a loupé son arrêt aux stands. Au final, une deuxième place et seulement trois points de retard sur Hamilton. L'Allemand, lui, a complètement manqué sa course, la faute à son caractère trop impétueux. Son attaque "suicidaire" sur Jenson Button au 16e tour en est la preuve. Même s'il dit le contraire, il n'avait pas la place pour passer. Et même s'il s'est excusé auprès de l'Anglais, sa manoeuvre, qui lui a d'ailleurs valu un drivethrough, est symbolique de son comportement cette saison. Vettel n'apprécie clairement pas d'être dépassé par son coéquipier, et il en fait parfois trop pour essayer de redevenir le n°1.
Est-ce l'effet f-duct ? Il n'empêche, Robert Kubica a démontré sur la piste piégeuse de Spa que sa Renault pouvait dominer à la régulière les Ferrari et les Mercedes. Sans sa petite erreur lors de son arrêt aux stands, il aurait même dû finir deuxième. Les performances de la monoplace franco-anglaise ne sont en tout cas plus une surprise, avec ce troisième podium de la saison pour le Polonais, après l'Australie et Monaco, conjugué à la belle neuvième place de Vitaly Petrov, pourtant 23e sur la grille. Avec 104 points, Kubica est revenu à cinq points de Felipe Massa, qu'il peut inquiéter pour la sixième place du championnat. Chez les constructeurs, Renault n'a plus que 23 points de retard sur Mercedes. L'écurie allemande peut frémir...
Tout avait pourtant idéalement débuté pour Fernando Alonso, dominateur des deux premières séances d'essais libres vendredi. Et puis peu à peu l'Espagnol a perdu la maîtrise des événéments. Ça a commencé en qualifications, où il n'a pu faire mieux que le dixième chrono. Ça s'est poursuivi en course, où dès le premier tour, il a été heurté involontairement par la Williams de Rubens Barrichello. Contraint de passer par les stands, il en profite pour passer des pneus intermédiaires, la pluie ayant fait son apparition. Mauvais calcul, elle cesse deux tours plus tard. Le double champion du monde repasse donc aux stands pour remettre des slicks. A force de persévérance, il parvient à revenir dans les points, à la neuvième place. Et puis, au 38e tour, sous la pluie, il glisse sur un vibreur et perd le contrôle de sa monoplace. Abandon, zero point marqué et un week-end à oublier.
«Etant donné d'où nous venions, Nico et moi, 14e et 21e sur la grille, finir 6e et 7e n'est pas si mal.» En quelques mots, Michael Schumacher a bien résumé la course des Mercedes. Pénalisé de dix places sur la grille après sa manoeuvre contre Barrichello en Hongrie, Schumi n'a de plus pas fait mieux que 11e en qualifications. Mais la magie de Spa a opéré, et en ne faisant aucune erreur, en prenant les bonnes décisions au bon moment, le sextuple vainqueur en Belgique est peu à peu remonté dans la hiérarchie. Son coéquipier aussi, les deux hommes se livrant d'ailleurs deux duels serrés durant la course, dont le plus jeune sortira finalement vainqueur. - Fabrice BOSSET