Les Citroën étaient attendues sur la terre ocre d'Argentine. Vainqueur des quatre dernières éditions de l'épreuve, Sébastien Loeb (Citroën C4) l'était particulièrement. Pourtant c'est son coéquipier Dani Sordo (Citroën C4) qui a pris le meilleur départ au terme d'une journée où chaque spéciale a été extrêmement disputée. Pour preuve, à l'arrivée des neuf parcours chronométrés courues dans la poussière, seulement seize secondes les trois premiers. Sordo devance Mikko Hirvonen (Ford Focus) de 5"1 et son coéquipier de 16"3. Et encore, à la mi-journée, ils étaient cinq en dix secondes.
Après avoir pris momentanément le pouvoir lors de l'ES3, qu'il a remportée, le pilote ibérique l'a ensuite lâché aux dépens d'Hirvonen jusqu'à l'ES6, le temps pour le Finlandais de repasser devant. Durant un temps seulement. Car lors des neuf kilomètres séparant San Marcos Sierra de Charbonier (ES8), c'est à nouveau Sordo qui s'est montré le plus rapide. Deux temps scratch suffisants à l'Espagnol pour virer en tête avant la deuxième journée. «C'est vraiment agréable, une super sensation, s'est-il exclamé à l'arrivée. Je suis vraiment très heureux, très à l'aise dans la voiture.» Malgré des conditions de navigation difficiles, à cause de la poussière en suspension, les pilotes ont offert un spectacle à la hauteur de l'événement pour les nombreux supporters massés sur le bord des pistes. Un chassé-croisé en tête, du suspense, de la bagarre sans risques démesurés, pour preuve aucun accident n'est à déplorer : le bilan est largement positif à l'issue du premier acte.
Latavla en embuscade, Ogier en retrait
Il l'est un peu moins pour le quintuple champion du monde, repoussé à la troisième place. Une position que Loeb n'avait plus l'habitude d'occuper. Après un bon départ, il a raflé la première spéciale, il a ensuite cédé du terrain à ses adversaires. Parti en ouvreur, il a fait le jeu de ses rivaux et perdu quelques secondes précieuses. Malgré tout, son retard n'est pas insurmontable. Samedi, il n'ouvrira pas la piste, et c'est clairement un avantage. En embuscade également Jari-Matti Latvala, ralenti par une crevaison, était toutefois satisfait de sa sixième position, à un peu plus d'une minute du leader. «Je suis juste là où il faut, a-t-il déclaré, bien placé si quelqu'un fait une erreur...» Plus en retrait encore (9e), le Français Sébastien Ogier (Citroën Junior) a rencontré des problèmes de frein. Il s'élancera samedi avec 3'14" de retard sur le leader provisoire. - H.S.