Mikko Hirvonen (Ford Focus) a donné le «la». Certes, ses 42''3 d'avance sur Sébastien Loeb (Citroën C4) au terme du Rallye de Suède n'impressionnent que parce que l'Alsacien avait levé le pied dans les dernières spéciales pour assurer sa 2e place au Championnat. Certes la neige est une surface mieux apprivoisée par le Finlandais que par le Français. Il n'empêche. Avec cette victoire inaugurale, «Hirvo» a mis d'entrée la pression sur le pilote Citroën dans l'optique du titre mondial et fait montre d'un éventail de qualités impressionnant : l'agressivité au pilotage (six temps scratch, huit 2e temps, quatre 3e temps sur 21 spéciales), les choix stratégiques (quand il a chaussé ses pneus neufs dans l'ES14 pour décramponner Loeb) et la résistance à la pression quand il a tenu tête à la dernière charge de son rival dans l'ES17 avant de finalement le désarmer.
Finalement, ce n'est pas tellement cette victoire en Suède qui impressionne -Loeb lui-même n'a pas l'air d'accuser le coup- mais davantage la régularité, «à la Loeb», du pilote Ford de 29 ans. Un contrôle dans le rétroviseur permet de vérifier sa maîtrise grandissante et sa soif de bien faire. Avec sa douzième victoire WRC en poche, il est en pleine bourre. En Suède, il a signé un huitième podium consécutif, dont cinq victoires, depuis le Rallye d'Italie 2009. Sans compter sa victoire, pas si anecdotique que cela, acquise fin janvier à Monte-Carlo en IRC.
Les mauvaises langues peuvent arguer que le Championnat du monde WRC, déserté par de nombreux constructeurs, se résume à un duel Hirvonen-Loeb, avec Sordo et Latvala en arbitres, la courbe de résultats du champion français est cependant moins lisse actuellement. A titre de comparaison, Loeb ne reste «que» sur cinq podiums consécutifs et deux victoires... dont une, au Rallye de Catalogne 2009, dont on se demande si elle n'a pas été offerte par le fidèle lieutenant Dani Sordo (à 12 secondes au final mais en tête après l'ES11) pour prolonger le suspense jusqu'au Rallye de Grande-Bretagne. Ajoutons qu'avec le nouveau barème de points de la FIA, rater les podiums (trois fois pour Loeb, une fois pour Hirvonen en 2009) pourra être cette saison plus décourageant qu'à l'accoutumée.
Malgré tout, ces statistiques ne reflètent qu'une tendance. Sébastien Loeb reste évidemment un grand champion qui aura tout le loisir de refaire son retard au cours des douze prochains rendez-vous. L'Alsacien bénéficie en plus d'un calendrier plus avantageux qu'en 2009 avec quatre épreuves sur «son» asphalte (Bulgarie, Allemagne, Alsace, Catalogne), contre une seule l'an passé. Les compteurs pourraient même être remis à zéro au Mexique, sur terre, du 5 au 7 mars. Loeb en est le triple tenant du titre. - Gaël NIVOLLET